Congo-Kinshasa: Sud-Kivu - Du Biogaz pour la prison centrale d'Uvira

communiqué de presse

Les pensionnaires de la prison centrale d'Uvira, dans la province du Sud-Kivu, disposent désormais d'une nouvelle source d'énergie combustible : le biogaz. Grace à un financement de la MONUSCO, un projet pilote de biogaz a été inauguré dans cette maison carcérale en mai dernier. Ajouté à cela, la construction d'une boulangerie, la mise en œuvre d'une pisciculture ainsi que la rénovation de l'établissement pour femmes.

Ces projets ont officiellement été lancés par le Représentant spécial adjoint, chargé de la protection et des opérations, Khassim Diagne, en mai dernier à Uvira, en présence du ministre provincial de la Justice, représentant le gouverneur de province, du chef de l'administration pénitentiaire, du directeur de la prison militaire, du maire d'Uvira, ainsi que de plusieurs autres officiels congolais et des représentants de la MONUSCO et des agences du système des Nations unies, sans oublier les représentants des organisations de la société civile locale.

« C'est la Monusco qui vient en appui aux autorités congolaises dans leurs efforts de stabilisation de l'Est du pays et ses efforts ne sont pas seulement des efforts d'appui militaire mais ces efforts s'inscrivent dans le cadre de la restauration de l'Etat de droit et des réformes institutionnelles engagées par le gouvernement congolais pour pouvoir pacifier ces régions de l'Est », a expliqué Khasim Diagne.

Tout en reconnaissant que, parmi les activités de la MONUSCO, « c'est le soutien aux forces de défense de sécurité congolaises que la population généralement connaît », le chef adjoint de la Mission a précisé que « il y a tout un programme derrière qui vise effectivement à renforcer la capacité du gouvernement congolais, des autorités congolaises, surtout au niveau provincial et local. »

Pour sa part, le maire de la ville, Kiza Muhato, a salué les efforts de l'administration pénitentiaire de la MONUSCO pour l'amélioration des conditions de vie dans les prisons, dans le cadre de son mandat de lutte contre l'impunité.

« La ville d'Uvira, qui n'a que 2 ans d'existence, compte à ce jour une salle polyvalente à l'hôtel de ville, un système de biogaz, une boulangerie et une unité de pêche lancés à la prison centrale urbaine d'Uvira. Que toute l'équipe de la Monusco trouve ici nos sentiments de gratitude et d'encouragement », a-t-il dit.

Le projet de biogaz tombe à pic pour cette prison construite en 1948. D'une capacité moyenne de 150 détenus, elle accueille actuellement 1281 détenus, dont neuf femmes, et quelque 21 mineurs, non séparés des adultes.

La surpopulation extrême a mis à rude épreuve le système d'égouts de la prison, provoquant le déversement de déchets fécaux dans le périmètre de la prison. Ce qui a entraîné l'apparition de maladies d'origine hydrique et de lieux de reproduction pour les moustiques, entraînant une augmentation conséquente de cas de maladies.

En outre, le déversement des eaux usées a pollué l'environnement et la communauté se plaint constamment des mauvaises odeurs, ce qui constitue également un danger permanent pour la population. D'autant que ces mêmes déchets provenant de la prison sont l'un des facteurs de pollution du lac Tanganyika.

Le biogaz vient donc résoudre un problème sanitaire majeur, en éliminant du circuit les déchets organiques qui seront désormais transformés en gaz combustible. Il va également améliorer l'hygiène et fournir une source d'énergie alternative à la prison. Le projet a coûté au total 47 169,28 USD, dont 32 169,28 USD provenant des fonds programmatiques de l'unité correctionnelle de la MONUSCO et le reste, 15 000 USD, du fonds des projets à impact rapide de la Mission.

Ledit projet a été exécuté début 2021 par des experts du Rwanda, avec Prison Fellowship-DRC comme partenaire d'exécution.

Le biogaz est un gaz produit par la fermentation de matières organiques en l'absence d'oxygène. Ce gaz combustible est composé essentiellement de méthane et de dioxyde de carbone. Il peut être brûlé sur son lieu de production pour obtenir de la chaleur et de l'électricité.

En plus du biogaz, d'autres projets ont été réalisés par la MONUSCO dans cette prison.

« Il y a le mur de clôture qui a été construit et le concertina [fil barbelé] posé. Il y avait la construction de quatre miradors ; il y a maintenant le projet de biogaz. Il y avait également la construction des quartiers pour femmes parce qu'à ce moment-là, les femmes n'étaient pas complètement séparées. Donc nous comptons travailler pour voir de quelle manière nous pouvons augmenter la capacité de de cette prison », a expliqué Madame patience Sai, cheffe de la section de Correction Unit.

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