Congo-Kinshasa: "Renforçons l'unité nationale en luttant contre les valeurs qui la menacent", exhortent les Évêques

Kinshasa — Il y a des signes positifs de renforcement de l'unité nationale, mais à côté de ceux-ci il y en a d'autres qui menacent la cohésion du pays, affirment les Évêques de la République démocratique du Congo, dans le message publié à la fin de la 58ème Assemblée plénière de la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo).

La succession au sommet de l'Etat, qui a eu lieu avec l'élection du Président Félix Tshisekedi, a marqué un tournant qui a été salué comme suit par les évêques : " Nous avons apprécié les premiers gestes du président de la République, en particulier l'apaisement du climat politique et une plus grande liberté d'expression dans les médias, la libération des prisonniers politiques et d'opinion, le retour au pays des exilés politiques, la mise en œuvre de l'éducation de base gratuite, et maintenant la proximité avec nos frères et sœurs touchés par l'éruption du volcan Nyiragongo " (voir Fides 2/6/2021).

" Ces gestes renforcent l'unité et la cohésion nationale du Congo ", poursuit le message transmis à l'Agence Fides. "Cependant, nous constatons que cette unité est de plus en plus menacée par des dévalorisations telles que le népotisme, le tribalisme, le régionalisme, le clientélisme, l'exclusion des opposants politiques, les pratiques et les discours qui affaiblissent les liens sociaux. Cet état de fait brise le rêve commun et sape la cohésion nationale à de multiples niveaux."

Parmi les désavantages qui affligent la RDC, les Évêques soulignent l'énorme fossé qui sépare une majorité qui se bat pour vivre décemment et une minorité de personnes qui ont amassé des richesses toujours plus grandes. "La majorité de la population reste confrontée à l'extrême pauvreté. Bizarrement, à côté d'elle, il y a toujours une poignée de compatriotes qui s'enrichissent outrageusement sans raison. Certains se demandent si cela n'est pas le résultat de la corruption et du détournement de fonds publics à des fins personnelles. Cette situation a également un impact négatif sur la cohésion nationale, car elle creuse davantage le fossé entre les riches et les pauvres."

La corruption est répandue à tous les niveaux, mais particulièrement ressentie dans le système judiciaire, au point que le message indique que "pour beaucoup de nos compatriotes, le système judiciaire est considéré comme un espace pour régler les comptes et pardonner les injustices. La corruption, hélas, semble être le principal moyen de gagner une affaire. De plus, la loi laisse place au copinage, au régionalisme, au tribalisme et au népotisme. La cohésion nationale est ainsi mise à mal, notamment lorsque la justice est utilisée pour éliminer des concurrents politiques."

Dans leurs recommandations finales, les Evêques s'adressent notamment à la population "pour qu'elle soutienne toute bonne initiative de notre gouvernement, au-delà de ses tendances politiques ; pour qu'elle continue à faire face à la pandémie de coronavirus en respectant les mesures de confinement et en se faisant vacciner pour se protéger et protéger les autres ; pour qu'elle reste vigilante en vue des élections de 2023." Enfin, une journée de prière pour l'unité nationale sera organisée le 30 juin, jour de l'indépendance nationale.

Plus de: Agenzia Fides

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