Sénégal: Recours aux nervis et a la violence dans l'espace public - La société civile sonne l'alerte

Le recrutement des nervis par les partis politiques, coalitions de partis et mouvements politiques est décidément une pilule impossible à avaler par la société civile regroupée au sein de la plateforme «Jammi Rewmi». Dans une déclaration en date d'hier, vendredi, la plateforme qui s'est outrée de la violence exercée surs des citoyens par les gros bras accompagnant la tournée de Macky Sall au nord du Sénégal, prône sans ambages leur interdiction.

« La plateforme de la société civile Jammi Rewmi constate, avec regret, le recrutement de nervis et de gros bras par des partis politiques, coalition de partis et autres mouvements politiques, pour assurer leur protection et servir à d'autres fins non dites », a relevé de prime abord la déclaration en question.

Et de poursuivre : « Ces nervis participent malheureusement à promouvoir une culture de la violence, notamment lors des déplacements des leaders politiques de tout bord». Il faut dire que les bastonnades et autres actes de violences exercées par les gros bras du régime, lors de la tournée du Président Macky Sall dans le Fouta, ont fortement rebuté ces membres de la société civile. « Les images, d'une rare violence, relayées sur l'activisme de ces nervis aux côtés des Forces de Défense circulent dans les réseaux avec en toile de fonds des gros bras qui violentent sauvagement des citoyens et citoyennes sous les yeux des Forces de Défense et de Sécurité détentrices exclusives de la violence légale, qui assistent sans intervenir et sans protéger les populations qui pourtant ne font qu'exprimer leur droit à liberté d'expression ».

Pour la plateforme qui dénonce vigoureusement ces violences des nervis sous « le regard passif des Forces de Défense et de Sécurité », elles n'honorent ni la démocratie sénégalaise, ni l'Etat de droit, ni la mission régalienne des Forces de Défense et Sécurité assignées à la sécurité du Président de la République ».

Pour autant, Jammi Rewmi interpelle le Chef de l'Etat « afin que des mesures urgentes et hardies soient prises pour bannir le recrutement des nervis et leur utilisation dans les activités politiques et d'arrêter cette dérive dangereuse afin d'éviter un cycle de violence qui peut avoir des conséquences désastreuses sur la paix sociale surtout lors de élections locales, législatives et présidentielles à l'horizon ».

Appelant dans la même mouvance tous les leaders politiques à s'engager à préserver la paix et éviter la violence verbale et physique, à travers le recrutement de nervis lors de leurs manifestations publiques au risque de réveiller la crise majeure que le Sénégal a connu en mars 2021 », la plateforme de la société civile Jammi Rewmi recommande que « la protection du Président de la République soit exclusivement assurée par les Forces de Défense et de Sécurité et qu'il soit banni le recours aux nervis et de toute forme de répression autour du chef de l'Etat qui exerce ses fonctions pour le compte du peuple sénégalais sans exclusion ».

Tout en demandant enfin aux autorités compétentes « d'identifier tous les nervis auteurs de de ces violences, ainsi que leurs commanditaires afin qu'ils soient sévèrement sanctionnées en conformité avec nos lois et règlements », la plateforme de la société dit prendre à témoin les régulateurs sociaux, notamment les chefs religieux et coutumiers, et les médias pour que cette alerte soit considérée avec la plus grande célérité ».

A noter que la plateforme en question est composée de moult organisations de la société civile dont Afrikajom Center, Amnesty International Sénégal, Association des juristes sénégalaises (AJS), Raddho, Ligue Sénégalaise des Droits Humains (Lsdh), Mouvement Y'En A Marre, Réseau Siggil Jigeen (Rsj) etc.

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