Congo-Brazzaville: Musique - N'Sangu Ndji-Ndji contre vents et marées !

« Nous sommes en 50 avant Jésus Christ, toute la Gaule est occupée par les romains... Toute ? Non ! Un petit village d'irréductibles gaulois résiste encore et toujours à l'envahisseur ». A l'image de ce village cher à Astérix et Obélix, le Festival N'Sangu Ndji-Ndji résiste, en 2021 et à Pointe-Noire, à l'invasion de la crise économique et sanitaire au sein de la culture congolaise. Un bel exemple de résistance !

La 17e édition du Festival International N'Sangu Ndji-Ndji aura bien lieu. Un exploit ? « Tout est difficile et inimaginable mais nous voulons que l'engagement d'une entreprise comme N'Sangu Ndji-Ndji vis-à-vis des populations, des publics et des professionnels de la musique et des arts se poursuive. C'est vrai qu'il manque les moyens financiers mais un Festival qui se veut "acteur majeur" de la vie culturelle à Pointe-Noire sait développer d'autre moyens de résistance et de résilience.

Plus on avance, plus on s'ancre dans la vie des citoyens, plus on a les moyens humains pour pouvoir faire exprimer la diversité culturelle. Il en va de même pour les petits moyens techniques et logistiques nécessaires pour tenir cette 17e édition, quelle que soit sa forme, on arrive toujours à se mobiliser », confie Pierre Claver Mabiala, directeur du festival.

Si les mesures gouvernementales avaient obligé la précédente édition de ce célèbre festival à être entièrement numérique, celle qui se déroulera du 31 juin au 4 juillet sera en live et Pierre Claver Mabiala ne cache pas sa satisfaction : « Oui, nous sommes heureux de retrouver le live avec un public même s'il est resté en nombre limité, c'est déjà ça. Notre philosophie est d'œuvrer pour le rapprochement de la musique et des arts avec les publics des quartiers car, si le numérique est bien pour la communication et la visibilité, il ne remplace pas le frontal avec le public. La culture s'inscrit avant tout dans le spectacle vivant ».

Impacté par la crise, N'Sangu Ndji-Ndji se voit obliger malgré tout de baisser de quelques demi-tons cette année son ambition internationale à laquelle il nous avait habitués. Une chance pour les artistes locaux de moindre renommée de faire valoir leur talent ? « Non, ce n'est pas de cette façon-là que nous voyons les choses car nous avons toujours réservé, depuis la création du festival, une large programmation pour les groupes en développement local et national.

Nous pensons d'ailleurs qu'il faut que ces artistes locaux et nationaux profitent du festival et des professionnels internationaux pour s'offrir l'opportunité d'intégrer des réseaux internationaux de diffusion, cela a toujours été dans nos objectifs », précise Pierre Claver Mabiala. Et de poursuivre : « Les opérateurs culturels au Congo sont en difficulté accrue avec la rareté des mécènes et sponsors depuis 2014, quand la crise économique a commencé à s'installer. La covid-19 a amplifié les choses. La résilience nous oblige à développer de nouveaux modèles économiques et de résistance pour continuer d'exister ».

En dépit des difficultés à résister, le festival reste debout d'une force qui semble relever de la magie. L'Obélix culturel qu'est Pierre Claver Mabiala a partagé goulument sa potion magique avec quelques soutiens irréductibles : l'IKAM Congo, Arterial Network, la Direction départementale des Arts et des Lettres de Pointe-Noire, la Direction départementale de l'Enseignement primaire et secondaire de Pointe-Noire, l'Institut français de Pointe-Noire, Raphaël, et les artistes et groupes solidaires à ce festival.

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