Mali: Blocus jihadiste sur le village de Dinangourou

Une patrouille mixte de la force française Barkhane et des Fama, l'armée malienne, dans les rues de Ménaka (photo d'illustration).

Cinq blessés ont été évacués dimanche 20 juin par la Minusma dans le cercle de Koro, région de Mopti, dans le centre du pays. Des civils, qui venaient de subir une attaque jihadiste, plusieurs sources locales parlent également de six morts. Un bilan non confirmé par l'armée malienne, ni par la Mission onusienne, à ce stade. Les victimes sont des habitants du village de Dinangourou, qui est sous blocus jihadiste depuis le 2 mai.

Dinangourou, village du pays dogon, est en conflit avec les jihadistes locaux de la katiba Macina, affiliée au Jnim, le Groupe de soutien à l'Islam et aux musulmans, dirigé par Iyad Ag Ghaly et lié à al-Qaïda au Maghreb islamique. Depuis un mois et demi, ce village vit sous blocus jihadiste, comme avant lui celui de Farabougou.

Les villageois étaient partis chercher du carburant, lorsque les jihadistes de la katiba Macina les ont attaqués. Ces villageois de Dinangourou, armés -une brigade d'auto-défense a été constituée-, ont tenté sans succès, de forcer le blocus imposé par les jihadistes depuis le 2 mai.

« Ils empêchent les gens de Dinangourou de sortir et ils empêchent aussi les gens de rentrer à Dinangourou. Ils les empêchent en bloquant les routes », témoigne un habitant, qui précise que ceux qui essaient malgré tout « subissent des sévices corporels ». « Beaucoup de personnes ont été battues ».

Pourtant, un accord intercommunautaire avait été conclu dans le cercle de Koro en février dernier, censé assurer la libre-circulation des habitants. Mais selon plusieurs sources locales, les jihadistes de la katiba Macina, reprochent à des jeunes de Dinangourou d'avoir continué, malgré cet accord, de collaborer avec les militaires maliens, qui possèdent un camp dans le village. Les jihadistes les accusent notamment de communiquer des informations aux soldats, de leur servir de guide, ou encore d'empêcher des bergers peuls de se rendre aux foires.

Une médiation a été initiée : des chefs de villages, des religieux, un membre du Conseil communal ont rencontré les jihadistes ces derniers jours. Sans succès. Des notables de Dinangourou, joints par RFI, lancent un appel aux autorités maliennes, pour assurer leur protection. Dans le village, denrées alimentaires, essence et médicaments, commencent à manquer.

« Par exemple, les denrées alimentaires, le carburant, les médicaments et la nourriture, tout cela manque. La population souffre quand même. Sous embargo, ce n'est pas facile que le village puisse tenir comme ça. »

Plus de: RFI

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