Sénégal: Business autour du contrôle technique des véhicules - Une mine de services

15 Juin 2021

Le contrôle technique des véhicules fait des heureux. Autour du Service des mines, rôdent de jeunes hommes et des femmes qui chassent les opportunités. Location/vente d'extincteurs, fabrication de plaques, facilitation du retrait des permis ou parallélisme des roues, ils proposent un ensemble de services. Avec parfois des gains journaliers compris entre 3000 et 8000 FCfa.

Debout sur ses béquilles, le visage noir taché de sueur, Khadim Sarr propose ses services à un automobiliste venu au Centre de contrôle technique des véhicules automobiles, plus connu sous l'appellation de Service des mines. « Extincteur de qualité à louer ou à vendre. Réussite du contrôle technique assurée », lance-t-il de loin au conducteur d'un Peugeot 405. Son interlocuteur ne pipe mot et appuie sur l'accélérateur. Khadim passe à autre chose et tente sa chance ailleurs. Son regard est orienté sur la file de véhicules qui défilent sur la route de Yarakh. Depuis plusieurs années, cette activité est son business autour du Centre de contrôle technique des véhicules automobiles. « Je loue ou vends des extincteurs aux chauffeurs qui n'en n'ont pas au moment de passer le contrôle technique », lâche-t-il, présentant un sac d'extincteurs posé à l'entrée d'un magasin. Économiquement, cela lui permet de tenir. « 2000, 3000 ou 8000 FCfa, les gains varient. Je vends les extincteurs à 2500 FCfa l'unité. L'autre option est la location à 1000 FCfa. Le risque avec cette pratique est que le client peut oublier de le rendre à sa sortie », rigole Khadim.

À ses côtés, Ousseynou Gaye traîne son appareil de parallélisme artisanal. Un, deux mètres de marche, le colosse se met sur ses genoux et déploie l'outil entre les deux roues avant d'un pickup. En tee-shirt bleu noirci par l'huile de moteur, son associé fait le tour du véhicule et intime quelques ajustements, Ousseynou applique, puis livre le « résultat de son diagnostic ». « C'est bon », dit-il à l'automobiliste, puis encaisse un billet de 1000 FCfa qu'il range dans son portefeuille attaché à la ceinture. Autour du contrôle technique, aux alentours du Service des mines, les deux jeunes hommes de moins de 30 ans rentrent tous les soirs avec au moins 3000 FCfa. « On se bat même si le gain n'est pas assez important. Chacun de nous peut retourner chez lui avec 3000, voire 5000 FCfa », se réjouit Ousseynou, visage gras, mais rayonnant de sourire.

Courtage, lavage de véhicule, course vers les opportunités

Le pas alerte, une jeune dame en jean bleu et tee-shirt gris, à la porte de la trentaine, nous interpelle d'une voix rauque. Pas d'inquiétude à se faire, c'est pour faire sa publicité. « Récupérez-vous un permis de conduire », questionne-t-elle, la mine sereine. La réponse par la négative obscurcit son visage. Elle accepte toutefois d'aborder son activité qui consiste à faciliter le retrait des permis de conduire. « Tu n'as pas à faire la queue à longueur de journée. On peut faire jouer notre carnet d'adresse ou même faire la queue à votre place si nous disposons des informations nécessaires. En contre-partie, il faut débourser une petite somme. Certains donnent 1000, 2000 ou 3000 FCfa. Les plus généreux vont jusqu'à 5000 FCfa, voire plus. On gagne nos vies à côté du Service des mines », dit-elle sous le couvert de l'anonymat.

Sous un arbre non loin du Centre de contrôle technique, Boubacar, lui, parle à visage découvert. Habillé en tissu patchwork, il expose plusieurs plaques d'immatriculation accrochées à un arbre, après le tapage des numéros qu'il effectue lui même grâce à une machine ronde après typeless. Ces produits sont proposés notamment aux conducteurs qui passent le contrôle technique. « Je vends l'original à 10 000 FCfa et le deuxième choix à 5000 FCfa. On saute sur les occasions ; ce qui me permet de gagner au minimum 5000 FCfa par jour », se réjouit Boubacar. Son homonyme, avec Cissé comme nom de famille, asperge d'eau savonneuse un véhicule gris garé devant le Ministère de l'Environnement et du Développement durable faisant face au Service des mines. L'homme au corps svelte enveloppé dans un maillot noir fait partie du peloton de jeunes qui chassent les opportunités devant le Centre de contrôle technique des automobiles. Au minimum, il rentre tous les soirs avec 5000 FCfa en poche. « Des fois, je peux gagner jusqu'à 10 000 FCfa, mais au pire des cas, je rentre avec 5000 FCfa », renseigne-t-il, fier. Une mine de services qui fait le bonheur de ces jeunes qui rôdent autour du Service des mines.

Plus de: Le Soleil

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