Congo-Brazzaville: Journée de l'enfant africain - Les bébés noirs se distinguent des enfants en situation de rue

Le directeur du samusocial Pointe-Noire, le Français Raphaël Ellul l'a affirmé au cours des activités organisées par le point focal du réseau des intervenants dans le phénomène des enfants de la rue lors de la célébration, le 16 juin, de la journée de l'enfant africain.

Très inquiet de l'augmentation chaque année des nouveaux cas de sortie en rue des enfants dans la ville océane dont le plus jeune dans son centre d'accueil à 6 ans et le plus âgé aura bientôt 18 ans, Raphaël Ellul a lancé un appel à la population de faire la différence entre les enfants démunis qui vivent dans la rue et les bébé noirs. « Au niveau des chiffres, depuis 2014 après la chute du baril de pétrole, il y a augmentation des nouveaux cas de sortie en rue des enfants.

Et la tendance est encore en augmentation ces dernières années à la suite à la crise de covid-19. Par conséquent, les gens doivent comprendre que les enfants en situation de rue ne sont pas des bébés noirs qui veulent conquérir la rue. Les enfants en situation de rue se retrouvent dans la rue soit parce qu'ils sont maltraités soit parce qu'ils ont été chassés de la maison », a-t-il dit.

Raphaël Ellul a, par ailleurs, déploré la non-application à ce jour de la loi Potignon dans tous ces contours. « C'est illégal que la loi Potignon 2010 qui est bien faite ne punisse d'une amande ou d'une peine de prison tous les parents qui négligeraient ou qui maltraiteraient les enfants.

Malheureusement, il manque des sanctions exemplaires sur un cas de parent qui permettrait à l'ensemble des parents de prendre conscience et leurs responsabilités. On ne peut pas imaginer qu'un jeune de 12 ans se décide seul de se mettre dans la rue », a-t-il regretté.

Cependant, les dix centres d'accueil et d'hébergement, membres du Reiper, sont confrontés à plusieurs difficultés dans la prise en charge de leurs pensionnaires. « La prise en charge de ces jeunes en rupture familiale pose problème parce que ce sont des enfants qui manquent de repères. Ils n'ont pas l'habitude de l'autorité et de règle, donc on a énormément de pédagogie à avoir avec eux », a-t-il ajouté.

Notons que la célébration de cette journée au samusocial a permis aux enfants démunis de s'instruire, de s'exprimer et de s'affronter à travers les activités sportives. Dans une ambiance bon enfant, les enfants ont à travers les chants lancé un message fort aux parents d'arrêter la maltraitance à leur égard.

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