Ethiopie: Situation humanitaire catastrophique au Tigré - Appel du Coordinateur européen pour les catholiques érythréens

Adigrat — " Continuez à recueillir des informations sur ce qui se passe au Tigré, informez l'opinion publique avec vos médias. Exhortez le Saint-Siège, afin qu'il fasse pression sur la communauté internationaleque grâce à son réseau diplomatique. Que ce dernier intervienne de manière plus énergique pour mettre fin à cette situation". C'est l'appel sincère lancé aux missionnaires par le père Mussie Zerai Yosief, Coordinateur européen des catholiques érythréens.

Selon la note reçue par l'Agence Fides, le prêtre a rappelé les sanctions imposées par les États-Unis au gouvernement éthiopien en s'adressant à la Société pour les Missions Africaines. Il a dit: " Ce n'est pas suffisant. Nous devons exiger l'arrêt du massacre de la population civile, l'ouverture des couloirs humanitaires et le déblocage des convois d'aide qui attendent aux frontières de la région du Tigré ".

"La population civile n'est pas en faute dans ce conflit : elle ne doit pas payer les péchés d'un parti ou du gouvernement fédéral. Ce sont les populations les plus vulnérables qui paient le plus lourd tribut à cette crise : les femmes, les personnes âgées, les enfants", insiste le père Zerai. "La communauté internationale doit mettre en place une commission d'enquête indépendante, afin d'enquêter sur ce qui s'est passé ces derniers mois dans la région. Il faut clarifier qui a fait quoi, et pourquoi il l'a fait. Que les coupables répondent devant la loi du droit international des crimes commis : viols, abus, tortures, destruction arbitraire et gratuite de nombreux biens construits avec des années et des années de travail et de sacrifice", ajoute-il.

Depuis novembre 2020, le Tigré est ravagé par une guerre civile qui a déjà fait des milliers de morts et des centaines de milliers de réfugiés (voir Fides 14/12/2020). "La situation humanitaire est catastrophique, les gens ont faim. Tant d'infrastructures ont été détruites. Les déplacements d'un endroit à l'autre ne sont pas faciles. L'aide humanitaire ne peut pas atteindre la population", a raconté le prêtre. "De plus, avec des hôpitaux endommagés et le manque de médicaments, la pandémie de Covid pour laquelle les soins de santé minimums ne sont pas garantis, devient également ingérable. Et puis il y a la famine, le manque de nourriture : en plus de la guerre, une invasion de sauterelles a dévasté la petite récolte que les paysans avaient encore réussi à faire pousser".

"Il s'agit d'une véritable catastrophe humanitaire. Des centaines de milliers de personnes sont en danger. Un cessez-le-feu n'a pas encore été déclaré, et donc les tirs, les meurtres et les morts continuent. Il n'y a pratiquement aucune fuite de rapports indiquant que des massacres sont encore perpétrés : une situation très grave. Les efforts de la population pour construire un avenir avec son travail ont été détruits, et nous sommes revenus à l'année zéro", conclut le coordinateur européen des catholiques érythréens.

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 100 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X