Ile Maurice: Enfance - Tempête sur la réouverture partielle des crèches

Displaced children resuming school in Kaya, Burkina Faso.

Comment se fait-il que seules 16 des 350 crèches enregistrées au ministère de l'Egalité du genre et du bien-être de la famille ont été autorisées à rouvrir depuis hier ? C'est la question posée depuis vendredi dernier quand le ministère a émis un communiqué avec la liste des 16 crèches qui pourront opérer de nouveau.

Sollicitée, Jaya Nursimulu, présidente de l'Association Private Pre-Primary School Managers (APPPSM), estime cette mesure «discriminatoire et injuste». «Les crèches et les écoles pré-primaires auraient bien pu toutes ouvrir leurs portes un même jour. La vaccination du personnel de l'éducation a démarré en mai et la deuxième dose administrée en juin. On est allé faire le nécessaire immédiatement et, dès qu'on nous a demandé de fournir les documents requis, on l'a fait. Ce n'est pas parce que les officiers du ministère n'ont pas eu le temps de suivre toutes les procédures ou encore qu'ils sont à cours de ressources humaines que les parents et nous devons subir des préjudices», déplore-t-elle. En effet, dans certaines institutions affiliées à son syndicat, des parents affirment qu'ils vont faire admettre leurs petits dans des écoles qui sont autorisées à opérer.

Jaya Nursimulu souligne un autre problème : qu'adviendra- t-il de ceux qui refusent de se faire vacciner ? «Une personne a le droit de ne pas se faire vacciner. Est-ce qu'on va nous interdire d'ouvrir en raison de ces employés ? Que se passera- t-il ? Doit-on les licencier ou les mettre en congé sans solde ? On voulait discuter de la situation avec la ministre Kalpana Koonjoo-Shah. D'où le fait qu'on a sollicité une rencontre avec elle, il y a deux semaines. En vain», dit-elle. Son syndicat compte adresser une nouvelle correspondance en ce sens.

Au niveau du ministère, l'on explique que c'est de manière progressive que les crèches seront autorisées à accueillir des enfants à nouveau. D'ailleurs, durant le week-end, sept autres crèches ont eu le feu vert. «Déjà, toutes les crèches ne nous ont pas envoyé les documents requis, soit les cartes de vaccination. Les officiers du ministère se rendent sur les lieux au fur et à mesure qu'on reçoit les documents, pour constater de visu le respect du protocole mis en place. C'est faux de dire qu'on a choisi d'ouvrir les 16 crèches concernées.

L'idée n'est pas de dire que ces crèches sont en conformité contrairement aux autres, mais c'est de permettre une réouverture graduelle tout en encourageant d'autres crèches à faire le nécessaire pour pouvoir aussi opérer. Il y a toute une procédure à respecter. À savoir, l'envoi des documents soumis au ministère de la Santé qui va contrevérifier si les personnes mentionnées ont bien reçu leur double dose du vaccin, la visite des lieux et la correction des manquements, si c'est le cas et enfin l'autorisation de réouverture à la satisfaction des officiers», soutient-on.

Les disparités

Le 1er juin, la ministre de l'Égalité du genre a annoncé que les crèches dont le personnel avait déjà reçu la double dose de vaccins seraient autorisées à opérer de nouveau. Deux jours plus tard, l'Attorney General, Maneesh Gobin, déclarait que, sous les amendements apportés à la «Quarantine Act», seule une dose était suffisante pour que le personnel ait accès aux «specified institutions» dans l'éducation et la santé. Which is which ? C'est ce qu'a demandé l'APPPSM, à ce dernier, à travers un mél envoyé, samedi dernier. Ce qui fait dire au syndicat que le ministère est en train «de promouvoir les services» des 16 crèches en question qui ont déjà reçu la visite des fonctionnaires et dont le personnel a déjà reçu le double dose.

«Des sanctions doivent être prises contre des officiers qui ont choisi quelles crèches visiter en premier selon leurs affiliations personnelles à celles-ci», maintient le syndicat, qui dit ne pas comprendre pourquoi les autorités doivent contrevérifier l'authenticité des cartes de vaccination ou encore insistent pour une visite des lieux avant d'autoriser la réouverture alors que le protocole établi en juin 2020 est suivi. «Les ministères de l'Éducation et de la Santé n'imposent pas de telles restrictions encombrantes et inefficaces aux institutions qui tombent sous leur domaine», décrie-t-on.

Plus de: L'Express

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