Maroc: Juste retour à la raison ou simple tact diplomatique ?

Arancha González Laya se dit prête à considérer toute solution que le Maroc mettra sur la table

«J 'insiste : nous sommes prêts à considérer toute solution que le Maroc mettra sur la table» à propos de la question du Sahara.Ce sont les propos de la ministre espagnole des Affaires étrangères, Arancha González Laya, lors d'une interview qu'elle a accordée la fin de la semaine dernière au quotidien espagnol, Lavanguardia. «Concernant la question du Sahara, nous avons toujours été extrêmement prudents. Nous comprenons parfaitement que le Maroc a une grande sensibilité sur cette question.

Cette attitude respectueuse passe notamment parle fait de ne pas chercher à influencer la position que les Etats-Unis peuvent adopter. Nous voulons une solution négociée dans le cadre des Nations unies. Dans ce cadre, nous sommes prêts à considérer toute solution que le Maroc propose, tout en gardant à l'esprit qu'il n'appartient pas à l'Espagne de servir demédiateur, puisque ce rôle doit être joué par les Nations unies », a précisé la ministre espagnole, en ajoutant : « Nous convenons avec les Etats-Unis que la solution doit être promue parles Nations unies. Et nous convenons aussi que cette ligne doit être redynamisée, toujours dans le plus grand respect du Maroc ».

Depuis quelques jours, Arancha González Laya enchaîne les déclarations et les signes d'apaisement envers le Maroc. Mais s'agit-il d'un changement de ton, d'une réelle volonté d'apaisement, ou d'une habile manœuvre visant à désamorcer la crise diplomatique entre Madrid et Rabat que la ministre espagnole a elle-même déclenchée, alimentée et attisée par ses malencontreuses attitudes et déclarations hostiles au Maroc? « Je ne m'attends pas à grand chose de cette dame », a martelé Moussaoui Ajlaoui, expert associé à Ames-center dans une déclaration à Libé.

Selon lui, les propos de la ministre des Affaires étrangères sont destinés à la consommation interne et à l'opinion publique espagnole pour lui signifier que le gouvernement espagnol fait tout pour normaliser ses  relations diplomatiques avec Rabat. « De plus, la déclaration d'Arancha González Laya est fort ambiguë. D'une part, elle assure que l'Espagne est prête à considérer toute solution que le Maroc mettra sur la table, et d'autre part, elle affirme que la solution doit être promue parles Nations unies», a souligné Moussaoui Ajlaoui, avant de préciser que la proposition de la ministre espagnole n'est pas sérieuse.

« Si l'Espagne a une nouvelle approche à propos de la question du Sahara qu'elle en décline les principales lignes ». Le chercheur marocain estime, par ailleurs, que González Laya tente également d'envoyer des signaux d'apaisement vers le Maroc. «Il faut également surtout souligner que la déclaration de Laya coïncide avec la marche de soutien au Polisario organisée à Madrid par Unidas-Podemos qui fait partie de la coalition gouvernementale. Par ces propos, la ministre espagnole voudrait éviter une réaction de la part de Rabat à cette nouvelle provocation », a encore souligné Moussaoui Ajlaoui.

Même si les ministres de cette coalition ont préféré ne pas prendre part à cette marche, de nombreux parlementaires et eurodéputés y étaient présents, tels que Miguel Urban, Antón Gómez Reino, Idoia Villanueva ou encore Manu Pineda. Et dans le cadre de la surenchère politicienne de certaines formations politiques espagnoles, le parti d'extrême droite Vox a demandé au Congrès d'exiger du gouvernement la suspension de toute coopération avec le Maroc, en attendant la résolution de la crise diplomatique et le respect des accords migratoires par le Royaume.

Les députés de Vox ont présenté au Congrès une proposition de loi dans laquelle ils demandent au gouvernement de suspendre « la coopération internationale au développement, y compris toute coopération technique, économique, financière et d'éducation, tant que les relations diplomatiques ne seront pas rétablies et que les traités et accords surles migrations, en particulier ceux afférents à la gestion des flux migratoires, ne seront pas respectés », a souligné l'agence espagnole Europa Press.

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