Madagascar: Change - L'euro en fête

Rechute de l'ariary au Marché interbancaire de devises, MID. Si au premier trimestre, selon les évaluations de la Banque centrale, la monnaie malgache s'est appréciée de 5,6% par rapport à l'euro, depuis le début du mois de juin, l'ariary n'a cessé de perdre de ses valeurs.

L'euro pointe à 4591 ariary en valeur indicative. Une valeur à titre indicatif, vite dépassée dans les changes au noir en plein jour à Antshavola, sous l'ombre des cocotiers ou le long de l'Avenue de l'Indépendance. Ici, cette dépréciation chronique de l'ariary coïncide avec de nombreuses enquêtes en cours sur le non-rapatriement de devises de plusieurs millions de dollars. Quant à la réserve d'or de la Banque centrale, son efficacité à faire de l'ariary une monnaie forte plonge les spécialistes des questions monétaires dans la perplexité. Car le métal jaune n'est plus une référence, comme ce fut le cas dans les années 1870 à 1900. Sa « convertibilité » d'aujourd'hui pose problème.

Quand bien même, l'or est une valeur refuge toujours étincelante. Et même si le Rwanda, bel exemple de réussite économique en Afrique, vient de se doter une usine ultramoderne de fabrication de lingots, le rendement d'un tel système sur la balance financière globale reste à prouver.

Dans ce con tex te, la réserve en devises de 1, 816 millions de dollars du premier trimestre, 1,845,5 pour la même période en 2020, soit 5,8 mois d'importation, va-t-elle vite s'étioler par la reprise progressive des activités économiques? Le volume et la valeur des matières premières et produits finis importés devraient prendre une courbe ascendante pour ce second semestre. Ne serait-ce que la consommation en carburant avec le retour à la normale des transports publics. Mais un ariary mal en point n'a que des inconvénients. Il peut rendre très compétitifs les produits made in Madagascar à l'exportation.

Au bout du compte, des voix se font entendre pour modifier le mécanisme et les modes d'emploi du système de change flottant, en vigueur depuis 1997. Le temps est peut-être venu, selon ces analystes, d'ouvrir le MID aux « traders ambulants » pour aspirer vers le circuit formel un épais matelas d'euros et de dollars, sur qui se reposent des transactions illicites, prospères et à l'abri des regards indiscrets.

Plus de: L'Express de Madagascar

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