Burkina Faso: Crise sécuritaire au pays

Policiers burkinabès (archive)

Il y a péril en la demeure

Deux semaines après le massacre de Solhan dans la région du Sahel au Burkina, qui avait coûté officiellement la vie à 132 personnes, les terroristes ont encore fait parler d'eux. En effet, des éléments de la Police nationale ont été la cible d'une embuscade sur l'axe Barsalogo/Foubé dans le Centre-Nord du pays alors qu'ils se rendaient à Yirgou pour une relève. Le bilan non encore officiel, au moment où nous tracions ces lignes, fait état de 10 policiers tués et de nombreux autres portés disparus.

Pendant ce temps, des sources sécuritaires parlent d'une débandade généralisée à Titao, dans la région du Nord où des déplacements massifs de populations ont été signalés au cours de ces dernières semaines. Et ce n'est pas tout. Car, les groupes armés ont réussi à imposer un blocus aux populations de Tankoalou dans la région de l'Est où il est interdit aux populations d'aller cultiver leurs champs respectifs en cette saison des pluies. Le comble, c'est que les groupes armés ont aussi interdit tout accès et toute entrée dans le village sus-nommé. Tant et si bien que les populations, de guerre lasse, ne savent plus à quel saint se vouer ; tant la situation, chaque jour qui passe, ne fait qu'empirer.

La solution du pire serait de baisser les bras

C'est d'ailleurs un truisme de le dire dans la mesure où une bonne partie du territoire échappe au contrôle des Forces de défense et de sécurité (FDS) qui, on le sait, se battent au péril de leur vie pour que le Burkina puisse encore tenir debout. Cela dit, on ose espérer que la création des Forces spéciales, annoncée le 9 juin dernier, contribuera à inverser la tendance de sorte à desserrer l'étau autour de notre pays plus que jamais menacé dans son existence.

On en vient d'ailleurs à déplorer que face à la gravité de l'heure, la classe politique, réunie du 17 au 19 juin 2021, à l'effet de plancher sur la crise sécuritaire, n'ait pas pu parvenir à un consensus. Or, à l'allure où vont les choses, le réveil risque d'être douloureux. D'où la nécessité de taire nos divergences pour constituer un front uni face à l'ennemi commun qui, depuis bientôt six bonnes années, n'a de cesse d'endeuiller des familles tout en mettant à rude épreuve notre vivre-ensemble. Certes, la situation actuelle de notre pays est difficile, mais la solution du pire serait de baisser les bras. Car, comme l'avait si bien rappelé le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, « personne ne viendra défendre notre pays à notre place »

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