Congo-Brazzaville: Peinture - Restauration des œuvres du peintre congolais François Thango

Lionel Kalina Memba, avocat au barreau de Pointe-Noire, ressuscite le peintre François Thango ou plus exactement ses œuvres, à travers une collection personnelle dénichée de l'autre côté du fleuve, dans les rues de Kinshasa.

La découverte des œuvres picturales de François Thango par ce ténor du barreau est le fruit d'une passion, celle de la peinture. « Je suis accidentellement tombé sur l'histoire de ce peintre congolais dans le cadre des recherches associées à celle que souhaitais faire sur la cote de Marcel Gotène.

J'ai été séduit par l'histoire de cet artiste brazzavillois du siècle dernier, né d'un père camerounais et d'une mère qui appartenait à la tribu des Bawoyo de Cabinda. Peu d'amateurs d'art connaissent au final ce grand précurseur de la peinture en Afrique centrale qui a exercé son art d'une rive à l'autre du fleuve Congo entre les années 50 et 80 », s'enthousiasme Me Kalina Memba, collectionneur d'art.

De fait, François Thango [Brazzaville 1936- Brazzaville 1981] fut retenu en 1951 dans le groupe des jeunes peintres avec lesquels Pierre Lods fonda en 1951 l'école de peinture de Poto-Poto. C'est d'ailleurs Thango qui sera envoyé sept années plus tard par ce même Pierre Lods à Bruxelles pour représenter l'école de peinture de Poto-Poto à l'exposition universelle. L'année suivante, Thango s'installe à Léopoldville avec le soutien du mécène Maurice Alhadef, une traversée qui marque le début d'une véritable reconnaissance internationale.

« En poursuivant cette histoire, j'ai lu que la carrière de Thango avait été récompensée par le prix UNICEF à Paris en 1961, que ces œuvres avaient été exposées à New York cette même année. Il y a eu de nombreuses expositions que ce soit au Musée national des arts d'Afrique et d'Océanie de Paris, au Musée Royal d'Afrique centrale en Belgique, à l'African Art Now à Tokyo ou au Grimaldi Forum à Monaco, d'autres encore bien sûr. J'aimerai donner une seconde vie à cet artiste peintre, voir ses toiles exposées dans son pays natal », souhaite Lionel Kalina Memba.

Un souhait réalisable car, c'est en connaisseur que l'avocat a franchi à son tour, il y a quelques mois, le fleuve vers l'ancien Zaïre pour aller s'acquérir des toiles de François Thango en fouillant en fin limier les artères de Kinshasa. « Cela a été un parcours semblable à celui du combattant mais J'ai aujourd'hui une dizaine de toiles, qui datent forcément et récupérées en mauvais état, que j'ai fait restaurer dans les règles de l'art », se réjouit celui qui n'a pas été surpris d'apprendre que certains tableaux du peintre congolais avaient été estimés entre 16 et 18 000 euros sur le marché de l'art. De quoi raviver la mémoire de l'illustre école de peinture de Poto-Poto, chère à l'ancien officier de marine et peintre amateur Pierre Lods, dont sont issus Gotène, Iloki, Ouassa, Dimi, Ondongo, Zigoma, Malonga, M'Bon, Hengo et bien sûr, François Thango !

A La Une: Congo-Brazzaville

Plus de: Les Dépêches de Brazzaville

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X