Sénégal: Bras de fer entre Orange finance mobile Sénégal et Wave mobile money - L'Oqsf cherche une solution de « médiation et d'apaisement »

L'Observatoire de la qualité des services financiers (Oqsf) s'implique dans l'affaire liée aux barèmes de la monnaie électronique opposant Orange finance mobile à Wave mobile money et fragilisant les prestataires du transfert d'argent. L'objectif visé par l'Oqsf est de trouver une solution de médiation et d'apaisement.

Les nouveaux barèmes des frais de service des opérations de monnaie électronique continuent de faire couler beaucoup d'encre et de salive. Cette fois-ci, c'est l'Observatoire de la qualité des services financiers du ministère des finances et du budget qui s'implique dans l'affaire en réunissant les parties prenantes dans ses locaux pour « trouver une solution de » médiation et d'apaisement ».

En effet, le directeur exécutif de l'Oqsf confie qu'en raison des enjeux que revêt l'utilisation des services financiers à distance dans notre écosystème (levier d'inclusion financière, masse de liquidité en circulation etc), l'Observatoire, conformément à sa mission de veille et de suivi de la conduite du marché a décidé de s'impliquer pour trouver une solution de médiation et d'apaisement de la relation d'affaires entre les opérateurs (Orange finance mobile, Wave mobile money) et les prestataires du transfert d'argent.

C'est dans ce cadre, explique Habib Ndao, que l'observatoire a convié Orange finance mobile, Wave mobile money et les prestataires du transfert d'argent (Renapta, Asata) et les associations de consommateurs à une réunion d'harmonisation et d'échanges dans ses locaux en vue d'étudier les voies et moyens devant permettre de renforcer l'attractivité du service de la monnaie électronique, de veiller à la solidité du secteur financier et à la protection des usagers.

Les objectifs de la rencontre, selon la structure, sont d'expliquer aux usagers représentés par les associations consuméristes et l'Etat à travers le mandat de l'Oqsf les contraintes des opérateurs (Ofms et Wave) sur la situation actuelle, d'écouter les usagers et les prestataires des transferts d'argent pour une remontée de leurs préoccupations à la tutelle et aux autorités monétaires pour une aide à la prise de décisions.

Il s'agit également de « trouver une solution de médiation et d'apaisement de la relation d'affaires entre les opérateurs visés d'une part et les prestataires du transfert d'argent d'autre part afin de ne pas fragiliser la stratégie de promotion de l'inclusion financière mutuellement avantageuse pour les acteurs.

« Wave n'a pas diminué ce qu'il payait aux agents prestataires »

Par ailleurs, la directrice générale de Wave s'est réjouie de la rencontre organisée par l'Oqsf. Mais Coura Sène n'a pas manqué de préciser une chose : « Wave n'a pas diminué ce qu'il payait aux agents prestataires. » Donc, dit-elle, nous ne comprenons pas ce qui a motivé les prestataires à faire supporter aux consommateurs des frais d'envoi et de retrait supplémentaires.

Depuis février 2018, rappelle Mme Sène, Wave applique les tarifs (1% pour le transfert, dépôt et retrait gratuits... ) aux clients finaux et maintient la même rémunération aux agents (prestataires). De là, dit-elle, nous nous étonnons de la démarche des agents.

Les prestataires disent « réussir leur stratégie de provocation »

Khalil Ndiaye, président de Réseau national des prestataires du transfert d'argent (Renapta) dit avoir un sentiment de satisfaction après avoir déroulé et réussi leur « stratégie de provocation » en mettant sur le marché leurs propres tarifs, pour se faire entendre par les autorités, les consuméristes. Par contre, cajole M. Ndiaye nous voulons les tranquilliser, nous n'avons rien contre eux mais nous visons tout simplement à assurer la survie d'un secteur qui regroupe des milliers de Petites et moyennes entreprises (Pme) gérées par des sénégalais aussi.

« Tous les consommateurs rejettent les augmentations sur les transferts d'argent... »

Pour, Momar Ndao, président de l'Association des consommateurs du Sénégal (Ascosen), tous les consommateurs rejettent les augmentations sur les transferts d'argent par monnaie électronique. « Les prestataires disent qu'ils ne gagnent plus comment avant parce que la guerre qu'il y a entre Orange finance mobile Sénégal et Wave mobile money a fait qu'il y a une chute drastique des prix et qu'ils demandent à ce que l'Etat régule le marché pour qu'ils continuent de pouvoir gagner leur vie », rappelle Momar Ndao.

Qui est d'avis que « c'est tout à fait normal » mais souligne-t-il tout de même, « ce n'est pas aux consommateurs qu'ils doivent faire subir les inconvénients d'une guerre qui est interne à leur système ». Ce qui a été retenu lors des discussions, confie M. Ndao c'est que chacun des deux opérateurs rencontre les acteurs du secteur pour trouver un terrain d'entente qui leur permettrait de revenir à l'occasion d'une deuxième rencontre pour partager les résultats de leurs négociations. En ce sens, il informe que Wave mobile money va recevoir les prestataires à partir de cette semaine et Orange finance mobile Sénégal les recevra la semaine prochaine.

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