Cote d'Ivoire: Les Ivoiriens de Belgique fêtent aussi le retour au pays de Gbagbo

Laurent Gbagbo à Abidjan

Le départ de Laurent Gbagbo pour Abidjan se déroule ce jeudi 17 juin. A Bruxelles, où l'ancien président ivoirien résidait depuis son acquittement par la CPI en février 2019, ses partisans ont milité pour sa libération puis pour son retour au pays. Ils ont longtemps attendu ce moment.

« La libération de Laurent Gbagbo, et son départ en Côte d'Ivoire notamment, c'est une bouffée d'oxygène. Franchement, je n'ai pas de mots ». Boniface Koukoulou fait partie d'une organisation de la société civile, écrit notre envoyée spéciale à Bruxelles, Charlotte Cosset. Durant ces dernières années à Bruxelles, il a été particulièrement actif sur le terrain : « On a fait des marches pour sensibiliser l'opinion belge et internationale, chaque fois qu'on a l'occasion. En tout cas, nous sommes toujours là ».

René Titilo est le représentant du Front populaire ivoirien (FPI) à Bruxelles. Il repense avec un peu d'amertume aux semaines qui ont suivi sa libération : « Ils l'ont isolé. Il n'avait pas de carte d'identité, et il lui était interdit de sortir de son quartier. Et tous les jours, c'était des rumeurs ». Il se réjouit aujourd'hui du retour de l'ancien président au pays : « Content pour lui et sa famille d'abord, mais aussi pour tout le FPI et pour tous les Ivoiriens. La priorité était de le faire libérer. Maintenant qu'il est libre, nous allons nous concentrer sur ce qu'on avait commencé. On va se battre pour la cohésion sociale. On n'a pas demandé aux gens d'être au FPI. On demande juste aux gens d'avoir la cohésion sociale qui nous permet de discuter franchement pour créer la démocratie ». L'objectif désormais, assure-t-il, c'est la réconciliation des Ivoiriens.

« S'il doit refaire de la politique, il refera de la politique. »

Dans ce petit maquis de Bruxelles, il n'y a pas de doute, on va suivre le retour de Laurent Gbagbo : « On va suivre cela à la télé. Ce sera partout ».

Kadi fait partie de la diaspora ivoirienne, elle est contente de voir l'ancien président rentrer au pays : « Ça nous fait très plaisir. Nous, on est très contents qu'il rentre. Ça ne nous fait pas plaisir qu'il soit en prison. Donc s'il rentre chez lui, c'est bien. Il va retrouver son pays ». Cependant, elle craint toujours de nouvelles poussées de violences : « On attend de voir ce qui va se passer, parc qu'il y a toujours deux camps et on n'a plus envie de guerre. Donc, on attend de voir ».

Un sentiment partagé par Mohamed : « C'est un fils de la Côte d'Ivoire qui rentre chez lui, donc pas de souci. Tant qu'il n'est pas extradé par la Belgique et qu'il rentre de manière volontaire, qu'il est attendu par les siens, il n'y aura pas de problème pour ça. Donc, il ne faut pas exacerber les gens et tout ça. Tout le monde a décidé de passer à autre chose, de tirer un trait sur le passé pour la réconciliation, donner de l'avant. Puis après, quand le moment sera venu, s'il doit refaire de la politique, il refera de la politique. Pour l'instant, les gens veulent surtout le calme et la paix ».

Tous espèrent que ce retour permettra la réconciliation.

Plus de: RFI

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