Afrique: Le Fonds mondial doit élargir son mandat à d'autres pandémies, affirme la AIDS Healthcare Foundation

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Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme devrait élargir son mandat de manière à prévoir un financement d'urgence pour d'autres flambées de maladies infectieuses et pandémies comme la COVID-19, affirme la AIDS Healthcare Foundation (AHF).

Le Fonds mondial, premier fournisseur de soins contre le VIH et le sida au monde, a déjà fait ses preuves en termes de vies sauvées, et ce avec un haut degré de transparence, de responsabilité et d'adhésion multisectorielle. Aux yeux d'AHF, cela en fait le meilleur mécanisme de financement pour les futures urgences sanitaires internationales.

Plutôt que de créer un nouveau mécanisme de financement de la lutte contre les pandémies, comme le propose le Groupe indépendant sur la préparation et la riposte à la pandémie (GIPR), le monde devrait tirer parti du modèle du Fonds mondial pour lever des fonds supplémentaires et pérennes pour la préparation aux pandémies et le financement des ripostes aux flambées. La confiance dont jouit le Fonds mondial a récemment été mise en lumière par un apport historique de 3,5 milliards de dollars pour les mesures d'urgence contre la COVID-19 de la part des États-Unis.

« Pourquoi consacrer du temps et de l'argent à réinventer ce qui fonctionne déjà ? Nous ne disons pas que le Fonds mondial devrait abandonner la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme - bien au contraire. Tirons parti de la participation de la société civile à ses activités, de son savoir-faire programmatique et technique, et de la confiance de ses bailleurs de fonds pour protéger la santé publique mondiale face aux pandémies actuelle et futures », a déclaré le président de l'AHF, Michael Weinstein. « Dans nos programmes dans 45 pays, dans le cadre desquels nous fournissons des traitements et des services à plus d'un million et demi de patients, nous constatons que le VIH n'existe pas isolément de la COVID-19. Une pandémie affecte inévitablement l'autre, et il faut donc lutter contre les deux ensemble. Lever 100 milliards de dollars pour la préparation et la riposte aux pandémies contribuerait grandement à s'assurer que le monde ait les moyens d'agir rapidement, et cela coûterait beaucoup moins que la dévastation économique que supposerait une autre pandémie. »

Jorge Saavedra, directeur exécutif de l'Institut de santé publique mondiale d'AHF à l'Université de Miami, ancien directeur du programme national de lutte contre le sida du Mexique, a également occupé différentes fonctions au Conseil d'administration du Fonds mondial. Il est d'avis que le Fonds mondial a une occasion unique - et qui arrive à point nommé - d'élargir son mandat.

« Le Conseil d'administration du Fonds mondial est beaucoup plus petit et léger que celui de l'Organisation mondiale de la Santé, mais il compte des représentants et des votes de toutes les parties prenantes concernées, pas uniquement de gouvernements », explique M. Saavedra. « De nouvelles ressources pour la préparation aux pandémies contribueraient à combler les lacunes du financement de fournitures nécessaires pour la santé publique mondiale aux niveaux national, régional et mondial, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, et à assurer une préparation et une riposte exhaustives et inclusives. Pour les pays plus riches, le Fonds monétaire international pourrait intervenir et apporter son soutien comme il l'a fait pour certains pays européens pendant la crise financière de 2008. »

Jorge Saavedra et Michael Weinstein figurent parmi les 21 coauteurs de Global Public Health Convention for the 21st Century, un article paru le 5 mai 2021 dans The Lancet et abordé dans un autre article du numéro 397 de la version anglaise de l'OFM (Un nouveau rapport appelle à mettre à jour le Règlement sanitaire international au moyen d'une convention mondiale de santé publique adaptée au XXIe siècle). Parmi les recommandations formulées dans l'article figure notamment le financement durable de la préparation et de la riposte aux pandémies.

L'AHF, la plus grande organisation consacrée au sida à l'échelle mondiale, fournit actuellement des soins et des services médicaux à plus d'un million et demi de patients dans 45 pays d'Afrique, d'Asie-Pacifique, d'Europe, d'Amérique latine et des Caraïbes, ainsi qu'aux États-Unis. Pour en savoir plus sur l'AHF, veuillez consulter son site Web (www.aidshealth.org), sa page Facebook (www.facebook.com/aidshealth) et suivre ses travaux sur Twitter (@aidshealthcare) et Instagram (@aidshealthcare).

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