Tchad: À Ndjamena, des Tchadiennes en colère manifestent contre les violences faites aux femmes

Une centaine de femmes étaient ce matin devant le Palais de justice à Ndjamena pour protester contre les violences faites aux femmes et l'impunité dont bénéficient les auteurs de ces crimes. Les manifestantes étaient furieuses après une nouvelle affaire de viol collectif.

Une jeune fille de 15 ans, Meram, a été violée par trois hommes, le mois dernier. Ces trois hommes ont filmé la scène et l'ont ensuite abandonnée dans la rue à peine consciente. L'affaire fait grand bruit, car les trois auteurs présumés seraient des fils de hauts-gradés.

Une information judiciaire est en cours pour viol et coups et blessures volontaires. Les suspects sont toujours à la maison d'arrêt de Klessoum, selon le procureur de la République.

Mais pour Épiphanie Jornag, une des organisatrices de cette marche, cette affaire est celle de trop. C'est pour ça qu'elles étaient une centaine à exprimer leur colère dans la rue : « On en a marre ! On a attendu, on a patienté... On croyait que la situation allait changer, mais on est restées au même point. Donc on veut vraiment dénoncer... Dénoncer ces formes de violence qui existent dans nos communautés depuis toujours et on n'en parle pas, on ferme les yeux ! On ferme la bouche, on ferme les oreilles... On veut aussi dénoncer l'impunité des auteurs de ces actes-là. Face à des tas de viols, on n'arrive pas à avoir gain de cause. »

Épiphanie Jornag demande à ce que la justice soit moins laxiste sur ce genre d'affaire : « On veut vraiment que la justice assure vraiment la répression de ces auteurs-là ! On nous dit : "Allez dénoncer ça à la police, allez dénoncer ça". Les auteurs sont en prison et le lendemain on les retrouve dans la rue ! Alors ça sert à quoi d'aller vers cette justice-là ? Je pense que la raison, c'est qu'on n'a pas encore conscience de la gravité de la chose. Et le cas de Meram, c'est celui de beaucoup de femmes au quotidien... »

Plus de: RFI

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