Tunisie: Parents et enfants face au stress des examens - Quel est le bon comportement à adopter ?

20 Juin 2021

Le message est clair : il est impératif de cesser d'angoisser son enfant. Bien au contraire, il faut lui insuffler la confiance en soi. Selon le pédopsychiatre, Dr Wahid Koubaa, les parents doivent inciter leurs enfants à s'adonner au sport et à la lecture parce que ce sont des ingrédients importants pour leur épanouissement et leur réussite scolaire.

En cette période de l'année, la tension monte dans la plupart des familles tunisiennes. Les mères s'angoissent, les enfants stressent et les pères sont sur le qui-vive. Et pour cause : les examens de fin d'année. S'agit-il d'un simple passage de classe ou d'un concours national, les examens plombent l'ambiance familiale. Trop attentionnées, trop rigides ou trop exigeantes, les mamans, sous l'emprise de l'angoisse, transmettent, en effet, les sentiments d'anxiété et de peur à leurs enfants. Beaucoup de parents placent la barre très haut et font peser leurs désirs de "réussite et de succès" sur leurs enfants.

Appel au secours! Je m'angoisse et j'ai peur que mon enfant n'obtienne pas de bonnes notes !

Pas assez brillant, pas assez motivé, très cancre, très mou, mauvais en math, etc., la peur que son enfant n'y arrive pas, décroche ou ne soit pas parmi les meilleurs de la classe, tétanise aussi bien les parents --qui subissent la pression des injonctions d'excellence-- que les enfants eux-mêmes qui finissent, souvent, par culpabiliser et perdent confiance en eux. "Il est vrai que je m'angoisse lorsque mes enfants passent leurs examens. J'ai peur qu'ils ne soient pas suffisamment préparés ou qu'ils ratent leurs examens. Mais je suis consciente que la révision se fait tout au long de l'année. Et c'est ce qui me rassure, finalement, parce que, quotidiennement, j'aide mes enfants à faire leurs devoirs. J'ai confiance en leur capacité à exceller", témoigne Rim, 52 ans, mère de deux enfants, dont l'aîné est bachelier.

Chez Myriam, la trentaine, la famille expérimente pour la première fois cette chape de plomb qui pèse durant les périodes d'examens. Sa fille aînée qui a effectué, cette année, sa première année scolaire, doit réussir avec brio. Mais la jeune maman est consciente de l'angoisse qu'elle peut faire peser sur sa fille. Elle adopte, alors, une stratégie bien particulière. Pour détendre l'atmosphère après une longue journée de travail, elle laisse sa fille jouer avec ses voisines ou ses cousines, avant d'entamer son questionnaire. Pour elle, il est hors de question que son enfant subisse le stress des examens. C'est d'ailleurs ce que préconise le psychiatre Wahid Koubaa. "La période des examens est stressante pour les parents et pour les enfants. Les parents doivent éviter de mettre la pression aux enfants. Bien au contraire, ils doivent les rebooster et leur remonter le moral. Les enfants ont besoin d'être rassurés et c'est le rôle des pères et des mères de les aider à faire face au stress en leur disant que tout ira bien et que les efforts de préparation porteront à coup sûr leurs fruits. Il faut impérativement rassurer les enfants", explique le psychiatre.

Activités physiques, lecture et interactions sociales sont des ingrédients importants pour réussir le parcours scolaire

Comment les parents doivent-ils, alors, agir pour aider leurs enfants à décompresser? Selon le pédopsychiatre, il est obligatoire que l'enfant s'adonne à une activité physique régulière. Elle réduit le stress et dope la concentration. "Par exemple, on peut laisser l'enfant jouer avec les voisins dans le parc ou dans les parages de la maison. évidemment, il ne faut pas le quitter des yeux, mais l'activité physique est obligatoire. Parfois, il y a des élèves qui sont brillants, mais ils se trouvent tétanisés à l'approche des concours. Pour chasser le trac qui survient en période d'examens, il faut expliquer à l'élève qu'il n'a rien à craindre et que toutes les informations sont désormais mémorisées", ajoute Dr Koubaa. L'épanouissement de l'enfant, l'activité physique, l'interaction sociale avec l'entourage sont tout aussi importants que les études scolaires, affirme le pédopsychiatre. "L'intelligence sociale est un ingrédient indispensable pour la réussite de l'enfant.

Il peut, pour ce faire, fréquenter des clubs de musique, jouer avec ses amis, etc. Toutes les activités sociales lui permettent, en effet, d'acquérir des compétences qui lui seront utiles, demain, lorsqu'il va entrer dans la vie professionnelle. La sociabilité est devenue un des critères de choix à l'embauche. La lecture est également, cruciale. Elle est la clé de voûte de la réussite scolaire. Il faut encourager les enfants à lire et les aider à le faire s'il y a des lacunes constatées", souligne-t-il.

Autre consigne du médecin: éviter de donner des aliments à effet excitant aux enfants, tels que le café, les sodas, etc. ou des quantités importantes de jus parce qu'ils peuvent engendrer du stress. Mais pas que. Les jeux vidéos sont également déconseillés. Ils activent ce que les spécialistes appellent le circuit de la récompense et rendent l'enfant accro. Petit à petit, il s'isole et devient très violent si on essaie de l'éloigner des consoles.

Les parents doivent apprivoiser leurs angoisses

Qu'en est-il alors des parents? Comment faire pour baisser donc la charge mentale, surtout des mamans qui concilient travail, ménage et enfants qui doivent, coûte que coûte, réussir leur parcours scolaire? "Il faut que les parents comprennent une chose. Ils doivent parvenir à cette conviction : il vaut mieux un enfant qui obtient 14 de moyenne, épanoui, qui s'adonne à la lecture et qui pratique du sport, qu'un enfant qui a 16 de moyenne, mais qui est socialement isolé, pris par la trouille, sous l'emprise du trac et de l'angoisse", répond le psychiatre. Selon Dr Koubaa, les parents s'identifient beaucoup aux échecs et aux succès de leurs descendances au point qu'ils oublient que c'est de la vie de leurs mômes qu'il s'agit et non pas de la leur.

Une fois les examens terminés, place aux vacances! Il faut remplir le vide et occuper le temps libre en s'adonnant à des activités sportives, intégrant les scouts, les clubs, etc. C'est, en tout cas, ce que préconise le pédopsychiatre. Mais avant tout, il faut réduire au maximum le temps d'exposition à la télévision et aux smartphones. "L'enfant ne peut pas rester inactif.

Il doit occuper son temps par des activités diverses ludiques et bénéfiques. Il ne faut pas tomber dans le piège des solutions de facilité que sont la télévision et les smartphones. Ils sont très nocifs pour les petits et perturbent leur sommeil", a-t-il conclu.

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