Madagascar: 61 ans de la République - Nouvel élan de développement

Note positive - La santé publique sur la voie de la guérison

À quelque chose malheur est bon. La lutte contre la propagation du coronavirus a mis en évidence la nécessité d'avoir des infrastructures hospitalière à même d'accueillir un nombre important de contaminés par le mal. Alors que déjà durant la Transition, 2009-2014, le président Andry Rajoelina a pu sentir cette nécessité absolue. Il a décidé de construire les « Hopitaly Manara-penitra » au niveau de quelques districts. Sans le soutien es bailleurs de fonds traditionnels. Aujourd'hui devenu Chef de l'État, reconnu par le monde entier, il poursuit sur cette lancée. En ajoutant la construction des CSB-II tout aussi aux normes. Dont l'efficacité dans le traitement de proximité des malades de la Covid-19 s'est révélée être décisive.

Le personnel médical, toutes professions confondues, a été mis à l'honneur par des primes exceptionnelles et le recrutement de nombreux paramédicaux.

Au moment où la seconde vague de l'épidémie a frappé la population de plusieurs villes du pays. Mais cette lutte acharnée a aussi hissé la souveraineté nationale à un niveau digne de son rang. Par la fabrication du CVO, infusettes ou décoction, et du CVO+, gélules ou injections, par Pharmalagasy. Une usine ultramoderne bâtie en quelques mois, sur les ruines de l'OFAFA, laissée à l'abandon depuis belle lurette.

Une synthèse de la pharmacopée malgache connue pour sa diversité et ses vertus curatives à traiter même des maladies qualifiées d'incurable. Qu'importe les médisances véhiculées par les partisans du colonialisme sous toutes ses coutures, tout autour du CVO.

Il s'agit d'une volonté affichée, d'une détermination à toute épreuve de se soustraire et de s'affranchir des fourches caudines des grosses pointures de l'industrie pharmaceutiques. Qui amassent aujourd'hui des milliards de dollars sur le commerce inéquitable du vaccin. Devenu une potion magique à polémique.

- En toute indépendance

Un défilé militaire en nocturne dans un stade flambant neuf. C'est le signe du changement qui s'opère dans le pays. Il a fallu attendre soixante bonnes années pour que le pays se dote d'un stade digne des exploits de ses sportifs, de ses jeunes, de ses ambitions. Pour un pays dont la population est composée de 60 % de jeunes de moins de 25 ans, la construction d'un stade est loin d'être un caprice. Au contraire il y a longtemps qu'on aurait dû y penser. Pourquoi un domaine qui mobilise toute la population ne mérite-t-il pas d'être une des priorités de l'Etat?.

Le contexte de pauvreté ne doit pas constituer un obstacle pour avancer. La pauvreté n'a jamais cessé d'empirer depuis quarante ans alors qu'on n'a pas construit un seul stade digne de ce nom. On a bâti en trente ans le tiers d'un stade pour une seule discipline. Ailleurs chaque discipline a son stade.

La construction d'infrastructures sportives distingue le pouvoir actuel. D'aucuns ironisent qu'elles ne servent à rien, que la priorité doit être la famine dans le Sud, le coronavirus, les prix des denrées alimentaires, l'insécurité, le chômage... Le fait est qu'à cause de la mauvaise gouvernance des dirigeants successifs, le retard s'est cumulé pendant plusieurs décennies que tout est désormais urgent. On ne sait plus par quel bout prendre les problèmes. Ce qui est certain c'est que les exploits sportifs à travers le monde ont donné une certaine notoriété au pays, une fierté certaine à la population toute entière. Certes, les stades ne produisent pas mais le sport doit être considéré comme une école de la vie.

Malgré la pandémie du coronavirus, les projets du gouvernement sont arrivés à terme. La célébration de la fête nationale aurait été grandiose si tout était normal. D'autres projets auraient été lancés. Seulement depuis deux ans, tout est chamboulé par ce diable de coronavirus. Une lueur d'espoir apparaît actuellement avec la baisse des cas nouveaux. L'organisation du défilé militaire avec l'assistance du public est un sérieux indice du retour à la normale de la vie. Il reste à savoir si le feu d'artifice sera aussi de la partie. Dans tous les cas, tout est parti pour qu'on fasse la fête en toute... indépendance.

61 ans d'indépendance - D'une République à l'autre, grandeurs et décadences

D'une nation considérée comme l'une des plus prospères en Afrique. À l'un des pays les plus pauvres au monde. Voilà le raccourci de l'histoire de la République de Madagascar qui fête ses 61 ans d'existence.

Les crises politiques successives ont eu raison des acquis des différentes républiques. Une constatation souvent sortie des séminaires, colloques, conférences-débats, ateliers, congrès, forums, organisés avec le soutien et l'appui des partenaires techniques et financiers, nouvelle appellation des bailleurs de fonds, très motivés pour tenir ces genres de rencontres pour échanger des idées « reçues ». Ces déductions sont tout à fait exactes. Car pour accoucher d'une nouvelle république, il a fallu que des révolutions éclatent, explosent. Pour tout remettre en cause. Qualifiées de mouvements populaires, elles n'étaient pas toujours justifiées.

Par exemple, aux lendemains de l'indépendance retrouvée des années 60, les Malgaches vivaient plutôt dans l'opulence. À titre d'illustration de cette belle époque, de simples enseignants et instituteurs des Écoles primaires publiques, EPP, avec leurs salaires dérisoires, pouvaient construire de belles maisons, s'acheter des voitures, 404 familiale de préférence. Aujourd'hui les maîtres-Fram qui ont supplanté ces dévoués de l'éducation nationale, éprouvent les pires difficultés à boucler le mois. Même intégrés dans le Corps des agents de l'État, ils vivent dans une délicate situation.

En général, durant cette période de douceur, les foyers malgaches avaient de quoi mener une existence tranquille. Mais tout cela n'a pas suffi à convaincre une poignée de gauchistes, déterminés à renverser le régime du Parti social démocrate, PSD ou Pisodia, du père de l'indépendance, Philibert Tsiranana. Ils ont manipulé à leur guise la grève estudiantine d'Ankatso, partie de l'école de médecine de Befelatanana. Manandafy Rakotonirina, « l'agitateur né » revendiquait la paternité du « mai malgache », un peu le pendant du « mai 68 » en France. Avec comme fil conducteur, l'abolition de ce que les leaders de la contestation entendaient par « le néocolonialisme français ». Philibert Tsiranana et les Pisodia ont été taxés, à tort et à travers, d'être des marionnettes d'une tutelle française omnipotente et omniprésente.

13 mai 1972

Après le « samedi noir » du 13 mai 1972, Philibert Tsiranana a remis les « pleins pouvoirs » au général de division Gabriel Ramanantsoa. Mais cette « passation jugée anticonstitutionnelle » par des politiciens côtiers allait laisser des traces. D'autant que le pouvoir transitoire du général de division Gabriel Ramanantsoa a supprimé l'impôt per capita, « Hetra isan-dahy », dénoncé par Manandafy Rakotonirina et ses compagnons de lutte comme étant un symbole du néocolonialisme français. Or, les recettes découlant de cette imposition fiscale personnalisée a financé les budgets provinciaux. Ce qui a irrité des jeunes officiers côtiers. Dans la nuit de la Saint-Sylvestre 1974, ils sont passés à l'acte. Mais ratent leur cible. Le concerné, bien renseigné par ses service secrets, le « fameux deuxième bureau » a pu quitter à temps sa résidence, la « Villa des Roses » à Faravohitra. Pour ne pas envenimer davantage un conflit militaro-civil latent et explosif, « le héros » a jeté gants et képi le 25 janvier 1975.

