Congo-Brazzaville: Criminalité faunique - Les acteurs judiciaires invités à renforcer la surveillance

Le ministre de la Justice, des Droits humains et de la Promotion des peuples autochtones, Aimé Ange Wilfrid Bininga, a ouvert le 22 juin l'atelier de formation des membres de la chaîne pénale du Congo aux points clés de la lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages, à l'exploitation forestière et des ressources naturelles illégales.

L'atelier est organisé par l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime afin de mobiliser les autorités judiciaires pour assurer la convergence de leurs interventions dans le domaine des écosystèmes. L'objectif est de renforcer les capacités judiciaires des Etats membres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) pour lutter contre la criminalité liée aux espèces sauvages et au trafic illicite des ressources naturelles.

La formation regroupe du 22 au 24 juin à Brazzaville les magistrats, les agents de l'environnement, la police judiciaire, la douane, des forêts et d'intervention afin de leur permettre d'enquêter sur les infractions liées aux ressources naturelles et à en poursuivre les auteurs.

Les enseignements seront axés sur le cadre juridique international de la criminalité transnationale, la politique pénale en matière faunique et forestière, le blanchiment de capitaux, lutte contre la corruption. Ils bénéficieront également des travaux de groupe avec scénario.

La cérémonie d'ouverture de cette formation a été marquée par plusieurs allocutions prononcées tour à tour par l'ambassadeur de l'Union européenne au Congo, Raul Mateus Paula, le coordonnateur résident du Système des Nations unies au Congo, Chris Mburu ainsi que les membres du gouvernement.

Raul Mateus Paula a expliqué que la criminalité liée aux espèces sauvages transcende les frontières nationales surtout lorsque les Etats membres de la CEEAC sont en plein phase d'intégration régionale.

Selon lui, l'Union européenne a accordé un financement de plus de trois milliards francs CFA aux Etats membres de la CEEAC dans le cadre de la lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages et au trafic des ressources naturelles. Ce financement, poursuit-il, s'inscrit dans le cadre plus vaste de réformes et de renforcement des capacités de la CEEAC. Il vise également à soutenir le renforcement institutionnel en matière d'application de la loi et de poursuite des Etats membres de la CEEAC ainsi qu'à la coopération dans la lutte contre la criminalité faunique.

Par ailleurs, le coordonnateur résident du Système des Nations unies au Congo, Chris Mburu, a assuré le gouvernement congolais de l'appui de l'Union européenne à lutter contre l'exploitation et le trafic d'espèces protégées. « Nous croyons que la préservation de l'environnement et la réponse à l'exploitation criminelle et à la contrebande font partie intégrante du développement durable », a-t-il indiqué.

Pour la ministre de l'Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo, Arlette Soudan Nonault, la protection des espèces terrestres : animaux, plantes et insectes a une importance capitale dans la lutte contre le changement climatique pour la survie de l'homme. Actuellement près de sept mille espèces de plantes et des animaux sont victimes de criminalité.

« Il y a une volonté politique qui s'est exprimée en soi. Jamais il y a eu des sanctions élevées qui ont été aussi prononcées dans le cadre de l'arrestation des braconniers au Congo. Ceci a été souligné dans plusieurs communications », a-t-elle indiqué.

La ministre de l'Economie forestière, Rosalie Matondo, pour sa part, a émis le souhait de mettre en place des mécanismes rigoureux de préservation des patrimoines avec l'application des lois. « Le braconnage séquestré et entretenu par les réseaux mafieux internationaux bien organisé et lourdement armé qui profite de la porosité des frontières des Etats a entrainé au cours de ces dernières décennies un déclin de 60 % des espèces phares : Pangolin, panthère, éléphant gorille », a-t-elle souligné.

Notons qu'à l'ouverture des travaux, le ministre Aimé Ange Wilfrid Bininga a rappelé les différents instruments juridiques internationaux ratifiés par le Congo pour les crimes sur les espèces sauvages. « Le Congo a adhéré à la Convention des Nations unies contre le trafic illicite de stupéfiants et des substances psychotropes conformément à la loi depuis 2003 », a-t-il indiqué, ajoutant que « le pays dispose d'un cadre juridique adéquat dans le domaine de la protection des écosystèmes ».

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