Guinée: Clivages ethniques, phénomène partisan en Guinée - Lamine Kamara met sa plume dans l'ancre pour aider à la réconciliation

Un livre de 190 pages pour convaincre les guinéens à se redonner la main. C'est le souhait de Lamine Kamara, écrivain guinéen et ancien ministre des Affaires étrangères sous Lassana Konté.

Le livre intitulé : «Ethnies, Paris politiques, Cohésion nationale», a été présenté hier, vendredi 18 juin, par les universitaires sénégalais dont Abdoulaye Elimane Kane a qui l'auteur a confié la publication du livre. «Lamine Kamara a choisi délibérément de mettre de côté, y compris son expérience douloureuse d'un long séjour dans le tristement célèbre camp Boiro, et de faire partager la conviction que la cohésion sociale du peuple de Guinée est nécessaire et possible», soutient l'ancien ministre de la Culture du Sénégal.

Un ouvrage purement «pédagogique» où l'auteur met en exergue tout ce qui unit les Guinéens, peut les aider à dépasser la situation actuelle et attire l'attention des Guinéens sur les deux principaux facteurs qui menacent la cohésion sociale en Guinée à savoir les clivages ethniques et le phénomène partisan. Invité à commenter le livre, Ibrahima Kane, membre fondateur de la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l'Homme (Radho), pense qu'il faut aussi mettre le doigt sur les problèmes qu'a connus la Guinée ou qu'elle continue de vivre.

«La Guinée a aussi connu des crimes odieux qui ont été commis par les pouvoirs en place. On ne peut appeler à la réconciliation si on ne parle pas de ces crimes, que les auteurs des crimes demandent pardon, que ceux qui en sont victimes pardonnent et qu'on ait une idée de comment les choses se sont passées, parce que une fois qu'on aura fait ce genre de «ndeup» (ndlr, introspection), ça pourra faire évoluer les choses», estime M. Kane.

Et d'ajouter : «l'une des difficultés dans l'ouvrage est le faire de ne pas vouloir parler de ces problèmes. Je leur ai montré que dans des pays comme l'Afrique du Sud, comme le Kenya, comme la Gambie, on a dû parler des crimes de Yahya Jammeh pour que les Gambiens commencent à parler de dépassement. Et tant qu'on ne l'a pas fait, on n'aurait jamais pu régler quoi que ce soit. Cette introspection est nécessaire pour créer les conditions d'un nouveau départ».

Plus de: Sud Quotidien

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