Congo-Kinshasa: Affaire Chebeya et Bazana - La veuve et un orphelin retournés à Kinshasa

Floribert Chebeya

Officiellement, ces deux membres des familles des activistes des droits de l'homme assassinés en juin 2010 sont revenus dans la capitale congolaise « pour recevoir le prix Maman Marthe Kasalu Tshisekedi », alors qu'il y a des nouvelles révélations sur ce double assassinat, et que la justice, qui a rouvert le procès dans le cadre de cette affaire, recherche ardemment celui qui a toujours été qualifié de suspect numéro un dans ce meurtre, le général John Numbi.

La veuve de l'activiste des droits de l'homme assassiné, en juin 2010, à Kinshasa, Floribert Chebeya, Annie Chebeya, et un orphelin de son chauffeur Fidèle Bazana et activiste de la Voix des sans-voix pour les droits de l'homme (VSV) Fidèle Bazana, sont arrivés à Kinshasa, le 23 juin.

Selon des sources, ces deux membres des familles des activistes des droits de l'homme assassinés sont revenus dans la capitale congolaise « pour recevoir le prix Maman Marthe-Kasalu-Tshisekedi », veuve de l'opposant historique des régimes Mobutu et Kabila. A leur arrivée à l'aéroport international de N'Djili, ils ont été accueillis par plusieurs personnalités sociopolitiques parmi lesquelles l'activiste des droits de l'homme Paul N'Sapu et le député national Eliezer Ntambwe.

Pour beaucoup, cette venue à Kinshasa de l'épouse de feu Floribert Chebeya et l'orphelin de son compagnon de vie et d'infortune, Fidèle Bazana, marque un tournant décisif dans l'affaire de l'assassinat de ces deux défenseurs des droits de l'Homme dont les nouvelles révélations faites pas les bourreaux et assassins de ces deux activistes ont marqué un rebondissement.

De l'Europe où elle était, Annie Chebeya continuait à réclamer la réouverture de ce procès, toute en indexant l'ancien patron de la police congolaise, le général John Numbi, comme le principal suspect de ce double meurtre. Les révélations faites dernièrement par les assassins de Chebeya et de Bazana ont confirmé ces accusations. Et la justice qui a rouvert ce procès a convoqué l'ancien chef de la police ayant, après, choisi la clandestinité.

Le sang qui crie vengeance

Il est rappelé que cela fait près de dix ans qu'Annie Chebeya avait quitté la République démocratique du Congo, juste après le premier verdict sur l'assassinat de son mari, le défenseur des droits humains Floribert Chebeya. Il y a quelques mois deux policiers ont affirmé avoir participé, le 1er juin 2010, à l'exécution du directeur exécutif et le chauffeur de l'ONG de défense des droits de l'Homme, la VSV. Hergile Ilunga et Alain Longwa ont dit avoir fait partie de la cellule mise sur pied par de hauts gradés de la police congolaise pour tuer Floribert Chebeya. Ils ont indiqué que l'ordre était venu du général John Numbi lui-même. Ilunga et Longwa, qui se disent prêts à témoigner devant la justice congolaise, affirment également avoir été exfiltrés de Kinshasa, juste après avoir accompli cette mission, et réaffectés dans le Katanga, où ils sont demeurés sous surveillance, avant de fuir.

Cette présence d'Annie Chebeya dans la capitale congolaise constitue, pour l'opinion, une occasion pour la veuve Chebeya de faire pression sur la justice en vue de connaître la vérité sur l'assassinat de son mari, le défenseur des droits de l'Homme et son compagnon.

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