Sénégal: Basket - Me Babacar Ndiaye, président FSBB: «La reconquête du titre chez les garçons est possible si ... »

17 Juin 2021

Pour le basketball sénégalais, 2021 constitue une année faste. Afrobasket masculin et féminin, mondial U19 masculin, Tournoi de qualification olympique (Tqo)... sont au menu des sélections nationales. La reconquête du titre chez les garçons et la construction d'un siège de la Fsbb restent les principaux objectifs, selon le président de la fédération, Me Babacar Ndiaye.

3 août 1997. Le Sénégal bat le Nigeria 69-48 et remporte son cinquième titre de champion d'Afrique. Une éternité. Depuis ce sacre à domicile sous la houlette de Bassirou Badji, c'est le désert chez les garçons. Cette année encore, comme c'est le cas depuis près d'un quart de siècle, le Sénégal, médaillé de bronze en 2017, ira à la reconquête du titre à Kigali, au Rwanda (24 août - 5 septembre). Et Me Babacar Ndiaye y croit fort. Pour le président de la Fsbb, si le Sénégal parvient à avoir la meilleure sélection, il pourra retrouver le goût du succès. Pour cela, indique le patron du basketball sénégalais, il faudrait mettre en place une équipe compétitive sur le plan international. Aujourd'hui, assure Me Ndiaye, si le Sénégal peut avoir des joueurs comme George Niang déjà qualifié comme Sénégalais, Gorgui Sy Dieng, Tacko Fall, l' «Américain» Pierria Henry, présentement à Dakar pour les besoins de son passeport, l'équipe fera partie des grands favoris pour le titre. «Lors des deux dernières Afrobasket, on a terminé quatrième et troisième, cela veut dire qu'on fait partie du top 4 et c'est important. Maintenant, il faut franchir ce cap-là, celui du Nigeria. Il y a une probabilité de rencontrer le roc nigérian en demi-finale, si l'équipe se qualifie et nous, nous sommes préparés pour les battre».

Dans cette opération reconquête, la préparation sera très déterminante. Et pour le président de la fédération, il reste évident que tout sera mis en œuvre pour mettre les joueurs et l'encadrement technique dans des conditions de performance. Il a, à cet effet, remercié le Ministre des Sports, Matar Bâ. «Chaque fois que nous l'avons sollicité dans le cadre des compétitions internationales de basket, il a satisfait nos requêtes». D'ailleurs, a-t-il précisé, le Tqo servira de préparation à l'équipe nationale qui se rendra en Allemagne pour y jouer contre la Manschafft, le 23 juin, avant de regagner la Serbie le 25 juin pour entrer en bulle.

Me Babacar Ndiaye s'est félicité du grand pas franchi sur le plan des conditions matérielles. «Elles se sont nettement améliorées. Même en termes de primes, elles ont été sensiblement augmentées. C'est pour cette raison que j'ai dit à l'encadrement technique et aux joueurs que les conditions de préparation ne doivent plus être un prétexte pour justifier nos défaites», a indiqué l'ancien président du Duc. Ce qu'il faut aujourd'hui, estime-t-il, c'est avoir la mentalité de gagner. «Nous sommes dans des conditions de performance, il faut donc se battre sur le terrain et gagner».

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Le deuxième tour au Tqo

Absent du tournoi olympique depuis 1980, à Moscou, les «Lions» du basket tenteront de briser la malédiction, lors du tournoi qualificatif prévu fin juin (29 juin-4 juillet) à Belgrade, en Serbie. Une marche qui semble très haute si l'on en croit le président de la Fssb. «On ne participera pas pour participer, même s'il faut reconnaître que ça sera très difficile parce qu'une seule équipe va se qualifier à l'issue de ce tournoi. Ce sera très disputé, surtout avec le pays hôte, la Serbie, dont l'effectif est extraordinaire». Le Sénégal est logé dans le groupe B en compagnie de Porto Rico et de l'Italie, tandis que dans le groupe A figurent la République dominicaine, la Nouvelle-Zélande et la Serbie. L'objectif, selon Me Babacar Ndiaye, c'est une qualification au deuxième tour ; ce qui pourrait servir de préparation pour l'Afrobasket. Selon lui, le Sénégal ne peut déclarer forfait dans une compétition de basket de cette envergure, compte tenu de son palmarès, du rôle qu'il joue sur le plan mondial. Ce qui, à son avis, serait mal vu. «Puisque nous nous sommes qualifiés, nous allons défendre l'Afrique et nous nous préparons en conséquence», a-t-il dit.

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Opération rajeunissement de l'effectif chez les filles

Cette année, au Cameroun, la reconquête du titre ne sera pas l'objectif principal des «Lionnes», dont la dernière victoire en Afrobasket remonte à 2015, dans ce même pays. L'heure est au rajeunissement du groupe, à en croire Me Babacar Ndiaye. «Si on accepte de rajeunir l'équipe, l'objectif ne doit pas être la reconquête du titre, mais le podium. Nous allons donc essayer de rajeunir l'effectif pour reconstruire une grande équipe d'ici deux ans», a laissé entendre le président de la Fsbb. Cette reconstruction, a-t-il relevé, est venue à son heure. «Il est grand temps de rajeunir le groupe». En effet, depuis 2009, l'équipe est au top. Elle est sacrée deux fois (2009 et 2015) et est vice-championne à trois reprises (2011, 2017 et 2019), sans compter une bonne participation à la Coupe du monde et aux Jeux olympiques. «C'est un palmarès élogieux ; mais elle a fait son temps. L'entraîneur national, qui est en même temps le directeur technique national, fera les bons choix avec une nouvelle génération qui assurera la relève», a promis le président de la Fsbb.