Concessions essentielles

Un départ qui va porter à la barre du pays le capitaine de corvette Didier Ratsiraka. Après l'assassinat dans des conditions non-encore élucidées du colonel Richard Ratsimandrava, dans la nuit du 11 février 1975, une semaine après sa nomination à la tête de l'État.

Étant ministres des Affaires étrangères du gouvernement de dix membres de Ramanantsoa, Didier Ratsiraka, a dirigé la délégation malgache pour renégocier « l'Accord de coopération » avec la France à Paris en avril 1973. D'âpres discussions ont eu lieu. Une occasion en or pour Didier Ratsiraka de faire étalage de l'étendue de sa culture générale. Des prestations qui ont impressionné la partie française conduite par Jean- François Deniau. À l'issue de cette bataille diplomatique d'une bonne facture, Madagascar a obtenu deux concessions essentielles et majeures de l'ancienne puissance coloniale. La sortie du giron de la zone-Franc, avec l'acte de naissance du FMG, et le retour de la Base aéronavale d'Antsiranana sous le pavillon de l'armée malgache.

Plus tard, quand il était arrivé au pouvoir, le dimanche 15 juin 1975, et que des journalistes lui demandaient les conséquences de cette brusque rupture avec la France, Didier Ratsiraka répondait « qu'il n'a fait que concrétiser les désidératas populaires, hetahetam-bahoaka, exprimés en mai 72 ». Comme la malgachisation de la langue et la pédagogie de l'enseignement, la nationalisation des secteurs stratégiques de l'économie. Eau et électricité, assurances, banques et établissements financiers, hydrocarbures en amont et en aval, même la distribution cinématographique a été placée sous la coupe de l'État.

Ces deux options ont été autant d'échecs pour la révolution nationale démocratique, le prélude du vrai socialisme, selon Didier Ratsiraka. Les écoliers, baignés dans leur enfance par la langue française, n'étaient plus en mesure de maîtriser le malgache.

D'autant que la malgachisation au forceps des cours et des exercices, avec des livres et des documents didactiques en nombre limité, n'a pas dépassé la classe de troisième. Dès la seconde au terminale, jusqu'aux universités, il fallait revenir aux cours en Français. Il a été question de « génération sacrifiée » par ces changements mal préparés, conçus à la va-vite, animés par la seule obsession de « la lutte de classes », autant au sens propre que figuré. Pour en finir avec « les écoles inégalitaires ou sekoly miangatra » du système français. Selon les arguments avancés par les « Rouges et Experts », les intellectuels proches de Manandafy Rakotonirina, formant le noyau dur du parti politique MFM. Qui a aussi prôné et inculqué chez les Malgaches « la dictature du prolétariat » ou « Fanjakan'ny madinika ». Avec les résultats endurés jusqu'à aujourd'hui. Toute idée des communes à chasser les marchands irréguliers des trottoirs a échoué. Les charretiers refusent de respecter des « heures de travail » imposées par les autorités communales. Cet esprit « de la descente dans la rue », insufflé depuis mai 72 a instauré l'anarchie et l'indiscipline.

Économie planifié

Pour ce qui est de l'économie planifiée, calquée sur le modèle « de réussite » soviétique et sud-coréen, il a débouché sur une pénurie généralisée des Produits de première nécessité, PPN. Il a fallu faire la queue dès 3 heures du matin pour avoir une bouchée de pain, un kilo de riz, un litre d'huile, du sucre et du savon. Tout a été rationné. Les belles dames malgaches étaient en voyages « d'à faire » à La Réunion, pour revenir avec des savonnettes et des déodorants « Fa », des sous-pulls multicolores. Et même des pneus pour les rares voitures en circulation.

C'était au début des années 80 où les entreprises nées des investissements à outrance ont fermé la porte, quelques temps après leur inauguration en grande pompe dans la pure et pire tradition de l'Arema au pouvoir. Faute d'études de marché et par l'insuffisance des matières premières, ces unités industrielles, une louable initiative tout de même, n'ont pas pu tourner comme prévu. Par exemple, le Sud Madagascar Textile, Sumatex, a été implanté à Toliara alors que les vastes cultures de coton se trouvent plutôt dans la province de Mahajanga.

Face à tant de difficultés, Didier Ratsiraka, pour qui la souveraineté nationale n'est pas négociable, a été contraint d'aborder des pourparlers avec le Fonds monétaires international, FMI et la Banque Mondiale. Deux institutions aux mains des capitalistes-impérialistes. Madagascar a été soumis sous le régime du Programme d'ajustement structurel, mis au PAS, comme disaient les opposants du pouvoir révolutionnaire. Les Malgaches ont découvert la notion de dévaluation monétaire, par l'abandon progressif du taux de change fixe du FMG face au dollar. Un dollar valait 250 FMG. Les automobilistes devaient s'accommoder des variations des prix à la pompe. L'État- providence cédait, peu à peu, sa place à une économie de marché où quelques opérateurs opportunistes ont fait leur apparition. Battu au premier tour de la présidentielle du 12 mars 1989 par Didier Ratsiraka qui a raflé la mise pour 62% de voix des suffrages exprimés, Manandafy Rakotonirina, encore lui, commençait à critiquer ces nouvelles orientations économiques.

« Tant que nous maintenons la constitution socialiste, nous allons souffrir des conditionnalités des bailleurs de fonds, sans avoir des lignes de crédits suffisantes pour relancer l'économie. Il faudra abandonner ce texte fondamental dépassé par les choix économiques ». Didier Ratsiraka s'en tenait à « son bébé », alors que ces « aristarques » se réunissent sans cesse, sous la bannière et avec la bénédiction du FFKM, l'incarnation de l'opposition morale. Ensemble ils ont créé la plateforme des « Forces vives » rassemblant tous les frustrés du ratsirakisme. Affaibli qu'il était par la chute du mur de Berlin, la dislocation de l'URSS, et la démocratisation en marche de l'Afrique depuis le discours de La Baule de François Mitterrand.

Mais il a fallu une grève générale et illimitée de six mois sur la Place du treize mai, la « Convention du 31 octobre » instituant la Haute autorité de l'État, HAE, présidée par le professeur Albert Zafy, des soubresauts des fédéralistes, pour que Didier Ratsiraka accepte la présidentielle anticipée de 1992- 1993. Albert Zafy, un ancien collègue dans le gouvernement Ramanantsoa, lui succède le 27 mars 1993. Avec la démocratie et l'intégrité « fahamarinana », comme socle de son mandat.

Mais il a été victimes des propres turpitudes des Forces vives. Craignant une éventuelle victoire de Didier Ratsiraka, elles ont élaboré la constitution de la troisième république, en donnant la part belle des prérogatives aux députés. Qui pouvaient élire et investir le Premier ministre avec des pouvoirs élargis. Me Francisque Ravony s'est engouffré dans la brèche et ses relations avec « l'homme au chapeau de paille » ont été des plus exécrables.

Référendum

Excédé par cette privation, Albert Zafy organise un référendum pour reprendre la main sur la primature. Ce qui va causer sa perte. La « majorité à géométrie variable » de l'Assemblée nationale, comme le disait si bien son président, le pasteur Richard Andriamanjato, lui joue un vilain tour de passe passe. Par une motion d'empêchement déposée à la Haute cour constitutionnelle, HCC. Auparavant, les frondeurs de Tsimbazaza, ont déjà censuré le Premier ministre autoproclamé, le docteur vétérinaire Emmanuel Rakotovahiny, victime d'un remède de cheval.

