Libye: Crise libyenne - Cheikh Farah Jaâbiri pour une solution africaine

Le Premier ministre libyen Fayez al-Sarraj serrant la main de la Chancellière allemande, Angela Merkel.
interview

Discrète depuis l'éclatement de la crise libyenne malgré sa notoriété reconnue, la communauté ibadite s'est exprimée pour la première fois, à Brazzaville, par la voix de son guide spirituel, Cheikh Farah Jaâbiri.

Venue échanger avec le président congolais, Denis Sassou N'Guesso, qui dirige le Comité de haut niveau de l'Union africaine, l'autorité morale et religieuse dont l'influence s'étend de la Libye à l'Algérie, en passant par la Tunisie, a expliqué aux Dépêches de Brazzaville le bien-fondé du soutien que sa Communauté apporte à l'option d'une solution africaine à la crise libyenne telle que défendue par l'organisation continentale.

Sur les motivations de son séjour à Brazzaville

Cheikh Farah Jaâbiri : C'est en ma qualité de référence spirituelle de toute la Communauté Ibadite de l'Afrique du Nord, que je suis venu rencontrer le président Denis Sassou N'Guesso sur invitation de la Fondation Brazzaville(1). Nous avons eu une rencontre fraternelle, un échange de vues franc et fructueux à propos de la paix et de la stabilité en Libye. Et lorsque l'on parle de la Libye, on parle de son environnement immédiat, à savoir l'Afrique du Nord et les pays du Sahel. Nous sommes du même avis avec le président que pour maintenir la paix et la stabilité dans cette région, il faut commencer par résoudre le conflit libyen.

Sur le sommet prévu, le 23 juin, à Berlin, en Allemagne, auquel tous les acteurs ne sont pas conviés, en particulier le Comité de haut niveau de l'Union africaine sur la crise libyenne.

C.F.J : Chacun a sa politique. En tant que Communauté Ibadite, nous essayons d'œuvrer à une solution africaine à la crise libyenne. C'est notre point de convergence avec le président Denis Sassou N'Guesso.

Sur la position de la Communauté Ibadite vis-à-vis du maréchal Khalifa Haftar, installé à Benghazi, et du Premier ministre libyen, Abdelhamid Dbeibah, en poste à Tripoli.

C.F.J. : La Communauté Ibadite est basée au Sud de Tripoli, mais nous avons aussi la chance d'être présents à l'Est ; cela nous permet d'avoir des contacts avec les forces vives politiques qui se trouvent dans cette partie de notre pays. Quel que soit l'ancrage géographique de notre Communauté, notre volonté est de rapprocher les points de vue, d'arrêter de verser le sang et de pousser les Libyens à la réconciliation sous l'égide de l'Union africaine.

Quel message de la Communauté Ibadite aux armées et milices des pays étrangers qui se trouvent en Libye ?

C.F.J. : Les forces étrangères présentes en Libye doivent quitter, de même que les Libyens doivent donner la preuve qu'ils sont capables de s'entendre entre eux sans ingérence étrangère. En conclusion, les forces étrangères n'ont pas vocation à rester en Libye. L'histoire nous enseigne que les étrangers, un jour ou l'autre, finissent par quitter.

(1) La Fondation Brazzaville est dirigée par Jean-Yves Ollivier

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