Congo-Brazzaville: Niari - Kibindouka, Mbouma et Malolo II menacés par des pollutions

L'information a été donnée par le compte-rendu de la mission réalisée récemment dans ces trois localités du district de Louvakou par les membres de la Rencontre pour la paix et les droit de l'homme (RPDH) dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Intégrité dans les initiatives climatiques comme REDD+» financé par l'Agence française de développement (AFD) et FGMC 2 en collaboration avec le FCDO,

Les paysans des villages Kibindouka, Mbouma et Malolo II sont à la merci, depuis 2017, des pollutions des rivières, des sols, des expropriations sans indemnisation et des conflits fonciers du fait des activités des entreprises mais aussi des conflits entre les communautés locales et la société de riziculture dénommée Agri Ressources, indique le compte-rendu de la RPDH.

La mission conduite par Séverin Fabrice Kimpoutou, chercheur, et Jeiss Michelle Miyalou, assistant Cajac, a eu pour but, d'une part, de consulter les parties prenantes sur les processus Redd+ et la Contribution déterminée au niveau national (CDN) et, d'autre part, suivre et contrôler la mise en œuvre des droits des communautés locales et populations autochtones de la localité.

La rencontre avec les directions départementales de l'Agriculture, de l'Economie forestière, de l'Environnement, des Populations autochtones, de la Pêche, de l'Elevage ainsi qu'avec les organisations de la société civile (OSC) locales et les journalistes a permis aux délégués de l'ONG de rendre compte des difficultés que connaissent les populations des trois villages.

En effet, la société Agri Ressources installée dans ce département a exproprié les paysans de leurs champs depuis 2017 sans suite. Elle a même saccagé leurs bananeraies, après leur avoir fait des promesses d'indemnisation demeurées vaines à ce jour. De même, l'utilisation des engrais chimiques par cette société pollue les terres et rivières. Ce fait a été confirmé par le chef du comité du village de Mbouma.« Nos rivières sont polluées, à chaque fois que nous y allons pour faire la lessive où se laver, nous avons des irritations sur la peau.

Nous craignons désormais de souffrir de la cécité car les substances utilisées par la société sont très dangereuses», s'est-il plaint avant d'ajouter que leurs champs ont été délocalisés et ils sont obligés de parcourir de longues distances à pied pour aller travailler. La représentante des femmes rurales du village Mbouma a aussi déclaré que, depuis l'installation de cette entreprise, les rivières sont polluées, alors qu'elles y plongent leurs tubercules de manioc pour la fermentation et la transformation. Le constat fait est que le manioc a finalement une odeur et une saveur mauvaises, il ne garde plus sa couleur d'origine et devient noir ou violet.

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