Marc Ravalomanana

La HCC valide l'empêchement d'Albert Zafy le 4 septembre 1996. Désigne Norbert Lala Ratsirahonana, chef d'État et de gouvernement, chargé d'organiser une présidentielle anticipée dans les 90 jours qui suivent la constatation par la HCC de la vacance de poste à la présidence de la République.

La fin de l'union sacrée des Forces vives va permettre à Didier Ratsiraka de revenir au pouvoir le 10 février 1997. Mais un homme audacieux va lui tordre le cou. D'abord, Marc Ravalomanana se présente aux communales de la capitale sous les couleurs de Tiako Iarivo. Le PDG du Groupe Tiko a gagné avec une facilité déconcertante. Comme l'appétit vient en mangeant « du yaourt », il a fait de son poste un tremplin pour briguer la présidence de la République. Sous le label de Tiako i Madagasikara. Trop impatient, il réclame une victoire au premier tour de la présidentielle de décembre 2001. Sans attendre la fin des décomptes de voix. Le vendredi 22 février 2002, il s'autoproclame Président de la République, devant des juges ramassés dans la rue, dans un stade de Mahamasina, plein comme un œuf. Didier Ratsiraka, s'estimant être dans la légalité constitutionnelle, a érigé des barrages pour infliger l'embargo économique aux habitants de la capitale, fief de son rival. Après un bras de fer de six mois, par milices interposées, Marc Ravalomanana, adoubé par une grande partie des forces armées légales, a eu la reconnaissance américaine dans l'après-midi du 26 juin 2002.

Quelques jours plus tard, le 5 juillet, Didier Ratsiraka est parti en exil aux Seychelles puis en France, à bord d'un Falcon affrété par les autorités françaises. Marc Ravalomanana devenait ainsi le premier Merina président de la République, premier protestant à occuper une telle fonction et le premier opérateur économique à assumer une si lourde responsabilité. Et il n'a pas tardé à confondre caisse de l'État et trésorerie d'entreprise. Tout en éliminant les concurrents directs. Comme Andry Rajoelina, sur le marché des panneaux publicitaires. Celui-ci, pris en tenaille par Marc Ravalomanana, au summum de sa puissance et de sa mégalomanie, a décidé d'embrasser une carrière politique. En posant sa candidature à la mairie de la capitale.

Des réalisations probantes

Un pari osé face au PDS Hery Rafalimanana, soutenu par des membres du gouvernement du général Charles Rabemananjara. Avec des réalisations probantes lors des Jeux des îles de 2007. Mais dans la soirée du mercredi 12 décembre 2007, anniversaire de Marc Ravalomanana, Andry Rajoelina a fait l'impossible. Battre à plate couture, 64 contre 36% des voix, le poulain du TIM. Il s'agit d'un vote-sanction contre le président en exercice sur le déclin, estiment les analystes politiques.

Révolution «orange»

Ils ont eu raison, sous la pression combinée de la révolution « Orange » menée par Andry Rajoelina et la sédition d'une partie des Forces armées, Marc Ravalomanana a pris la fuite en Swaziland puis en Afrique du Sud le mardi 17 mars 2009. Andry Rajoelina, débarrassé de celui qui l'a érigé en ennemi politique, a été investi président de la Haute autorité de transition, HAT. Non-reconnue et sanctionnée par la communauté internationale. Cela n'a pas empêché Andry Rajoelina de construire des hôpitaux Manarapenitra, le Coliseum de Madagascar, la réhabilitation de la mairie de la capitale, incendiée le 13 mai 1972, et celle de la ville de Toamasina laissée à l'abandon, quelques axes routiers. Dans la foulée, il a fait adopter par voie référendaire l'acte de naissance de la quatrième République le 11 décembre 2010. En dépit d'une forte abstention de l'électorat.

Après la parenthèse du régime HVM, présidé par Hery Rajaonarimampianina, un seul mandat de 2013 à 2018, trop éphémère pour être jugé, Andry Rajoelina est de retour au pouvoir. Cette fois-ci par la grande porte d'une élection présidentielle, préparée et organisée par la communauté internationale. Investi à la magistrature suprême le 19 janvier 2019, il a obtenu le soutien financier des bailleurs de fonds. Mais son régime fait face aux séquelles d'une gestion compliquée de la crise sanitaire mondiale, générée par la pandémie du coronavirus. Andry Rajoelina met en avant ses nombreux acquis sur le plan des infrastructures publiques et communautaires. Stades de football, écoles et hôpitaux « Manara-penitra », routes nationales, projets présidentiels : « Fihariana » , Fly-over « Tanamasoandro » , Maisons de la culture, téléphériques, réseaux de chemins de fer, restauration de la sécurité... pour faire valoir ses ambitions pour la vraie émergence de Madagascar.

Ses opposants, eux, veulent de la transparence dans les répartitions des fonds covid. Exigeant plus de dotations aux volets sociaux. Par une meilleure répartition du Budget de l'État. Andry Rajoelina voit ressurgir le spectre de l'ombre horrifiante de Marc Ravalomanana à l'horizon 2023. Le nouveau rendez-vous des deux principaux protagonistes des crises politiques depuis 2009.

« Après la parenthèse du régime HVM, présidé par Hery Rajaonarimampianina, un seul mandat de 2013 à 2018, trop éphémère pour être jugé, Andry Rajoelina est de retour au pouvoir »

Gouverneurs régionaux - Des défis à relever sous peine de risques d'évaluation sévère

Les populations locales et leur supérieur hiérarchique attendent de pied ferme les Gouverneurs de régions sur leur bilan, plus d'une année après la nomination de certains d'entre eux. Outre le débat concernant leur nomination directe par l'Exécutif, leur bilan provisoire et leur capacité à peaufiner des projets qui tiennent la route, ont été soulevés ces derniers temps.

Des résultats probants. C'est ce que le président de la République, Andry Nirina Rajoelina, attend des Gouverneurs de région dès leur nomination au compte goute depuis fin 2019. On peut estimer que si les Gouverneurs en poste depuis ce temps ont été maintenus, c'est qu'ils étaient à même de répondre aux attentes du chef de l'État et, par ricochet, à celles de la population.

Les Gouverneurs étaient toujours encouragés par le Président à collaborer avec les députés et les maires. Ce qui n'est pas toujours aisé, surtout quand les élus ne sont pas du même bord politique que les Gouverneurs qui, pour la plupart, ont été désignés par rapport à leur loyauté vis-à-vis du président de la République.

Dans la plupart des cas, c'est sur le terrain des infrastructures que les Gouverneurs ont évalué jusqu'à présent. Car c'est le critère le plus pertinent, d'une manière générale, pour les populations. D'autant que le président de la République les a mis au défi de construire ou de réhabiliter 10 à 20 kilomètres de routes en pavés et une centaine de kilomètres de pistes par an. À rappeler, en effet, que les Gouverneurs sont plus particulièrement concernés par les routes intercommunales, si la réhabilitation et l'entretien des routes nationales sont plutôt du ressort du ministère en charge des Travaux publics.

