Sénégal: Riziculture - A Nawel, les riziculteurs plaident pour de nouveaux aménagements

19 Juin 2021

Les exploitants des rizières de Nawel, un quartier de la commune de Matam, situé dans le Dandé peinent à tirer leur épingle du jeu. Les contraintes liées à l'aménagement des champs, au drainage des eaux ainsi que les invasions des oiseaux granivores constituent des obstacles majeurs.

Ce vendredi mi-juin, le soleil darde plus que jamais ses rayons sur les hommes et les bêtes à Nawel, un des cinq quartiers de la commune de Matam accessible par une piste en latérite au bout de deux ou trois kilomètres. Nawel est l'une de ses localités aux potentialités agricoles énormes nichées dans le Dandé Mayo du nom de cette partie du Fouta qui longe le Fleuve Sénégal. Ici, la culture du riz fait partie du quotidien des populations comme en témoignent les aménagements rizicoles.

« Hooy !!! ». Cette interjection résume la souffrance de ces paysans dans les rizières de Nawel à force de tenter d'éloigner les oiseaux granivores qui, depuis quelques jours, imposent leur loi. Déjà, en phase murissement, ces champs affichent une image mitigée. Certains cultivateurs sont en train de récolter leur riz avec des faucilles. D'autres s'activent dans la chasse des oiseaux pour protéger les graines de riz. Au milieu de ce périmètre agricole, une batteuse gronde sans cesse. Cette machine termine la chaine de production avant que les sacs ne soient acheminés dans les maisons. Moussa Kamara est très préoccupé par l'invasion d'oiseaux granivores. « C'est difficile de rester toute une journée debout », déplore-t-il, à bout de force.

Ces rizières sont aménagées sur une superficie de 15 ha. « Chaque ménage possède 0,25 hectare », précise Adama Kamara. Ce périmètre agricole est à la disposition des populations pour leur permettre de subvenir à leurs besoins élémentaires. Néanmoins, la rentabilité n'est pas toujours au rendez-vous. D'autant plus que les « frais de campagne » sont déduits dans le rendement. C'est pourquoi, il impossible de « s'en sortir », avance Adama Kamara. « Ces champs domestiques de 0,25 hectare par ménage ne peuvent produire que 25 sacs de 60 kg » renchérit Moussa Kamara.

Assis sur une digue, Moussa Kamara n'hésite pas à égrener un chapelet de doléances. Selon lui, ils ont besoin d'un « nouveau aménagement » qui permettra de régler tous les problèmes des paysans. Il soutient que « l'eau ne peut pas arriver à certaines zones » parce que, dit-il, les champs ne sont pas bien « aplanis ». Il poursuit en souhaitant que les autorités « revoient les subventions du gasoil et de l'engrais ». Pour un paysan qui n'a que son champ, il faut lui faciliter les intrants, plaide Moussa. En plus, « un canal » pour évacuer les eaux de pluie va certainement, espère Moussa, « soulager » les cultivateurs. Il explique que certains champs de riz sont parfois même inondés faute de canal de drainage.

Pour les besoins des récoltes, ces paysans demandent à ce que l'Etat mette à leur disposition « des moissonneuse batteuses ». Parce que recourir aux méthodes « traditionnelles » prend beaucoup de temps, souligne Moussa Kamara.

Par ailleurs, « les canaux à travers lesquels passent l'eau » sont source de problèmes, selon Adama Kamara. Ils dépensent beaucoup d'argent et mettent du temps avant de démarrer les travaux. Ainsi l'accompagnement de l'Etat va booster la production agricole de ces riziculteurs.

ABOUBACRY HANNE, CHEF DE LA DIVISION APPUI A LA PRODUCTION ET A L'ENTREPRENARIAT RURAL A LA SAED

« Dans la commune de Matam, seuls 100 ha sur 285 ha sont exploités »

La rizière de Nawel est un périmètre irrigué villageois (Piv) faisant partie de l'union du casier de Matam, informe Aboubacry Hanne, Chef de la Division appui à la production et à l'entreprenariat rural à la Société nationale d'aménagement et d'exploitation des terres du Delta (Saed). « Le casier de Matam est composé de Matam, de Diamel, de Tiguere et de Nawel », précise-t-il. Et d'ajouter que sur les 285 hectares que possède la commune de Matam, seuls les 100 ha sont exploités. L'agent de la Saed pense que le gap qui reste peu être aménagé. « Il est tout fait possible d'étendre les périmètres pour booster considérablement la production », explique M. Hanne.

Le périmètre a été inondé l'an passé. C'est pourquoi un programme de Fond de maintenance des périmètres irrigués est en cours, dit-il. Pour un bon entretien des terres « les producteurs doivent mettre du sien », conseille-t-il.

Le planage du périmètre reste un souci mais ce spécialiste de l'aménagement « invite les propriétaires des champs » à utiliser le planage manuel. Pour le moment, la Saed est dans « l'optique de mettre en place des canaux en briques cimentées » mais également le système « Californienne » c'est-à-dire enterrer les tuyaux. Le chef de la division appui à la production et à l'entreprenariat rural a saisi l'occasion pour parler de l'emploi des jeunes. Il est convaincu que « l'agriculture est une alternative pour lutter contre le chômage ». Pour ce faire, l'Etat devrait « investir dans le domaine agricole » en aménageant des terres pour les jeunes. Parce que la région de Matam a le potentiel, dit-il.

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