Congo-Kinshasa: Concert - La double commémoration Papa Wemba Forever reportée

La célébration, qui devrait avoir lieu le 19 juin au Pullman, des cinq ans de la disparition et de l'anniversaire de naissance à titre posthume de Papa Wemba, a été renvoyée sine die à la suite de la troisième vague de covid-19 annoncée plus virulente et donc plus mortelle.

Annoncé depuis fin avril, le show du 19 juin prévoyait un concert live d'hommage au Maître d'école. Papa Wemba Forever devait se jouer « avec le groupe Molokaï de Papa Wemba et Viva La Musica », mentionnait l'affiche. Le 14 juin, Papa Wemba aurait totalisé 72 ans s'il n'avait pas rendu l'âme il y a cinq ans en Côte d'Ivoire. Une occasion offerte aux nombreux fans et mélomanes de la ville de célébrer la mémoire de l'icône de la rumba rien qu'avec sa musique. Jusqu'ici, c'est dans le cadre populaire de Matonge, le fief de l'illustre disparu, que l'on assistait à un hommage régulier à la star. Les sapeurs offrent toujours à l'occasion une parade entre l'avenue du Stade et le Couloir Madiakoko pour les natifs du coin, passants et habitués des terrasses qui les jonchent.

Le 24 avril, les amis invités par la veuve Amazone s'étaient retrouvés à la messe officiée à l'église Saint-Joseph. Réunis ensuite pour partager quelques verres de bières, une vingtaine d'entre eux prenaient les nouvelles des uns et des autres en toute convivialité. Pour Riva Kalimasi, dont l'amitié avec Bakala dia Kuba est immortalisée dans La vie est belle, c'était, on l'imagine mémorable. Ravi de retrouver les siens malgré tout, il a confié au Courrier de Kinshasa : « En pleine période de pandémie, tant bien que mal cela devait se faire. En essayant de tenir compte de toutes les dispositions, les gestes barrières et tout le reste, mais pour cette petite rencontre on n'y a un peu fait fi ». Et de renchérir : « Avec tous les amis, cinq ans après, tout aussi fermement, nous pensons à lui. Peut-être que la tristesse, la douleur n'est plus la même qu'il y a quatre ans, lors de l'arrivée de la dépouille, son exposition et son inhumation. C'était la tristesse profonde, très dur ! Aujourd'hui, on s'y fait ! Qu'on le veuille ou non, on l'accepte, cela nous rassemble : ses amis, ses proches, ses vrais proches parce que cela commence à s'éclaircir aussi ».

Des amis pour la vie

Nostalgique et on le comprend, Riva a souligné : « A l'église, il y n'y avait pas autant de monde que la première fois, mais les vrais des vrais sont là. Nous étions avec Jules. J'ai pu revoir mes grands-frères, le vieux Nitu Mambu et Franchard ainsi que bien d'autres. Maintenant que j'y pense, cela fait un peu bizarre. Nous l'avons accepté. Il le faut ! Eza nzela ya biso nionso comme on le dit en lingala, c'est le chemin que tous nous emprunterons un jour ». Soulignons que l'aîné de Nitu Mambu, Franchard, est décédé le 4 juin dernier.

Jules Maswa, cité par Riva, a de son côté renchéri sur la qualité du moment passé à se souvenir de cet être cher, l'ami commun à la manière dont il avait vécu. « Papa Wemba était quelqu'un de simple, sobre. Je me suis réveillé ce matin, vers 6h30 et je repensais : Il y a cinq ans, j'avais appris la nouvelle par un coup de fil à 7heures du matin ». Et le 24 avril 2021, nous raconte-t-il : « vers 10h, un de mes enfants m'a appelé pour me dire que Papa Wemba passait sur Trace TV, je lui ai répondu que c'était à l'occasion de la date anniversaire de sa mort ». Aussi simple qu'il avait su demeurer, il n'en était pas moins aussi cette star internationale dont la nouvelle du décès tragique avait fait le tour du monde. Et qui plus est, il était le pape de la sape !

Jules Nitu Mambu, qui comme Jules Maswa fait partie de ces noms entendus dans plusieurs chansons de Papa Wemba, a affirmé : « Nous n'étions plus des amis, nous faisions partie de la famille. Nous avions passé plus de quarante ans ensemble, il s'appelait Jules et moi de même, il y avait aussi un troisième, Jules Maswa. C'est le choix du Bon Dieu de l'avoir repris, nous sommes restés et pensons que son âme repose en paix ». Dans son souvenir à lui, Jules Shungu « c'était un monsieur juste et correct. Il savait aimer et avait le sens de la famille. Nous avions fait connaissance au début de Zaïko, entre 1969 et 1970. Et j'étais parmi ceux dont il disait : Libanga l'heure wana ezalaki ya ofele. Nitu Mambu yoka likambo ».

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