Désenclaver des communes isolées

Dans la région Atsimo-Atsinanana, à titre d'exemple, le Gouverneur Justin Mahafaky a tenu à réitérer récemment que, malgré les difficultés, « aucune localité ne doit être oubliée ». Un tronçon de route en pavés de quelques kilomètres entre Vondrozo et Vangaindrano a été ainsi récemment réceptionné. « L'objectif est de faciliter l'accès de la population à l'hôpital Manara-penitra de Vondrozo », a expliqué un collaborateur du Gouverneur. La mobilité a été l'une des priorités du Gouverneur depuis sa nomination, en sachant que cette partie de la Grande île n'a pas été toujours gâtée en matière d'infrastructures routières malgré les appels incessants des populations des zones enclavées.

Autre exemple dans le même registre, toujours en ce mois de juin, le Gouverneur de la région Bongolava, Joseph Ramiaramanana, vient d'inaugurer un pont et une portion de route réhabilitée menant vers la localité de Beambiaty. Des réalisations qui ont été concrétisées, « grâce à une franche collaboration avec la Commune d'Antsahalava » selon le Gouverneur.

La plupart des Gouverneurs, après plus d'une année de mission, affichent une certaine satisfaction. Chacun a tenté d'évoluer en fonction des priorités de leur circonscription, outre les efforts qu'il fallait consacrer aux défis établis par le président de la République. Et plus particulièrement celui qui a trait à la mobilité des populations locales. Il faut se rappeler aussi que le premier conseil des Gouverneurs qui s'est tenu à Antsohihy en octobre 2020 avait clairement défini l'ultime objectif, à savoir « Concrétiser la décentralisation effective et accélérer le processus de développement ».

La présidence de la République avait spécifié en outre que « chaque Gouvernorat pourra, de manière autonome, élaborer des projets de développement répondant aux réalités de sa région, mobiliser des ressources supplémentaires et rattraper ainsi son retard en matière de santé, infrastructures, éducation, développement économique, social et culturel. Les Gouverneurs disposent également d'une liberté d'action envers les urgences touchant l'intérêt général de sa propre région et peuvent réclamer un budget additionnel dans un bref délais ». Mais, justement, les budgets sont-ils à la hauteur de ces défis ? L'Exécutif a alloué un milliard d'ariary à chaque gouvernorat au début, puis 5 milliards d'ariary depuis 2020. Mais il est difficile pour les Gouverneurs d'afficher une entière satisfaction. Tant les enjeux de développement sont énormes.

Élections régionales

Sur un tout autre registre, les efforts fournis par les Gouverneurs pour répondre aux attentes du Chef de l'Etat, et, surtout, à celles de la population n'éclipsent cependant pas les discussions au sujet de la nomination des Gouverneurs de région alors que, depuis le début, la présidence de la République a bel et bien mis l'accent sur la nécessité d'une décentralisation « effective ».

« Les ambitions relatives à la mise en place de la décentralisation risquent de rester au stade de vœu pieu si les périodes transitoires s'éternisent », explique un administrateur civil qui tenait à réitérer que depuis des décennies il était déjà question d'élection des premiers responsables au niveau des régions à Madagascar. Pour tous les régimes successifs, les enjeux socio-économiques ont été toutefois priorisés par rapport aux questions politiques politiciennes.

Relance en souffrance - Le coronavirus asphyxie l'économie

Une bonne note pour le régime. Après deux années d'hésitation, un programme avec le Fonds monétaire international, FMI, a été conclu. Avec ses avantages et surtout ses contraintes.

Une issue prévisible et souhaitée. Du moins par le milieu économique et financier. Le gouvernement et le FMI, après près d'un mois de discussions d'un niveau technique assez élevé, ont fini par trouver un terrain d'entente. Il a été d'abord annoncé un Accord sommaire le 12 février où dans un communiqué signé pat Charalambos Tsangarides, « moniteur en chef » des missions d'évaluation du FMI, les engagements du gouvernement et les recommandations du principal partenaire financier ont été écrits noirs sur blanc. Il s'agit d'un pas essentiel sur le long sentier tortueux de la remise à flot d'une économie exsangue. Par la suite, le 29 mars, le Conseil d'administration du FMI débloque 69 millions de dollars sur les 312 accordés au titre de la Facilité élargie de crédit, FEC. En réponse à la première vague de la pandémie du coronavirus, le FMI a « fait un don non-remboursable » de 333 millions de dollars pour Madagascar. 900 pour la Côte d'Ivoire d'Alassane Ouattara, ancien boss du FMI.

Aucune conditionnalité n'a été imposée en contrepartie de cette générosité. Si ce n'est la transparence sur la répartition budgétaire de ces mannes financières tombées du ciel. Le ministre de l'Économie et des finances, Richard Randriamandrato, durant son rapport d'activités pour 2020, a insisté devant les députés que « tous les mouvements des flux financiers destinés à lutter contre le coronavirus sont perceptibles sur le site du ministère. Mis à jour pour être fiables » a-t-il martelé. En guise de réponse et de réplique aux insinuations des activistes de la société civile et des militants de l'opposition. Selon lesquelles « des millions de dollars auraient été affectés à des projets futiles, mais à la gloire des dirigeants ».

Attitude conciliante

Avec l'octroi de la FEC, la perception de Madagascar à travers le prisme parfois déformant du monde des affaires et des finances a, peut-être, changé. Le pays a gagné une espèce de garantie morale sur la crédibilité du programme du gouvernement. Sans que le contenu du PEM n'ait été divulgué en public. Cette attitude conciliante, coopérative mais bienveillante du FMI ne peut que rassurer les autres bailleurs de fonds. Autant de signal fort envoyé aux éventuels investisseurs désireux de s'installer. Le pays a plus que besoin d'eux et leurs capitaux frais pour espérer une vraie relance de l'économie, étouffée par la crise sanitaire. Quand bien même, l'incertitude qui plane autour du tour du monde du coronavirus peut dissuader les plus courageux d'entre eux à vivre l'expérience endémique malgache.

Il appartient maintenant au gouvernement de tenir et respecter ses engagements. Le FMI attend des dépenses plus conséquentes pour les secteurs sociaux qui ne bénéficient qu'une part infime du Budget général. Des députés ayant eu connaissance du Projet de loi de finances rectificative pour cette année évoque un surplus de 60 milliards d'ariary pour l'éducation nationale, la santé publique, la population et la promotion des femmes, l'eau - l'assainissement - et l'hygiène. Ce qui paraît assez modeste comme bonus eu égard aux immenses défis du moment. La déperdition scolaire persiste par le déficit du nombre d'enseignants, le manque d'infrastructure et de matériels didactiques, la pauvreté ambiante dans le milieu rural et urbain poussent et contraignent les enfants à quitter très tôt le chemin des écoles pour subvenir aux besoins de leurs familles.

L'adduction d'eau potable exige de gros investissements. La construction du pipeline dans le Sud qui traine en longueur, c'est le cas de le dire, illustre les difficultés pour arriver à étancher la soif de la population. Et la pandémie du coronavirus a mis à nu les défaillances du système sanitaire du pays, rongé par des maux croisés. Il a fallu prendre des mesures hâtives dans l'urgence de la situation. Comme le recrutement massif des paramédicaux, au chômage technique depuis des années. Ou la transformation des établissements hôteliers en hôpitaux de fortune. Pour le FMI et la Banque Mondiale, il serait plus juste d'affecter à ces domaines prioritaires les subventions excessives et improductives, accordées par l'État à ses sociétés en faillite. Comme la Jirama où il est désormais question de rentabilité d'exploitation par l'ajustement de ses tarifications en électricité. Cela s'appelle réformes structurelles.

