Cote d'Ivoire: Le retour de l'ancien président Gbagbo suscite l'enthousiasme de ses partisans - tensions avec la police

Abidjan — Le retour en Côte d'Ivoire, après dix ans, de l'ancien président Laurent Gbagbo a provoqué des remous parmi ses partisans.

Depuis quelques jours, au siège du FIP, le Front populaire ivoirien, le parti fondé par l'ancien chef de l'Etat, l'ambiance est très différente de celle qui y régnait il y a une décennie. Des milliers de gadgets à l'effigie de Gbagbo ont été fabriqués et vendus pour célébrer l'événement.

Dans la matinée d'hier, 17 juin, les nombreux militants qui étaient descendus dans la rue pour accueillir "leur président" ont été dispersés par les gaz lacrymogènes lancés par les forces de sécurité dans les rues de Port-Bouët et du Grand Carrefour de Koumassi, les quartiers autour de l'aéroport international Félix Houphouët Boigny d'Abidjan.

"C'est la gendarmerie avec la police qui tire des gaz lacrymogènes, ils disent de ne pas aller là, de rentrer, et j'ai moi-même reçu un coup, mais je ne comprends vraiment pas leur réaction, comment peut-on faire la paix avec un tel comportement ?" s'interroge un militant.

A côté de lui, une dame très en colère a raconté ce qu'elle a subi : "on nous a poussés dans un canal de drainage, on nous a dit que nous n'étions pas autorisés à recevoir Gbagbo, nous n'avons rien fait de mal, laissez-nous partir" a-t-elle crié à haute voix.

L'atmosphère dans les autres parties du pays reste calme pour le moment. Les rues sont vides et les quelques personnes que nous rencontrons semblent préoccupées par la situation.

À Yopougon, commune d'Abidjan, les gens vaquent à leurs occupations habituelles.

" C'est vrai que le président Gbagbo vient, nous sommes heureux car c'est une preuve du processus de réconciliation dans notre pays, mais en ce qui me concerne, la vie ne doit pas s'arrêter là et je célèbre cette joie dans mon cœur, je ne peux pas abandonner mon travail, aujourd'hui nous travaillons car c'est un jour de semaine, que les Ivoiriens le comprennent " nous confie Stéphane VK.

Laurent Gbagbo, 76 ans, ancien chef d'État ivoirien (2000-2010), a été arrêté puis libéré par la Cour pénale internationale (CPI). Il y a dix ans, Gbagbo avait refusé de reconnaître sa défaite à l'élection présidentielle en s'engageant dans une confrontation acharnée avec le président élu Alassane Ouattara et les forces françaises et onusiennes présentes dans le pays. Les violences ont coûté la vie à plus de 3 000 personnes. M. Gbagbo a été extradé vers la Cour pénale internationale de La Haye en 2011 et a passé huit ans dans l'attente de son procès pour crimes de guerre. Un juge l'a acquitté en 2019, affirmant que les procureurs n'avaient pas réussi à prouver les accusations portées contre l'ancien président.

Plus de: Agenzia Fides

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