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Sélection U19, un vivier pour l'équipe A

Il y a deux ans, à Héraklion, en Grèce, le Sénégal avait fait bonne figure lors du mondial U19 masculin. Cette année, les «Lionceaux» tenteront de repartir sur de nouvelles bases en Lettonie (3-11 juillet). «En 2019, la participation n'a pas été bonne, mais elle a été meilleure par rapport à la dernière compétition. Nous avions gagné une place. Cette fois-ci, nous avons l'objectif de faire un très bon parcours ; le Sénégal sera agréablement surpris». Avant de rallier la Lettonie, l'équipe prendra part à un tournoi en Espagne pour peaufiner sa préparation. «C'est la deuxième fois d'ailleurs qu'elle se qualifie à la Coupe du monde. Mais au-delà des résultats, la formation est importante», a fait savoir Babacar Ndiaye qui a insisté sur l'apport de la petite catégorie. Et pour étayer ses propos, il convoque le tournoi de Kigali. «Il y avait Amar Sylla qui faisait partie de l'équipe U19. Au Cameroun également, il y avait Ibou Badji. Avec la préparation du Tqo en Allemagne, le capitaine et meneur des U19 Jean Jacques Boissy a été appelé. Nous allons continuer de les suivre pour pouvoir assurer la relève», a indiqué le président de la Fsbb. Très optimiste quant à l'avenir du basket sénégalais, ce dernier insiste sur la formation de la petite catégorie et annonce un tournoi des jeunes qui se tiendra en septembre. L'objectif est d'avoir des sélections d'abord régionales ensuite nationales, notamment des U14, U16 et U18.

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Réforme des textes

La limitation des mandats supprimée

La Fsbb a tenu récemment une assemblée générale. Une occasion pour le Comité directeur de procéder au toilettage des textes. Beaucoup de points sur le plan administratif ont fait l'objet de réformes. Longtemps décriée, la suppression de la limitation des mandats a été finalement actée. Cette mesure était une nécessité, selon Me Babacar Ndiaye qui pense que «la limitation de mandat est injuste et discriminatoire parce que la Fsbb est la seule instance où il y avait une limitation de mandats». De l'avis du président de la Fsbb, cette disposition avait été prise il y a quelques années dans un contexte de normalisation. «Nous avons estimé que pour avoir de grands dirigeants, il faut leur laisser la possibilité de durer à la fédération et pouvoir percer sur le niveau international». Selon Me Ndiaye, le texte, tel qu'il était libellé, n'était pas bon parce que «c'est l'ensemble du comité directeur qui était soumis à la limitation des mandats». En termes clairs, 80% du comité directeur était appelé à partir à la fin de son mandat. Autre mesure, la suppression du cumul de fonctions. Désormais, un président de fédération ne peut plus être président de club. «Pour être élu pour la première fois, il faut être mandaté par un club, mais dès que vous êtes élu, vous êtes tenu de démissionner de votre fonction de président de club. Cependant, quand on vous oblige à démissionner et que vous avez besoin de vous représenter, vous n'avez pas besoin d'un mandat de club», précise Me Babacar Ndiaye. La supervision de l'assemblée générale des clubs par la fédération a été exigée. «On s'est rendu compte que certains clubs tenaient des Ag à l'insu de la Fsbb et refusaient même de transférer les procès-verbaux à la Fsbb». Cette nouvelle donne permettra à l'instance fédérale d'avoir un contrôle sur la régularité des Ag et de pouvoir se prononcer en cas de contentieux, selon Me Babacar Ndiaye.

Transfert

Le coût des mutations passent à 2 millions de FCfa

Les clubs peuvent désormais se frotter les mains. La Fsbb a pris la décision d'augmenter, à partir de la saison prochaine, le nombre de joueurs mutés. En effet, le règlement ne permettait pas aux clubs d'acheter plus de deux joueurs par an, contrairement au football. Pour équilibrer avec les clubs formateurs et ne pas les désavantager, la Fsbb, selon son président, a toujours eu une pratique dans le passé qui limitait le nombre de joueurs que le club peut acheter en début de saison, c'est-à-dire deux joueurs. «Avec cette réforme, une équipe peut acheter trois joueurs et même se permettre d'avoir un quatrième non-protégé», selon le président de la Fsbb. Dans la même veine, la fédération a revu et doublé le coût des mutations qui est passé du simple au double. «Nous avons pensé qu'il fallait augmenter le coût des mutations. Au Sénégal, le transfert d'un joueur n'est pas laissé à la libre appréciation des clubs. Il y a un barème fédéral qui était d'un million de FCfa, dont les 800.000 allaient au club vendeur. Aujourd'hui, on a créé une catégorie de joueur international qui n'existait pas, dont le coût est de deux millions de FCfa», exeplique Babacar Ndiaye. L'innovation dans cette nouvelle mesure, c'est que «les clubs formateurs vont percevoir leur quote-part sur les droits de mutation payés» ; ce qui était loin d'être le cas avant où seul le club vendeur empochait l'ensemble des droits. À en croire Me Babacar Ndiaye, «un pourcentage va aller au club formateur où le joueur a eu sa première licence». Il est important alors, selon lui, de rendre encore plus attrayant le championnat national et faire en sorte que le Sénégal ait des clubs forts, qui ont la capacité d'acheter des joueurs à ce prix-là.

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