L'autre souci majeur du FMI a trait à la mobilisation des recettes publiques. Soit une augmentation significative du taux de pression fiscale ramené au PIB. Tout se complique de ce côté à cause de la seconde vague du coronavirus au premier trimestre. Même partielles, dans le temps et dans l'espace, les mesures restrictives de l'état d'urgence sanitaire, ont ralenti les activités économiques. Alors que tout le monde espérait une relance effective. De nombreuses entreprises, encore convalescentes, supplient pour avoir un moratoire fiscal auprès de la Direction générale des Impôts, DGI. Celle-ci a beaucoup fait pour inciter le paiement en ligne par la création des plateformes innovantes en ligne afin de faciliter les tâches des assujettis. Ne serait- ce que pour éviter les incessants déplacements au bureau du fisc. Dans le court terme, il est à prévoir l'intégration de 800 000 contribuables dans le circuit formel. Le pays ne compte que la moitié de ce chiffre pour le moment. En 2023, le taux de pression fiscale devrait atteindre les 15% du PIB. Pour cette année, il oscillerait entre 9 et 10% du PIB.

Recul

Pour le taux de croissance globale de l'économie, il serait de 4,3% selon le Premier ministre Christian Ntsay. Après un recul de -3,2% l'an passé, ce serait un véritable exploit d'arriver à ce niveau de progression. Dans la mesure où les activités liées au tourisme, une des mamelles nourricières de cette dynamique positive, demeurent tributaire de la réouverture des frontières aériennes.

Et voilà qu'un conflit malsain éclate à propos de la validité ou non des cartes de vaccination anti-covid des uns et des autres. Alors que les industries extractives connaissent des hauts et des bas. Si Ambatovy a repris sa production de nickel et cobalt avec de bonnes perspectives par la hausse du nombre des voitures électriques sorties des usines des constructeurs automobiles, Kraoma se débat toujours dans des situations plus que chaotiques pour trouver des solution fiables et viables, afin de tirer profit du gisement intarissable du chrome. Et les explorations d'ilménite à Ranobe par Base Toliara, sont encore suspendues par un sournois conflit d'intérêts.

Enfin, sur le front de l'inflation, les prévisions officielles tablent sur un glissement annuel en-dessous des 7%. Mais quand les ménages à faible revenu achètent le litre d'huile entre 8000 et 10 000 ariary, le kilo du riz toujours au-delà des 2000 ariary, peu auront le cœur à faire la fête ce 26 juin. Le virus de la misère risque de se propager davantage.

Modernisation de Madagascar - « Nous sommes en plein dedans »

Logements sociaux, nouvelles villes, flyover, Miami, stades « manarapenitra », rocades etc. La construction et/ou la réhabilitation de nombreuses infrastructures ont été annoncées par Andry Rajoelina aussi bien dans ses Velirano que lors de ses interventions publiques durant la pandémie. De nombreux travaux sont apparemment en cours. Néanmoins, les questions de priorités se posent.

Dans son Velirano 11, le Président s'est engagé à promouvoir l'Habitat et à moderniser Madagascar. Et à en croire Augustin Andriamananoro, Directeur général en charge des Projets présidentiels au sein de la Présidence de la République, « nous sommes en plein dedans ». « Pour ce qui est des logements sociaux, on a par exemple, sur la route d'Ivato, des buildings flambant neufs qui sont actuellement en cours de livraison. On est également en phase de lancer l'appel d'offre pour la construction d'autres logements sociaux à Tamatave. Il y a les cent cinquante logements qui ont été inaugurés récemment à Majunga. Et il va y en avoir d'autres partout dans l'île, à Antsiranana, à Toliara et à Antananarivo, et surtout dans la ville nouvelle » a-t-il déclaré. Rappelons qu'en termes de logements sociaux, les promesses présidentielles étaient d'en construire 50 000 durant ses cinq années de mandat, soit vingt sept logements par jour. A ce jour, « neuf immeubles à quatre étages sur les trente huit prévus pour le compte de la Capitale » sont en cours de finition. « Les vingt neuf bâtiments restants pour le compte de la Capitale connaîtront un début d'exécution très prochainement » souligne la Direction générale des Projets présidentiels (DGPP) dans un communiqué en date du 27 mai dernier. « Peut-être que la capacité réelle de nos entreprises malgaches ne permettent pas encore d'atteindre cette performance de vingt sept logements par jour mais avec le temps, je pense qu'on pourra améliorer le résultat » admet le Directeur général.

Pandémie

Priorités aux routes. Face à la pandémie et à toutes les restrictions imposées par la situation, le ministère en charge de l'Aménagement du Territoire et des Travaux publics (MATP) sur lequel reposent tous ces travaux de modernisation de Madagascar a « fait le choix de prioriser le secteur des Travaux publics ». Il était en effet question pour ce département ministériel « de permettre l'entretien du patrimoine routier et des infrastructures d'une part, mais aussi d'assurer la continuité des services rendus aux usagers, pour ne pas trop pénaliser une économie déjà mise à rude épreuve d'autre part ». Tous les dégâts causés par les cyclones sur les routes nationales ont été traités soutient le MATP dans son rapport. Aussi, selon le rapport des réalisations 2020 du ministère, « 14 343,03 km de routes ont été construites/réhabilitées, entretenues et opérationnelles ». Ce, contre « 774,30 km en 2019 ». Et toujours en termes de routes, « les travaux préliminaires sur les constructions des deux Flyovers seraient actuellement en cours de réalisation ».

Outre les routes, on a assisté à la construction et/ou réhabilitation de plusieurs autres grandes infrastructures telles que les stades, les hôpitaux... « Nous avons encore du pain sur la planche. Il y a des chantiers qui sont en cours. Et il y a des travaux qui sont déjà finis, notamment les stades » déclare Augustin Andriamananoro. En ce qui concerne l'aménagement du territoire, il a surtout été question de mettre à la disposition des collectivités des outils de planification territoriale et de planification du territoire maritime, tels que les Plans d'urbanisme directeur, les schémas d'aménagement communal... Plusieurs projets visent également cette modernisation de Madagascar, notamment, le Projet d'Appui et de développement des Villes d'Equilibre ou PADEVE, le Programme intégré d'assainissement de l'Agglomération d'Antananarivo ou PIAA, le Projet de développement urbain intégré et de résilience ou PRODUIR, le Pôle intégré de croissance ou PIC, le projet de gouvernance urbaine GUGA ou encore la ROCADE Nord-Est et Est d'Antananarivo. La pandémie a également fait que le ministère de tutelle puisse avancer vers la digitalisation de ses services. Ce, à travers l'utilisation de logiciels tels que Matac qui, selon ce département, « permet la dématérialisation de la demande et de la gestion des permis de construire ». Il y a également l'utilisation du logiciel Lisom et de son guichet automatique qui permet « la dématérialisation de la délivrance du Certificat de situation juridique et des plans topographiques ».

Pour qui ?

