Congo-Brazzaville: Disparition - Mama Shako a tiré sa révérence

Star du théâtre populaire, l'actrice âgée de 62 ans est décédée le 15 juin à 2 h du matin à HJ Hospital où elle était admise aux urgences quelques heures plus tôt.

Pour le comédien Jean Shaka, la disparition de Jacqueline (Jackie) Diala Anahengo, alias Shako, devenue Mama Shako au fil du temps, est « une grande perte pour le théâtre congolais et le Congo ». Le directeur d'Ecurie Maloba pour qui l'illustre disparu « était une grande amie » se rappelle d'elle en affirmant : « Nous avons commencé le théâtre presque au même moment.

Nous étions très proches et discutions souvent sur le travail ». Et de poursuivre : « Elle a joué plusieurs fois avec moi à l'Ecurie Maloba notamment dans Les retraités, Administrateur d'hôpitaux et Est pris qui croyait prendre ». C'est une génération plus proche de ses aînées du Groupe Salongo à qui la RDC doit une bien fière chandelle pour avoir fait parlé d'elle à travers le talent inspirateur des acteurs de renom disparus à l'instar de feu Mopepe ou encore Mabele.

Déconcerté, Jean Shaka a confié au Courrier de Kinshasa sa colère à cause de ce décès inattendu qui serait intervenu à la suite d'une prise en charge tardive alors qu'elle s'était présentée aux urgences pour une forte rage de dents qui s'était infectée. Pour le comédien, « c'est une sommité qui disparaît ». Et qui plus est, « elle fait partie des gens que l'on devrait primer avant sa mort.

Il est temps que nous sachions nous occuper de notre patrimoine artistique », a-t-il renchéri. En effet, Shako, c'est un talent forgé sur les planches où elle a passé le clair de sa vie, elle y a fait ses débuts en 1972, elle n'avait alors que 14 ans. Elle y avait encore sa place à 62 ans comme autrefois et avait gagné le respect de ses pairs en y travaillant sans discontinuer.

Révélée au grand public dans le Groupe Nzoï, elle a véritablement fait ses armes auprès de feu Sans-Souci, cet autre grand nom du théâtre populaire adulé en son temps. Ses premiers rôles majeurs, elle les avait joués en couple avec lui. Puis, de fil en aiguille, sollicitée par les plus jeunes, elle a intégré l'univers du cinéma congolais en pleine construction.

Le réalisateur Tshoper Kabambi a, pour sa part, dit son « regret » de ne pas avoir eu l'occasion de collaborer avec elle. « Il nous manque de grandes personnes et personnalités dans nos films. Surtout ceux qui, comme elle, ont côtoyé ceux de la Grande école qu'était le Groupe Salongo. Il a fait rêver l'Afrique ! ». C'est, dit-il, « aussi une interpellation car c'est à nous de valoriser nos icônes et quand ils le ressentent, ils donnent aussi le meilleur. Il est temps de travailler avec ceux qui nous restent ».

Dans une interview accordée il y a cinq ans à La Prospérité, elle raconte qu'elle se destinait plutôt à devenir hôtesse de l'air et que le théâtre est affaire de famille. C'est en accompagnant son cousin Inga à ses répétitions de théâtre dans le groupe Mawazo qu'elle s'est affectionnée au milieu.

Cette troupe avait permis l'éclosion de beaucoup d'autres et comptait dans ses rangs des talents à l'instar d'Arthur Nyemba, Musthapa et Mutombo Buisthi. Elle y avait fait son entrée après leur départ et y avait appris les ficelles du métier à ses débuts.

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