Cameroun: « Le travail avec les régions a effectivement commencé »

interview

Philippe Camille Akoa, directeur général du Feicom

Quelle est l'opportunité des concertations ouvertes entre votre organisme et les présidents des Conseils régionaux ?

Ce qu'il faut dire, c'est que les conseils régionaux ont été mis sur pied à la suite de l'élection du 6 décembre 2020. Depuis la prestation de serment des présidents des conseils régionaux, le Feicom n'a pas eu l'opportunité de les rencontrer de façon formelle. Ils sont venus nous voir et nous avons eu des discussions. Nous avons ensuite saisi le ministre de la Décentralisation et du Développement local, afin d'avoir avec eux des échanges plus structurés, afin de présenter notre organisme qui est devenu le leur, puisque le Feicom a eu sa réorganisation par un décret du président de la République du 31 octobre 2018 qui a étendu nos compétences aux régions.

Il était donc nécessaire aujourd'hui de rencontrer ces chefs des exécutifs régionaux pour leur expliquer nos missions, ce que nous pouvons faire ensemble et surtout de leur dire ce qui est en train d'être fait et développé à notre niveau pour avoir leur point de vue et recueillir leurs observations si nécessaires.

Ils ont certainement des préoccupations ?

Evidemment ! L'une des missions du Feicom est d'abord de veiller au développement harmonieux des régions et des communes. Celle-ci nous a été conférée par les pouvoirs publics. Nous leur avons effectivement fait savoir que nous sommes en train de travailler sur les outils de financement qui sont à un stade élevé. Mais pour faire ce travail, nous aurons besoin de la réforme qui doit intervenir au niveau de la loi portant fiscalité locale, pour que l'Etat précise quels sont les impôts qui seront destinés aux régions. A côté de cela, nous avons une cellule de l'Innovation qui a commencé à travailler sur le développement des hôtels de région et sur la conception des villes nouvelles. Parce que nous pensons que les hôtels de région sont des investissements structurants autour desquels il serait bien qu'un nouveau noyau urbain puisse être créé.

Les hôtels de région sont-ils vraiment la priorité dans un environnement où les attentes des populations sont nombreuses ?

C'est une priorité. Il faudrait que nous soyons d'accord là-dessus. Cette discussion a eu lieu à un moment. Nous pensons que l'institution manifeste d'abord sa présence par une infrastructure. Lorsque vous parlez par exemple d'une ambassade, elle est logée quelque part et elle a des bâtiments. Pour que la région se matérialise, ce doit être la même chose. Ça ne peut pas être un investissement de seconde zone.

Il faut comprendre aujourd'hui que les villes ont un apport économique très important dans le développement et il faut les structurer. Elles sont le lieu de production de richesses. L'hôtel de région est un investissement structurant qui va structurer la ville, qui est elle-même le lieu de production des richesses dans tous les Etats modernes. Un hôtel de région est un investissement fondamental à avoir.

Mis de côté la réforme de la loi sur la fiscalité locale, le Feicom est-il prêt l'accompagnement des régions ?

Le Feicom est prêt puisqu'il a commencé. Nous développons déjà des plans architecturaux rendus aujourd'hui en phase d'esquisse. Nous avons eu besoin des présidents des conseils régionaux pour qu'ils y émettent leurs avis afin de poursuivre ces développements. Le travail avec les régions a effectivement commencé. Mais pour qu'il se poursuive plus rapidement encore, nous devons savoir quelles sont les ressources fiscales que l'Etat mettra à leur disposition. Mais à côté de cela, nous aurons également la possibilité de les accompagner dans la recherche de financements, parce que cela fait partie de nos missions. Celle-ci est adossée sur un projet. Il faut que des projets soient bien montés pour cela.

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