L'Etat semble avancer graduellement dans la réalisation des promesses présidentielles. Néanmoins, la priorisation dans les actions fait couler beaucoup d'encres. Si l'on ne cite que l'achèvement des travaux de construction des différents stades qui ne coïncident pas forcément avec les réels besoins des populations, surtout en cette période de crise. Il y a également l'ambiguïté en ce qui concerne les bénéficiaires directs de ces différents projets. Si l'on ne cite que les logements sociaux. Certes Andry Rajoelina a souligné lors du lancement du projet que ces logements seront mis en « vente location ». Aussi, « l'acquisition de ces appartements se fera par Tirage au sort afin de garantir la transparence et suivre un système de vente location pour une période de 15 ans et au terme du contrat, les locataires deviendront propriétaires définitifs de leurs biens » note la DGPP. En effet, ce projet de logements sociaux devrait « résorber les problèmes de logement qui touchent la majorité des citoyens à revenu modeste ». Augustin Andriamananoro nous informe qu' « un appel à manifestation d'intérêt adressé aux familles susceptibles de bénéficier du projet a été lancé par le ministère concerné ». Toutefois, pour l'heure, aucune vraie information quant à la répartition ni aux possibilités d'acquisition de ces logements n'a réellement filtré.

Industrialisation - Lantosoa Rakotomalala « On avance »

L'Etat s'est fixé des objectifs en ce qui concerne l'Industrie, le Commerce et l'Artisanat. Entre autres la promotion et le développement des industries stratégiques, l'industrialisation régionale, la maîtrise des importations, la valorisation de l'importance économique des métiers d'artisans, ou encore la formalisation du secteur artisanat etc. Madagascar enregistre des avancées notables dans ce sens, si l'on se réfère au ministère de tutelle.

En termes d'industrialisation, il y a la promesse de mettre en place le programme d'industrialisation régionale « One district one factory (ODOF) » et la production locale des besoins de consommation courante. Il y a également la mise en place de sept (7) parcs industriels » a souligné Lantosoa Rakotomalala, ministre de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat (MICA). En effet, d'après ses dires, « nous avançons déjà dans la mise en place de grandes unités industrielles de production d'huile, de farine etc. c'est-à-dire des produits qui sont vraiment au cœur des consommations primaires ». Six (6) types d'industries sont ici considérés comme stratégiques, à savoir les sucreries, les minoteries, les huileries notamment celles qui sont dans les huiles essentielles, les cimenteries, les industries pharmaceutiques, ainsi que tout ce qui est agro-industrie.

Ainsi d'après le rapport du MICA, dans le cadre de l'industrialisation régionale, une huilerie pouvant produire, 4,5 tonnes en 24 heures a pu être installée dans le district Ihosy, région Ihorombe. Sept (7) autres huileries de la même capacité sont en cours d'installation dans les régions Itasy, Bongolava, Sava et Androy. Actuellement, 17 industries ont été installées dans le cadre de l'ODOF. Et comme les 119 districts ont tous été identifiés comme étant économiquement favorables à l'industrialisation, le ministère de tutelle s'est fixé pour objectif d'installer « 119 ODOF jusqu'en décembre 2021 ». Parcs industriels. Toujours dans ce sens, Madagascar avancerait actuellement dans la mise en place des trois (3) premiers parcs industriels qui devraient, selon notre interlocutrice, « être opérationnels d'ici la fin de l'année ».

« Ça va être beaucoup plus un soutien en infrastructures car on a vraiment un gap logistique et infrastructurel important en industrialisation » explique-t-elle. En effet, d'après ses explications, quand on met en place un parc industriel, il faut mettre un accent particulier sur tout ce qui est « promotion ». « Il y a toute une sécurisation foncière, la viabilisation en amont, la recherche de développeurs, il faut attirer les industriels vers le parc, etc. Et si on considère ces aspects-là, on est déjà pas mal avancé aussi » note-t-elle

La ministre a mis un accent particulier sur « la redynamisation du tissu industriel existant ». L'on ne peut même pas parler de la promotion des Investissements directs étrangers (IDE) à cause de la pandémie. Toutefois, selon Lantosoa Rakotomalala, « un groupe industriel et les zones franches qui se diversifient à l'intérieur font déjà une industrialisation majeure ». « Dix entreprises franches avec une prévision de plus de mille cinq cent emplois ont d'ailleurs été créées » selon le rapport du ministère. De même, « quarante unités industrielles ont été créées et dynamisées en 2020 » et « quinze unités industrielles ont pu être opérationnelles durant le premier trimestre de cette année 2021 »

Valoriser le métier d'artisan. L'industrialisation s'inscrit dans le Velirano 7 tandis que l'artisanat est attribué au Velirano 6 qui porte sur l'Emploi décent pour tous. « Ce sont les deux grands axes sur lesquels se concentre le ministère actuellement ». « L'artisanat ne se limite pas aux produits artisanaux. Il y a surtout le métier d'artisan car les personnes qui travaillent dans ce secteur font 80% de l'économie malgache, c'est la base » insiste Lantosoa Rakotomalala. Toujours selon elle, « la majorité des Malgaches vivent de leur capacité à entreprendre à petite échelle ». L'Etat malgache serait ainsi dans la valorisation de ces métiers qui touchent toute l'économie malgache. « Il s'agit des pâtissiers du coin, des gargotiers, des mécaniciens, des garagistes, des teinturiers, des électriciens, ... » explique la ministre. Cette valorisation du métier d'artisan a ainsi commencé par le recensement des artisans. « 482 929 artisans et 157 métiers d'artisans sont recensés à ce jour » déclare Christian Ramanankavana, Directeur général de l'Artisanat au sein du MICA.

Plusieurs projets

Emplois décents. « Avoir pu procéder à ce recensement nous permet aujourd'hui d'avancer sur la formalisation, ainsi que dans tout ce qui est formation et professionnalisation » soutient la ministre. Ce, car rien qu'en 2020, l'artisanat a pu générer plus de 10 millions d'euros. Ce qui démontre le réel potentiel de développement du secteur. Plusieurs projets sont ainsi en cours actuellement dans le cadre de cette promotion de l'artisanat et de valorisation du métier d'artisan. Entre autres, selon le DG, « le développement de la filière cuir dans le cadre du projet FACMAIR qui vise le marché du Comesa », « le projet d'accès des artisans de la filière textile et habillement aux marchés Franches avec le Fonds malgache de formation professionnelle (FMFP) et le Groupement des Entreprises franches et Partenaires (GEFP) », « la mise en place des maisons de métiers dans tout Madagascar », ou encore, « la mise en place de la Cité des métiers à Ivato »... Cette dernière initiative étant selon Christian Ramanankavana l'une des plus grandes activités de son département dans le cadre de la promotion du secteur.

Nombreux chantiers

Le commerce étant un domaine transversal, les réalisations y afférentes « dépendent » des autres départements, nous fait remarquer Lantosoa Rakotomalala. Il est par exemple pris en compte dans le Velirano 9 sur l'autosuffisance alimentaire et pour lequel le MICA serait selon la ministre, « très dépendant du ministère de l'Agriculture, de l'Elevage et de la Pêche (MAEP) ». En ce sens qu'il est par exemple difficile de parler de maîtrise de l'importation du riz et des prix si la production au niveau national n'arrive pas à satisfaire les besoins de consommation locale. « Il nous faut maîtriser l'amont » insiste-t-elle. Dans tous les cas, de nombreux chantiers semblent être en cours. Et d'ici septembre, l'on devrait déjà s'attendre à voir 60 unités industrielles installées dans les différentes régions du pays.

Émergence énergétique - Le méga-challenge à gagner

L'énergie est un secteur stratégique affaiblie depuis des années par des lacunes de gestion et des déficiences infrastructurelles aigues. Mais le pays envisage de faire passer le taux d'accès de la population à l'électricité au niveau national de 15% à 50% d'ici à 2023, soit parvenir à produire 800 MW.

