Afrique: Covid-19 - Création du 1er centre de transfert de technologie pour les vaccins à ARNm, un grand pas en avant selon l'OMS

22 Juin 2021

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) soutient un consortium sud-africain dans l'établissement du premier centre de transfert de technologie pour les vaccins à ARNm contre la Covid-19, a annoncé lundi l'agence onusienne.

Ce centre permettra aux fabricants des pays en développement de recevoir une formation sur la production de vaccins et les autorisations nécessaires pour le faire, dans le cadre des efforts mondiaux visant à élargir l'accès aux traitements vitaux.

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Le consortium sud-africain comprend une société de biotechnologie appelée Afrigen Biologics and Vaccines, qui servira de plaque tournante en fabriquant des vaccins à ARNm et en assurant la formation d'un autre fabricant appelé Biovac.

Cette initiative fait suite à l'appel lancé par l'OMS en avril aux entreprises publiques et privées pour qu'elles manifestent leur intérêt pour la création de centres de transfert de technologie afin que les pays à revenu faible et intermédiaire puissent répondre à leur besoin urgent de vaccins, dans un contexte de pénurie critique.

Un moment clé

« L'annonce d'aujourd'hui est un grand pas en avant pour l'Afrique du Sud, et pour le monde. J'espère que ce sera un moment clé pour l'augmentation de la capacité de production en Afrique pour les vaccins COvid-19, mais aussi pour les futurs vaccins », a déclaré le chef de l'OMS, Tedros Adhamon Ghebreyesus, lors de son point de presse bihebdomadaire depuis Genève.

L'ARN messager, ou ARNm, donne l'ordre aux cellules de fabriquer une protéine qui génère une réponse immunitaire dans l'organisme, produisant ainsi les anticorps qui assurent la protection contre une maladie.

C'est la base des vaccins Pfizer/BioNTech et Moderna contre la Covid-19, utilisés par les gouvernements du monde entier et l'initiative mondiale de solidarité vaccinale COVAX, soutenue par les Nations Unies.

« Cette technologie est potentiellement plus facile à mettre en oeuvre à grande l'échelle que d'autres technologies vaccinales et pourrait être plus rapide et plus facile à adapter aux variantes préoccupantes », a déclaré Dr Tedros.

Le rôle de l'OMS consiste à établir les critères de transfert de technologie, à évaluer les demandes et à élaborer des normes, tandis que les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies fourniront des conseils par le biais du Partenariat pour la fabrication de vaccins en Afrique.

Changer le discours

Le Président sud-africain Cyril Ramaphosa a souligné l'importance de ce centre pour le continent.

« La capacité de fabriquer des vaccins, des médicaments et d'autres produits liés à la santé contribuera à mettre l'Afrique sur la voie de l'autodétermination », a-t-il déclaré, s'exprimant par liaison vidéo.

« Grâce à cette initiative et à d'autres, nous changerons le récit d'une Afrique qui est un centre de maladies et de mauvais développement et créerons un récit qui célèbre nos succès dans la réduction du fardeau de la maladie, dans la progression de l'autonomie et aussi dans la progression du développement durable », a ajouté le dirigeant sud-africain.

Des hauts et des bas

L'annonce du pôle de technologie, ainsi que des autres en cours de préparation, intervient alors que les cas de Covid-19 dans le monde diminuent pour une huitième semaine consécutive et que les décès ont baissé au cours des sept dernières semaines consécutives.

Tout en se félicitant de ces bonnes nouvelles, le Dr. Tedros a déclaré que les nouvelles infections et les décès restaient élevés dans le monde, avec plus de 2,5 millions de cas et 64.000 décès signalés la semaine dernière.

Le rythme de la baisse a ralenti dans la plupart des régions et chaque région compte des pays qui connaissent une augmentation rapide du nombre de cas et de décès.

En Afrique, les cas et les décès ont augmenté de près de 40% au cours de la semaine dernière, tandis que certains pays ont vu leur nombre tripler ou quadrupler.

« Alors qu'une poignée de pays ont des taux de vaccination élevés et voient maintenant un nombre plus faible d'hospitalisations et de décès, d'autres pays d'Afrique, d'Amérique et d'Asie sont maintenant confrontés à de fortes épidémies », a déclaré le Dr Tedros, ajoutant que ces cas et ces décès sont en grande partie évitables.

Plusieurs facteurs sont à l'origine de ces augmentations, notamment la propagation accrue des variantes du virus qui suscitent des inquiétudes, une plus grande socialisation, l'utilisation inefficace des mesures de santé publique et des mesures sociales, et l'inégalité face aux vaccins.

« L'accès inéquitable aux vaccins a démontré qu'en cas de crise, les pays à faible revenu ne peuvent pas compter sur les pays producteurs de vaccins pour répondre à leurs besoins », a-t-il déclaré.

L'OMS continue de faire pression pour un plus grand partage des connaissances, des technologies et des licences afin de stimuler la fabrication de vaccins, ainsi que pour la renonciation aux droits de propriété intellectuelle correspondants.

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