Afrique: Origines de la Covid-19 - Une polémique enfle entre Occidentaux et la Chine

La théorie d'un accident de laboratoire survenu à Wuhan, en Chine, revient en force ces dernières semaines dans plusieurs pays occidentaux. Et les appels en faveur d'investigations plus approfondies se multiplient au sein de la communauté scientifique, au moment où Pékin combat farouchement l'hypothèse selon laquelle le Coronavirus aurait pu s'échapper d'un de ses laboratoires.

Déterminer comment le virus, qui a fait plus de 3,5 millions de morts dans le monde, est jugé crucial pour tenter d'empêcher la prochaine pandémie. Et s'il n'existe à l'heure actuelle pas de preuve que le SARS-CoV-2 proviendrait de l'Institut de virologie de Wuhan, ville berceau de la pandémie, de nombreux experts appellent non seulement à la poursuite de l'enquête sur son origine, mais aussi à un meilleur contrôle de ce type de laboratoires.

Les spécialistes veulent que l'étude qui doit être poursuivie offre aux experts « l'indépendance nécessaire pour évaluer pleinement l'origine du virus et les premiers jours de l'épidémie ». De plus, plusieurs pays, dont les Etats-Unis et les Européens, demandent une enquête plus approfondie sur les origines du Covid-19, alors que la première mission en Chine a soulevé plus de questions qu'elle n'en a résolu. A ce sujet, Pékin veut empêcher à tout prix d'être blâmé pour la pandémie et le pouvoir semble tout faire pour que l'enquête se poursuive ailleurs que sur le territoire chinois. Il en résulte une polémique qui enfle chaque jour entre Occidentaux et la Chine sur l'origine du virus.

« Les Etats-Unis continueront à travailler avec leurs partenaires à travers le monde pour faire pression sur la Chine, afin qu'elle participe à une enquête internationale complète, transparente, et basée sur des preuves », prévient le président américain, Joe Biden. Il appelle les services de renseignement américains à tout faire pour expliquer l'origine de la Covid-19, déplorant une nouvelle fois le manque de coopération et de transparence de Pékin. « J'ai demandé aux services de renseignements de redoubler d'efforts pour rassembler et analyser les éléments qui pourraient nous rapprocher d'une conclusion définitive », souligne le locataire de la Maison-Blanche, qui veut que les conclusions y relatives soient prêtes dans les meilleurs délais.

Scott Gottlieb, ancien patron de l'Agence américaine des médicaments pense, pour sa part, que les appels à une nouvelle enquête s'avèrent nécessaires pour plusieurs raisons. « La liste des personnes soutenant la thèse d'une origine animale n'a pas bougé. Et celle des personnes suggérant que le virus a pu sortir d'un laboratoire a continué de s'allonger », confie l'expert.

Pékin fustige le renseignement américain

Joignant sa voix à celles de plusieurs personnalités, Andy Slavitt, conseiller de la Maison-Blanche pour la lutte contre la Covid-19, souhaite qu'un travail d'investigation plus poussé se fasse. « Nous devons aller au fond des choses, quelle que soit la réponse, et c'est une priorité pour nous », martèle-t-il, ajoutant : « Nous avons besoin d'un processus complètement transparent de la part de la Chine, et que l'OMS apporte son aide sur le sujet ».

Réagissant aux appels de la communauté internationale, la Chine fustige les failles du renseignement américain, après la demande du président des Etats-Unis, Joe Biden, aux services de son pays de fournir un rapport pour expliquer l'origine de la pandémie. Pékin ne cesse de condamner l'initiative. « L'équipe d'enquête conjointe de l'OMS envoyée à Wuhan, en janvier, a jugé extrêmement improbable la théorie d'une fuite de laboratoire », rappelle un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian. « Il s'agit d'une conclusion officielle, formelle et scientifique », estime-t-il. Et de poursuivre « Cette fois, les Etats-Unis tentent d'utiliser les services de renseignement pour mener une soi-disant enquête (...) mais l'histoire sombre du renseignement américain est connue depuis longtemps par le monde entier ».

De son côté, la directrice d'un des laboratoires de l'Institut de virologie de Wuhan, Shi Zhengli, dément la théorie selon laquelle le virus à l'origine de la Covid-19 aurait pu s'échapper de son institution. Elle rejette également les accusations de manipulations génétiques dangereuses, notamment relayées aux Etats-Unis par certains élus républicains.

La thèse d'une origine naturelle, considérée comme la plus probable par une étude conjointe d'experts de l'OMS et chinois qui se sont rendus à Wuhan en début d'année, soutient que le virus est apparu chez les chauves-souris avant d'être transmis à l'homme, probablement via un autre animal. Une autre théorie sur l'origine de cette padémie affirme que le virus ne se serait pas transmis à l'homme naturellement, mais aurait été fabriqué et diffusé volontairement et/ou se serait échappé d'un laboratoire de Wuhan. C'est ce que soutenait, par exemple, l'ancien président américain, Donald Trump. Pékin nie toujours cette théorie. Que ce virus relève de la fuite d'un laboratoire ou qu'il a été fabriqué ou même pas, la vérité finira toujours par éclater au grand jour.

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