Burkina Faso: Affaire « chefferie de Guenon » - 39 accusés à la barre à Manga

Les juges de la Chambre criminelle de la Cour d'appel de Ouagadougou ont, en principe, trois semaines pour trancher.

La Chambre criminelle de la Cour d'appel de Ouagadougou a débuté, le jeudi 17 juin 2021, à Manga, ses assises criminelles délocalisées, consacrées à l'affaire «Guenon » du nom du dossier relatif à l'affrontement armé, en 2012, entre deux familles de la localité, à la suite d'une crise de chefferie. 39 accusés et une quarantaine de témoins sont appelés à la barre pour ce jugement prévu durer, en principe, jusqu'au 6 juillet 2021.

L'affaire « Guenon » vient d'amorcer une phase importante dans la procédure judiciaire. Le jugement de ce dossier lié à un affrontement armé

à la suite d'une crise de chefferie, en 2012, entre deux familles, à Guenon dans la commune de Tiébélé (province du Nahouri), ayant fait, entre autres, une dizaine de morts, est entamé, hier jeudi 17 juin 2021, à Manga. L'affaire « Guenon » fait, en effet, l'objet des assises criminelles délocalisées de la Cour d'appel de Ouagadougou qui se tiennent, en principe, du 17 juin au 6 juillet 2021.

Selon le substitut général près la Cour d'appel de Ouagadougou, Dieudonné Bonkoungou, le déplacement de la session dans «La Cité de l'épervier » vise principalement à rapprocher le jugement, de la ville qui est le ressort du lieu de commission des faits et par ricochet, des témoins des différentes violences. L'initiative revêt également un aspect pédagogique, a-t-il fait savoir. « Cela participe à la sensibilisation des personnes qui assistent à l'audience pour leur permettre de comprendre les tenants et les aboutissants de la loi et éviter qu'à l'avenir, de tels affrontements ne se produisent», a relevé le substitut général près la Cour d'appel de Ouagadougou.

Si la session se tient neuf ans après le déroulement des évènements, c'est en raison, a précisé Dieudonné Bonkoungou, de la complexité du dossier qui exige une enquête approfondie, des investigations poussées et une instruction approfondie. « C'est la procédure criminelle qui le veut pour réunir tous les éléments nécessaires à la tenue d'un procès équitable », a-t-il indiqué. Outre cela, les contraintes, selon le substitut général, étaient aussi d'ordre logistique. Toutefois, ces difficultés ont été surmontées, a-t-il dit, grâce au concours du gouvernement qui a mis à la disposition de la justice, les moyens pratiques pour tenir l'audience.

Des accusés risquent la perpétuité

Le substitut général près la Cour d'appel de Ouagadougou, Dieudonné Bonkoungou, a invité l'assistance à observer

les procédures pour un bon déroulement du jugement.

Au prétoire, 39 accusés en tout seront entendus sur les faits qui leur sont reprochés dans l'affaire « Guenon ». Ils sont, entre autres, poursuivis pour fait d'assassinat, coups et blessures volontaires, vols, destruction volontaire de biens mobiliers et immobiliers, abattage d'animaux et séquestration. Environ 150 victimes dont une trentaine déjà auditionnées et une quarantaine de témoins vont être également appelés à ce jugement, a précisé le substitut général près la Cour d'appel de Ouagadougou, Dieudonné Bonkoungou.

Pour les peines, les sanctions maximales peuvent aller, selon lui, jusqu'à l'emprisonnement à perpétuité tel que prévu pour certaines infractions criminelles dans le Code pénal. A l'écouter, la peine de mort étant abolie au Burkina Faso, ladite sanction a été rayée des options. Pour un bon déroulement de la session, Dieudonné Bonkoungou a appelé l'assistance à la retenue et à l'observation des différentes règles. « Neuf ans après, ce n'est pas sûr que les plaies se soient cicatrisées, il y a certainement des velléités mais nous appelons les uns et les autres au calme et au respect des procédures pour que l'audience se déroule dans un climat d'apaisement et qu'à l'issue de la session nous soyons tous satisfaits de son déroulement », a-t-il confié. Au demeurant, il a appelé de ses vœux qu'aux termes des assises qui situeront les responsabilités des uns et des autres, le verdict soit un pas vers la réconciliation des filles et des fils de la localité.

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