Madagascar: Université Maninday - Toliara - Des étudiants se rétractent dans la forêt

Le calme est revenu au campus universitaire de Toliara depuis le paiement des allocations de bourses vendredi. Mais la paix est loin d'être acquise car des étudiants se cachent loin pour « survivre ».

Ils sont indiqués comme « meneurs de grève » et sont traqués par les forces de l'ordre. Ces étudiants, présidents d'associations d'étudiants, réunis au sein de la Fédération des associations des étudiants de l'université de Toliara, se cachent... pour vivre... heureux. « Nous sommes obligés de partir loin du campus et loin de la ville de Toliara car nous nous sentons menacés. La menace est partout. De la part des forces de l'ordre qui nous accusent d'avoir fomenté ces incendies et ces destructions de biens, de la part du Conseil de discipline de l'université et de la part d'autres étudiants. Mais je réitère qu' incendier des biens n'a jamais fait partie de notre stratégie de lutte pour nos droits » explique Justin Burto, vice-président de la fédération des associations des étudiants de l'université de Toliara.

Depuis jeudi, avec huit autres étudiants, ils se camouflent en attendant que la situation se calme. Ils disent avoir envoyé une lettre d'explications aux diverses instances justifiant le fait qu'ils n'ont rien à voir avec les manifestations violentes suivies de destructions de biens d'autrui. Ils font appel à la ministre de l'Enseignement supérieur. Ils accusent par ailleurs d'autres étudiants membres de l'ancienne fédération d'associations, qui sont devenus quelque part « leurs adversaires », d'avoir perturbé la grève pacifique que l'équipe du président actuel de la fédération, a menée pour que l'État paie leurs bourses et valide leurs diplômes.

Dessous

Le CIRGN Atsimo Andrefana, le général Nixor Tsitambala, répond qu'effectivement ils sont encore recherchés pour avoir créé des troubles. Treize étudiants et non étudiants ont été arrêtés et déférés au parquet pour avoir participé à des attroupements armés, vu que des flèches, des pierres, des bois ronds ont été utilisés lors des manifestations. « Seize autres ont été arrêtés et enquêtés vendredi. Ils ont été relâchés mais leurs dossiers ont été envoyés au tribunal. Des patrouilles circulent quand même afin de garder la sécurité du campus et de la ville » souligne-t-il.

Un étudiant relâché raconte qu'ils ont été maltraités durant leur détention, ce que le CIRGN conteste. Pour le président de l'université de Toliara, il n'y a pas eu lieu de déclencher une grève, vu que le calendrier de paiement allait sortir. « Les équipements et les bourses du premier jusqu'au quatrième mois ont déjà été payés au mois de mars. Le reste allait être payé avant la fête nationale. Dire qu'ils n'ont obtenu que le premier mois est faux. C'est le comportement de certains étudiants que je déplore car quand ils ont entamé la grève et que des individus ont été appréhendés, le président de la fédération lui-même a menacé de couper ma tête au sens propre du terme si ces amis ne sont pas relâchés » explique Andriamanantena Razafiarison, président de l'université de Toliara.

Qui a payé qui et qui a intérêt à créer ces troubles ? Difficile d'obtenir des noms pour l'heure. Difficile d'avoir des réponses sur la provenance des armes à feu. Devant tout cet imbroglio, le colonel Jules Rabe, ancien chef de région d'Atsimo Andrefana, s'est proposé en intermédiaire, surtout quand les étudiants ont refusé de négocier avec les autorités locales. La situation s'est améliorée. explique-t-il. Six cas de fomentation ont été tués dans l'œuf à Toliara, grâce à lui, finit-il .

Plus de: L'Express de Madagascar

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