L 'ambition est forte, mais, d'après les spécialistes, le pari peut être gagné. Pour y arriver, Madagascar aura notamment à transformer la gouvernance du secteur et réaliser à temps des infrastructures énergétiques à même de combler durablement le déficit énergétique du pays. Les lacunes auxquelles fait face l'île en matière de production et de distribution d'électricité requièrent aussi des incitatives d'envergure nationale en matière de connectivité. D'où la pertinence, selon les techniciens et les partenaires techniques et financiers, de la mise en œuvre du programme Réseaux Interconnectés de Madagascar (RIM - ligne 220kV) appelé aussi l'autoroute de l'énergie. Selon ces derniers, opérationnaliser le plan national d'interconnexion des réseaux permettra d'optimiser le coût de l'énergie, de réduire les dépenses des ménages en matière d'énergie et d'imposer une solution durable de substitution à l'énergie thermique. À savoir, en outre, que la stabilisation des réseaux électriques constitue l'une des solutions les plus pertinentes pour éviter les coupures d'électricité qui impactent le quotidien des populations et perturbent les activités des entreprises. Pour cela, le challenge repose sur l'installation des infrastructures de stockage d'énergie pour garantir durablement la stabilité du réseau électrique et réduire drastiquement le nombre de coupures d'électricité notamment dans l'agglomération d'Antananarivo et les autres villes du pays. Un projet qui, selon nos informations, est en cours de réflexion.

La Jirama reste un maillon essentiel

De nombreux projets sont ainsi nécessaires pour doter le pays d'un secteur énergétique performant et moderne. Mais les analystes sont unanimes sur le fait que le futur énergétique du pays dépend en grande partie de l'évolution de l'entreprise publique d'eau et d'électricité. Si la Jirama doit encore consentir davantage d'efforts pour équilibrer ses comptes et fournir des services à la hauteur des attentes des consommateurs, ses dirigeants soutiennent néanmoins que des améliorations ont pu être apportées et les résultats sont tangibles même s'ils sont parfois difficilement perceptibles pour les populations. Concernant ses finances, la compagnie publique est parvenue à réaliser plus de 300 milliards d'ariary d'économies grâce aux diverses initiatives menées ces deux dernières années. Elles vont de la renégociation des contrats avec les fournisseurs à la révision de la politique de coût en passant par une modernisation du système de management et l'hybridation des sites de production.

Faut-il rappeler que la situation financière de la Jirama s'est surtout détériorée en raison de la chute de l'efficacité opérationnelle et de l'incapacité de recouvrer des recettes suffisantes pour couvrir les coûts, qui s'ajoutent à la fluctuation du prix des intrants, principalement le carburant acheté ailleurs. Pour combler le déficit d'approvisionnement en électricité, la précédente administration et la Jirama ont signé de coûteux contrats pour l'exploitation de centrales thermiques fonctionnant au diesel. Un choix qui a provoqué une forte hausse du coût de service dans le pays, évalué à environ 0,27 euro/kWh, alors que le tarif moyen appliqué par la Jirama n'était que d'environ 0,14 euros/kWh. Et la Jirama ne comptait que sur les subventions publiques pour combler le manque à gagner et payer les factures de carburant, la location des groupes électrogènes et les achats d'énergie auprès des producteurs indépendants d'électricité (PIE) thermique. Mais la donne semble être en passe de changer. La lutte contre les coûts superflus et le vol d'électricité se poursuit et la mise en place d'une nouvelle politique de tarification (baptisée Optima) de la société est dans sa phase opérationnelle.

Les dirigeants font, par ailleurs ,remarquer que pour Antananarivo par exemple, le délestage, c'est-à-dire la programmation de coupures d'électricité pour raison économique, n'a plus lieu.

Concernant les grands projets infrastructurels, notamment les centrales hydroélectriques de Sahofika (120 MW extensible jusqu'à 300 MW) et de Volobe (120 MW) qui vendront l'essentiel de leur production à la Jirama, une source proche du dossier explique que l'État travaille pour faire avancer ces projets, mais n'a pas le droit de signer des contrats au détriment des intérêts du pays. Ce qui conforte les arguments déjà mis en avant par le PCA de la Jirama, Solo Andriamanampisoa qui, chiffres à l'appui, a exposé les objectifs et les exigences de la partie malgache dans le cadre des négociations en cours.

Miser sur les énergies renouvelables

Madagascar dispose d'un important potentiel d'énergies renouvelables, mais toujours sous-exploité. Selon les estimations, la Grande Île peut miser sur un potentiel hydroélectrique de près de 7 800 MW (dont seule une proportion de 1,6 % est développée), d'un potentiel d'énergie solaire de 2 000 kWh/m2/an et d'un potentiel d'énergie éolienne de 2 000 MW. Malgré cette abondance de ressources naturelles, à peu près 70 % de l'électricité est encore produite à partir de sources d'énergie thermique. Force est toutefois de remarquer que les projets d'électricité verte se multiplient. Citons à titre d'exemple, l'inauguration par le président Andry Rajoelina, au début de ce mois de juin, dans la Commune de Belobaka, à Mahajanga 2, de la centrale solaire d'Andranotakatra.

Il s'agit de la phase 1 d'un projet qui vise une puissance totale de 12MW. Plus récemment, le démarrage des travaux d'extension de la centrale solaire d'Ambatolampy, qui nécessite 17 millions d'euros d'investissement, a été officialisé. L'objectif est de doubler la capacité de production de cette centrale solaire du groupe Axian, à travers GreenYellow, qui devient l'un des plus importantes de la sous-région océan Indien. Selon nos informations, Madagascar ambitionne de construire des centrales solaires d'un total de 163 MW d'ici à 2023 pour un coût d'investissement de 196,6 millions USD. D'autres programmes sont également en gestation dans l'éolien et la biomasse. Madagascar peut s'appuyer sur les partenaires au développement, dont la Banque africaine de développement, l'Agence française de développement, la Banque Mondiale, la Banque européenne d'investissement, la Coopération allemande par l'entremise des agences GIZ et KfW, ainsi que l'Union Européenne pour accélérer sa transition énergétique. Comme il peut également inciter davantage les investisseurs privés dont plusieurs ont déjà franchi le pas.

Lutte contre l'insécurité - La proximité comme mot d'ordre

La lutte contre l'insécurité est inscrite en pole position des Velirano du président de la République. Depuis le début de son mandat, les responsables y afférents s'activent pour concrétiser cet engagement, avec la proximité comme fil conducteur.

L a peur doit changer de camp. C'est la consigne politique donnée aux hauts responsables des Forces de défense et de sécurité (FDS). Une expression qui résume les ambitions de l'État dans la lutte contre l'insécurité.

Le but est de reprendre le dessus sur les actes de banditisme en milieu urbain et en zone rurale. De ramener le niveau d'insécurité a un seuil tolérable. L'armée est même mise à contribution dans la lutte contre l'insécurité. Pour y parvenir, les FDS s'engagent dans un redéploiement des troupes. La proximité avec la population est le fil conducteur des actions. Restructuration, renforcement d'effectif, nouveaux équipements et nouvelles infrastructures constituent les mesures d'accompagnement.

Le ton a été donné dès le début du mandat de Andry Rajoelina, président de la République. La fête nationale de 2019 a été marquée par la remise de nouveaux équipements. L'armée, notamment, a été dotée de nouveaux aéronefs. Des véhicules blindés et tout terrain ont également été remis aux FDS. L'idée est d'assurer une rapidité d'action et de réaction des FDS. L'idée de la proximité des forces de l'ordre est, toutefois, d'assurer une présence rassurante pour la population et dissuasive pour les malfaiteurs.

