Congo-Kinshasa: Dans le Kasaï, le ministre Fabrice Puela demande pardon pour les massacres de 2017

Ce mardi 22 juin, le ministre des Droits humains Fabrice Puela était en visite à Tshisuku dans le Kasaï central. Une cérémonie avait lieu pour la remise de dix corps, dix victimes qui avaient été extraites d'une fosse commune pour les besoins de la justice et des examens médicaux-légaux. Ces corps ont été installés dans un mausolée construit en mémoire de ce massacre.

C'était à l'époque de l'insurrection des adeptes du chef coutumier Kamuina Nsapu. Aux environs de 14h, un nombre indéterminé de soldats d'un bataillon du régiment 2101 des FARDC a ouvert le feu sur la place du marché de Tshisuku. Ils étaient à bord de quatre véhicules de transport de type Kamaz.

Ils ont visé indistinctement marchands et clients, faisant au moins une cinquantaine de tués. Parmi les victimes, il y au moins neuf enfants, et 79 femmes ont été violées. C'est le bilan de la justice militaire congolaise qui en avait fait l'un de ses 16 cas prioritaires dans l'espace Kasaï depuis la fin 2017.

Sur ces 16 cas, trois seulement ont véritablement avancé, et seulement depuis l'arrivée au pouvoir du président Félix Tshisekedi, lui-même originaire de cette région. Mais aucun n'a encore été jugé. Le dossier de Tshisuku a été transmis à la Haute Cour militaire depuis novembre 2020 pour fixation, et ce n'est toujours pas fait.

À Genoux

Le ministre Fabrice Puela s'est mis à genoux pour demander pardon. Son service de communication explique que cela lui est venu spontanément, devant l'émotion suscitée par cette cérémonie. Fabrice Puela s'était d'abord recueilli devant les cercueils avant de s'agenouiller et de demander pardon en langue locale aux chefs coutumiers.

Dans son discours, le ministre a expliqué que sa présence était un « signal clair » que « la lutte contre l'impunité ne saurait épargner personne », il a promis que le dossier judiciaire « déjà fixé » serait « réactivé ». Le représentant des victimes a lui déclaré que les habitants de Tshisuku continueraient de porter le deuil « tant que l'État n'aura pas reconnu sa responsabilité et versé, ne serait-ce qu'à titre symbolique, une réparation substantielle aux victimes ».

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