Mali: Indignations face au blocus de Dinangourou

La classe politique et la société civile rejettent l'attitude du gouvernement dans la résolution de cette crise qui dure depuis près de deux mois.

Le silence des autorités face au blocus imposé par les groupes armés aux populations de Dinangourou, dans le centre du pays, soulève une vague d'indignation.

Le week-end dernier, au moins six personnes ont été tuées par des hommes armés à Dinangourou lorsque celles-ci tentaient d'apporter des vivres à leurs proches qui manquent de tout depuis plusieurs semaines.

La blogueuse Fatouma Harber, communément appelée Tinbutu Woy, dénonce l'inaction des autorités face au blocus de Dinangourou et les met face à leurs responsabilités :

"Il faut que nos autorités arrêtent de se promener à Bamako en rencontrant des anciens Premiers ministres, des anciens je ne sais pas quoi... qui ont contribué à conduire notre pays dans la situation chaotique que nous connaissons. Il faut qu'ils prennent le taureau par les cornes. Le Mali ne se résume pas à Bamako."

Le précédent de Farabougou

De son côté, Djiiguiba Keita, dit PPR, secrétaire général du Parti pour la renaissance nationale (PARENA), interpelle les autorités et les exhorte à mettre fin à la souffrance des populations de Dinangourou dans les meilleurs délais.

"Nous déplorons le silence des autorités publiques que nous assimilons à de l'irresponsabilité. Cela est totalement inadmissible." Il ajoute que "Si du coup, les populations de Dinangourou estiment qu'elles sont victimes de la politique de deux poids deux mesures comparativement à Farabougou, elles ont complètement raison parce qu'encore une fois on ne comprend pas le silence des autorités. Deuxièmement, on ne comprend pas que rien ne soit entrepris pour que ce blocus soit levé le plus tôt possible."

Selon l'islamologue Al Hassan Bah, rien ne pourrait justifier le silence des autorités publiques et des leaders religieux, qu'ils soient chrétiens ou musulmans, face à la situation qui prévaut à Dinangourou :

"Agir avec des armes, perpétrer des actes terroristes au nom d'une religion qui n'a que la paix dans toutes ses dimensions, la paix et la paisibilité, est un acte condamnable à tous les égards."

D'après nos informations, les négociations se poursuivent entre chefs des groupes armés et autorités coutumières et religieuses de la région de Mopti, sans qu'aucun compromis ne soit à l'ordre du jour pour une levée de l'embargo.

Plus de: DW

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