Nouvelle mission

Traditionnellement affectée à la défense de l'intégrité du territoire contre les menaces extérieures, la mission de l'armée est orientée sur la défense contre les menaces venant de l'intérieur et la lutte contre l'insécurité. Une nouvelle vocation qui accompagne sa restructuration afin qu'elle soit plus efficiente. Cette réforme est marquée par la mise en place de l'état-major des armées qui remplace l'ancien état-major général de l'armée.

L'état-major général des armées chapeaute trois états-majors qui sont celui de l'armée de terre, celui de l'armée de l'air et celui de la marine. Les régions militaires sont remplacées par les Zones de défense et de sécurité (ZDS). Au nombre de dix, les ZDS sont mises en place sur des bases stratégiques et géographiques. Ils sont la matérialisation du redéploiement des troupes. Les ZDS connaîtront des démembrements au niveau régional, jusque dans les districts.

Sur terrain, le volet opérationnel de la restructuration de l'armée s'accompagne de la création de nouvelles entités comme les Bases opérationnelles avancées (BOA). Comme l'expliquent les responsables militaires, il s'agit d'un dispositif de sécurité de proximité permanent. Elles sont installées dans les localités désignées comme carrefour des zones rouges et des circuits de prédilection des Dahalo.

Des entités spécialisées

Avec quatre-vingt éléments, avec du matériel roulant à disposition, les BOA peuvent bénéficier d'un soutien aérien par le biais des hélicoptères. Elles ont pour mission d'assurer une présence dissuasive et une rapidité d'action afin de neutraliser les attaques des Dahalo. La création des BOA s'accompagne de la mise en place de nouveaux camps militaires. Toujours dans le cadre de la sécurisation des zones rurales, la gendarmerie nationale, elle aussi, renforce ses actions.

La lutte contre les vols de bovidés et les Dahalo, ou encore, le démantèlement des réseaux de kidnappeurs et la sécurisation des routes nationales sont les missions prioritaires confiées aux bérets noirs pour la concrétisation du Velirano numéro 1 du chef de l'État. Pour atteindre ces objectifs, la gendarmerie, depuis plusieurs mois, s'applique à renforcer ses structures afin de parvenir à un meilleur maillage du territoire. Il s'agit, aussi, de renforcer les éléments sur terrain.

Une circonscription inter-régionale par province, un groupement par région, une compagnie par district et une brigade par commune sont les objectifs de la gendarmerie nationale. Pour renforcer les éléments qui sont au front dans la lutte contre les Dahalo, les bérets noirs se sont dotés de Centres d'aguerrissement opérationnel. Une brigade spéciale pour la sécurisation des routes et une brigade anti-kidnapping ont été mises en place pour se concentrer sur ces cas d'insécurité ayant alimenté la rubrique faits divers durant plusieurs mois.

De nouvelles infrastructures

La police nationale, elle aussi, s'est dotée d'une nouvelle entité spécialisée. Avec la Brigade féminine de proximité (BFP), elle s'attaque à un fléau d'actualité qui est la violence basée sur le genre. À l'instar de l'armée et la gendarmerie, la police s'engage dans une déconcentration de ses forces. Elle mise également sur la proximité avec les citoyens pour les rassurer, mais aussi pour dissuader les malfaiteurs.

Le renforcement de la présence policière s'accompagne de la construction de nouvelles infrastructures. Un paramètre qui fait défaut à cette entité des FDS depuis plusieurs années. Aussi, sur la lancée de la mise en place des directions régionales de la police nationale dans chaque chef-lieu de région, de nouvelles infrastructures "Manarapenitra", sont elles bâties. Cinq sont terminées et inaugurées et sept autres sont en cours de finition.

Vingt-trois nouveaux commissariats sont, également, en cours de construction. L'édification de vingt autres commencera l'année prochaine. Dans plusieurs localités, la police nationale prête main forte à la gendarmerie et l'armée dans la lutte contre les Dahalo et les vols de bovidés. Il y a, aussi, la lutte contre l'insécurité autour des exploitations des ressources naturelles. C'est ainsi que des troupes d'intervention seront installées dans les regions Betsiboka, Sava, Ihorombe, Anosy, Melaky, et Menabe, d'ici 2022.

Recrutement

La restructuration, la création de nouvelles entités, ou encore, les nouvelles infrastructures ne servent à rien sans les ressources humaines pour les rendre opérationnelles. La question du budget est, également, une conditionnalité incontournable. L'insuffisance de ces deux paramètres, par exemple, fait que seuls soixante-trois districts, sur les cent dix-neuf que compte le pays, disposent d'une compagnie de la gendarmerie. Pour les brigades, ils sont trois cent huit communes à en avoir, sur les mille six cent soixante-cinq.

La situation économique du pays, et après la crise sanitaire, qui plus est, fait qu'il est difficile d'augmenter le budget des départements publics. Ceux chargés de la lutte contre l'insécurité ne font pas exception. Avec la nouvelle politique de recrutement annoncée récemment par le président de la République, toutefois, les FDS devraient voir leur effectif considérablement renforcé dans les prochains mois.

Le président Andry Rajoelina veut, en effet, prioriser l'éducation, la santé et la sécurité dans le recrutement des fonctionnaires. La police et la gendarmerie comptent alors, respectivement recruter jusqu'à mille cinq cents éléments lors des prochains concours. L'armée, quant à elle, compte enrôler jusqu'à quatre mille trois cents nouvelles recrues. Une capacité de recrutement qui s'explique par le fait que, contrairement aux deux autres entités des FDS, les éléments de troupe de la grande muette ne passent pas par la case formation dans les écoles.

Reconquérir la confiance de la population

Les mesures déployées pour renverser la dynamique de la peur portent ses fruits. À s'en tenir au bilan affirmé lors de l'inauguration de la BOA d'Iakora, en mai, depuis deux ans et demi, les attaques des Dahalo ont baissé de 50%. Les actes de kidnapping en zone urbaine, ou encore, les actes de grand banditisme connaissent, également, une accalmie notable. Pareillement, pour les cas d'attaque sur les routes nationales.

L'attaque de trois cents dahalo dans le district d'Ankazoabo-Sud, juste après l'inauguration de la BOA d'Iakora indique, toutefois, qu'un effort soutenu est toujours nécessaire. Les actes de kidnapping se sont, par ailleurs, délocalisés dans les zones rurales. Outre la réduction de façon conséquente du « niveau d'insécurité, un des grands défis des FDS est la reconquête de la confiance de la population.

Des largesses vis-à-vis de la discipline, les exactions et les différents abus, ou encore, la corruption ont creusé un fossé entre les forces de l'ordre et la population. Un écart que les hauts responsables des FDS essaient de combler en affirmant leurs intransigeances et ainsi en sanctionnant systématiquement les éléments déviants. À la protection et la défense, l'aide et le soutien à la population sont inscrits aux attributions premières des forces de l'ordre afin de casser la distance avec cette dernière. Il est devenu courant de voir les actions civilo-militaires, comme le soutien aux personnes victimes du Kere dans le Sud. Pareillement, de voir des policiers faire des bonnes actions comme aider des personnes âgées à traverser la rue, ou encore, acheter à manger à un enfant affamé sur les trottoirs. Seulement, reconquérir la confiance de la population n'est pas chose aisée. Plusieurs exemples démontrent qu'il suffit d'une seule dérive pour que les efforts de plusieurs mois tombent à l'eau.

Plus de: L'Express de Madagascar

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