Cameroun: Occupation anarchique de la chaussée - Le mal persiste à Yaoundé

Un mois après le rappel à l'ordre du préfet du Mfoundi, les abords des marchés, des carrefours et des routes ne cessent d'être transformés en espaces marchands.

Eveline N. vient d'éviter le pire ce 29 mai 2021. Un chauffeur de taxi a failli la percuter sur l'avenue reliant le marché Mvog-Mbi au carrefour Coron à Yaoundé. Dans cette vue devenue étroite en raison du nombre important de comptoirs installés le long de la chaussée, usagers et automobilistes ont de la peine à se mouvoir. Cette voie est similaire au tronçon carrefour Mvog-Mbi - Cami Toyota.

Ici, le commerce règne en maître dans tous les recoins. Vendeurs ambulants et sédentaires installent des tables, étals et kiosques sur les emprises de la voie publique. Les tenanciers des buvettes, des restaurants, d'ateliers de couture, de coiffure ou motos-taximen occupent à longueur de journée la chaussée. « Tous les espaces à l'intérieur du marché sont déjà occupés. Du coup, nous sommes obligés de négocier avec les commerçants installés en bordure de route pour pouvoir se faire une place », détaille une « bayam-sellam. »

L'occupation anarchique de la chaussée ne s'observe pas seulement à Mvog-Mbi. Le quartier Mvog-Ada dans l'arrondissement de Yaoundé V se présente depuis quelques mois comme le lieu par excellence de la débrouillardise. Les activités commerciales populaires concernent ainsi la vente des produits vivriers, des vêtements, du petit matériel de quincaillerie et électronique, l'implantation des boutiques amovibles, des brocantes et les points de transferts d'argent et de crédit de communication.

Le secteur de ventes des pièces détachées possède toute une rue : la Casse de Mvog-Ada. Les détaillants, servent de la chaussée et du trottoir comme garage. Circuler en taxi devient un véritable parcours du combattant. Cette occupation illégale de l'espace public est devenue permanente. Le constat est le même du carrefour Régie, au Dispensaire Messassi en passant par Etoudi. Sur cet axe, même les caniveaux sont pris d'assaut. Les entrepreneurs de l'informel occupent les parkings. Afin de rétablir le trafic ce tronçon, les agents de la police municipale, ont recours à des rafles et de déguerpissements. L'opération terminée, les commerçants véreux reviennent s'installer quelques minutes après.

Un mois après le rappel à l'ordre du préfet du Mfoundi, on continue d'assister à une véritable colonisation des rues de Yaoundé par des vendeurs ambulants, mototaximen et pousseurs. Que ce soit en plein centre-ville, dans les abords des marchés, des immeubles, au bord des routes, des carrefours, sur les trottoirs ou en plein air, les activités commerciales brillent par leur présence. Jardins publics ou aires de loisirs servent également de comptoirs. Des aménagements anarchiques propices à l'insalubrité et sur certains axes, à l'insécurité.

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