Congo-Kinshasa: Des députés nationaux sensibilisés à la lutte contre les messages incitatifs à la haine

communiqué de presse

Au cours d'une matinée d'échanges organisée à Kinshasa le 8 juin 2021 à l'hôtel Pullman par le Bureau conjoint des Nations Unies aux Droits de l'Homme (BCNUDH) et la division de la Communication stratégique et de l'Information publique de la MONUSCO, des députés nationaux, notamment ceux de la commission permanente des Droits de l'Homme, ont été sensibilisés à la lutte contre les discours et messages incitatifs à la haine.

Etat des lieux peu reluisant

Dans sa leçon inaugurale, le directeur du BCNUDH, Abdoul Aziz Thioye, a fait remarquer que la RDC a connu, depuis les élections présidentielles et législatives de 2018, un regain de discours et messages incitatifs à la haine, qui, compte tenu du contexte historique et politique du pays, est préoccupant.

Pour lui, il est important de rappeler que la responsabilité première dans la lutte contre les discours et messages incitatifs à la haine, l'intolérance et la déstabilisation de la paix, revient aux acteurs étatiques de la RDC et que la stratégie mise en place par les Nations Unies tend à appuyer et encourager les initiatives des autorités de la RDC pour lutter contre les discours et autres messages incitatifs à la haine.

Car, conclut-il en guise de solution, "les Etats doivent mener des campagnes d'information et de formation sur la problématique d'une part et soutenir les démarches d'autorégulation des médias d'autre part".

Pour un usage responsable des réseaux sociaux

A la suite du directeur du BCNUDH, le directeur de la division de la Communication stratégique et de l'Information publique de la MONUSCO, Christophe Boulierac, a appelé les députés à un usage responsable des réseaux sociaux, qui ont fortement impacté la communication politique.

Devant une évidence rappelée par l'orateur : "Nous le savons, en République démocratique du Congo comme ailleurs, les mots peuvent tuer", celui-ci s'interroge : "Alors que faire ?".

"L'un des leviers d'action, me semble-t-il, est de vous permettre et de permettre aux leaders d'opinion de mieux identifier et reconnaître les discours de haine et de mieux intégrer les bons réflexes à adopter dans notre pratique digitale quotidienne", propose-t-il comme action à mener dans cette lutte.

Il a été complété par Yves Ntole de la même division qui, au chapître de responsabilités des députés faisant usage des réseaux sociaux, a conseillé : la prudence ; la responsabilité et la transparence ; le respect ; la confidentialité ; la pertinence ; être vigilant quant au cadre légal ; publier avec précaution ; préciser, modérer et recadrer.

Adhésion positive des députés

Ce forum a suscité un intérêt très remarqué des députés présents dans la lutte contre ce phénomène en RDC, en témoigne la participation massive aux échanges et à la proposition de pistes de solution.

L'une d'entre elles est venue de Christelle Vuanga, présidente de la commission permanente des Droits de l'Homme à l'Assemblée nationale, pour qui cette activité visait "la lutte contre les replis identitaires et l'adoption de la législation adaptée".

Elle a proposé l'organisation d'un forum plus élargi à l'Assemblée nationale, pour réfléchir sans langue de bois, afin de voter une résolution ; mais également la création d'un groupe WhatsApp avec les partenaires, afin de continuer les discussions.

Pour sa part, la député national Mireille Masangu, élue de Lubumbashi, a déclaré ce qui suit à l'issue de ce forum d'échanges : "En tant que député national, nous venons de suivre ce séminaire de formation dans le cadre du renforcement des capacités sur les discours et messages incitatifs à la haine. Un plus pour moi, en vue de sensibiliser nos populations, nos milieux culturels et, surtout, discuter aussi avec quelques autorités tant civiles que militaires, afin de bannir la haine et prêcher plus la paix, la solidarité et l'unité".

Plus de: Monusco

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