Maroc: Nouveau rebondissement dans l'affaire Ghali

Malgré son retour à Alger à l'issue de son hospitalisation sous une fausse identité dans un hôpital espagnol, le scandale de Brahim Ghali qui a déclenché une grave crise diplomatique entre Rabat et Madrid, continue de susciter des remous dans la péninsule ibérique.

En effet, un juge d'instruction d'un tribunal de Saragosse, Rafael Lasala, poursuit ses enquêtes sur la manière avec laquelle le chef des séparatistes est entré en Espagne.

Selon des médias espagnols, ce juge a demandé au ministère de la Défense et plus précisément au Commandement aéro-militaire de la base de Saragosse, de lui communiquer les noms et qualités des personnes qui ont autorisé l'atterrissage de l'avion à bord duquel se trouvait Brahim Ghali le 18 avril dernier.

Cette nouvelle demande intervient après que le juge a reçu un rapport de la Guardia civil indiquant que l'avion en question avait atterri à la base aérienne de Saragosse et non pas à l'aéroport civil, et que les autorités militaires ont informé le personnel de celle-ci que l'occupant de l'avion était une personnalité diplomatique sans en préciser l'identité. Aussi a-t-il été exempté d'accomplir les formalités douanières d'usage. Le juge en question veut aussi savoir comment l'avion affrété par l'Algérie est arrivé jusqu'à la zone militaire, à quelle heure et si cet aéronef était militaire ou officiel. Il exige également des informations sur la manière avec laquelle la vérification du passeport diplomatique a été accomplie.

Il y a lieu de signaler que le chef des séparatistes est entré en Espagne en catimini avec l'aval du gouvernement espagnol qui a préféré manigancer avec le régime algérien, alors que Brahim Ghali fait l'objet de plusieurs plaintes pour torture, viol et violations des droits de l'Homme déposées par des victimes aussi bien espagnoles que sahraouies. Fadel Breica, l'activiste qui a déposé plainte en Espagne contre celui-ci pour torture et traitement inhumain, a été convoqué, le 29 juin, par la justice pour apporter son témoignage sur les tortures que lui ont infligées le Polisario et leur chef.

En effet, le juge de l'Audience nationale, Santiago Pedraz, a accepté la requête de ses avocats qui lui demandaient d'écouter la version de l'activiste sahraoui et celle d'autres témoins - sa femme et deux autres personnes, détenues puis libérées en même temps que lui et qui ont été des témoins directs ou indirects des abus dénoncés, selon l'agence espagnole Europa Press, citant des sources judiciaires.

A signaler, par ailleurs, que Brahim Ghali a demandé au juge Santiago Pedraz de classer les plaintes déposées contre lui devant la justice espagnole. Dans le document de cinq pages qu'ils lui ont adressé, les avocats du chef des séparatistes ont prétendu que leur client «ne connaissait même pas le plaignant», et que, par conséquent, il ne pouvait pas «intenter une quelconque action» en justice à son encontre. «L'objet de la plainte est fallacieux et politique. Le plaignant utilise la procédure pénale à des fins étrangères à l'action de la justice», souligne ce document.

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