Sénégal: Plaidoyer pour la mise en place d'une plateforme nationale de dialogue sur l'alimentation

Dakar — Le secrétaire exécutif du Conseil national pour la sécurité alimentaire (SE-CNSA), Jean Pierre Senghor, a plaidé mardi pour la mise en place d'une plateforme nationale de dialogue sur l'alimentation au Sénégal, afin d'en finir avec l'insécurité alimentaire "d'ici 2035".

"Je sollicite vraiment une synergie d'actions de la part de tous les acteurs, pour mettre en place une plateforme pérenne de dialogue et d'intégration de connaissances sur les enjeux et défis de l'alimentation au Sénégal, afin que cette question lancinante de l'insécurité alimentaire soit derrière nous d'ici 2035", a-t-il déclaré.

M. Senghor intervenait lors d'un forum sur les perspectives alimentaires au Sénégal, organisé par le SN-CNSA et dont l'objectif est de promouvoir des modes d'alimentation qui préservent durablement la santé des populations sénégalaises.

Le ministre de l'Agriculture et de l'Equipement rural, Moussa Baldé, ainsi que la représentante-résidente du Programme alimentaire mondial (PAM), Fatiha Terki, participaient à cette rencontre.

Etaient aussi présents, plusieurs spécialistes de la santé, des experts de la sécurité alimentaire nutritionnelle, des membres de la société civile, des ONG et associations de consommateurs.

Selon Jean Pierre Senghor, "trente-sept mille ménages sont aujourd'hui dans une situation d'insécurité alimentaire avec une projection pouvant aller jusqu'à soixante-et-un mille ménages durant la période de soudures des mois de juin, juillet et août."

A l'en croire, "un plan de riposte" a été établi et transmis aux autorités. "Mais si nous ne changeons pas d'approche et de paradigmes, on sera encore là à débattre, même en 2035", a-t-il prévenu.

Pour le secrétaire exécutif du Conseil national pour la sécurité alimentaire, cette réforme "mérite une réflexion nourrie", "de la fourche à la fourchette", incluant notamment "la qualité nutritionnelle et sanitaire des mets que nous consommons au quotidien."

Pour ce faire, dit-il, "il nous faut passer de la gestion à la prévision des crises, sortir de nos chantiers battus, imaginer d'autres façons de faire, proposer de nouveaux terroirs résilients pour la construction de réserves, construire une réponse structurante pour élaborer ainsi le guide de l'alimentation."

Selon le président de l'Association des consommateurs du Sénégal (ASCOSEN), il incombera à cette nouvelle plateforme en gestation de résoudre trois questions cruciales indispensables à la sécurité alimentaire, à savoir la disponibilité de la ressource, l'évolution des habitudes alimentaires vers des repas sains ainsi que la certification et la traçabilité des produits du terroir.

Le représentant du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR), Déry Gaye, a mis l'accent sur la nécessité d'assainir et de préserver les espaces dédiés à l'agriculture.

Il a également sollicité la mise en place d'un organe de contrôle de la qualité intrinsèque des aliments ainsi que l'installation d'unités de stockage pour une perspective alimentaire durable.

"Amorcé en 2019 par le SN-CNSA, le forum sur les prospectives alimentaires au Sénégal a depuis lors, enregistré l'adhésion de quarante-sept organisations", a fait savoir le ministre de l'Agriculture et de l'Equipement rural, Moussa Baldé, qui présidait cette rencontre.

Les travaux issus de ce forum vont servir de document de base à la prochaine participation du Sénégal au sommet Nations unies sur les systèmes alimentaires (UNFSS) et le sommet de la nutrition pour la croissance (N4G) qui aura lieu au Japon en décembre 2021.

Dans le cadre de la "décennie d'actions des Nations unies 2016-2025 pour la nutrition mondiale", le système onusien "s'engage résolument à accompagner les Etats à changer leurs modes de production à travers ces deux évènements phares prévus cette année", a de son côté indiqué la représentante-résidente du Programme alimentaire mondial (PAM), Fatiha Terki.

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