Centrafrique: Un nouveau gouvernement resserré autour du président Touadéra et de ses alliés

La Centrafrique a depuis ce mercredi soir un nouveau gouvernement, très attendu, six mois après la réélection du président Touadéra et depuis la nomination du nouveau Premier ministre Henri-Marie Dondra le 12 juin. Les noms ont été dévoilés à la présidence.

Plus de la moitié des 32 ministres sont de nouveaux entrants. Parmi les postes redistribués, des postes clés comme la Défense, l'Intérieur, la Justice ou encore les Mines. Un noyau dur de ministres proches du président et déjà présents dans les deux gouvernements précédents, conservent leurs positions : les Affaires étrangères, le Plan, l'action humanitaire ou encore la Santé.

Contrairement aux attentes, l'exécutif semble se resserrer autour du président Touadéra du parti au pouvoir et de ses alliés. La Défense qui revient à Claude Rameaux Bireau, l'Énergie à Arthur Bertrand Piri, l'Administration territoriale sont occupés par le premier cercle du chef de l'État. Les mines par un cadre du MCU. La ministre des Affaires étrangères reste en place malgré l'avis de certains diplomates.

Peu d'ouverture mais « les choses peuvent encore évoluer »

La jeunesse n'y est pas représentée, il y a peu de femmes. Peu de place est laissée à l'opposition même si deux anciens candidats à la présidence sont nommés ainsi qu'un membre du parti du RDC, de l'ancien président Kolingba. Quelques postes sont attribués à la société civile, mais à des personnalités considérées comme favorables à la majorité : le recteur de l'université de Bangui ou la présidente de l'Organisation des femmes centrafricaines.

Côté groupes armés, ce sont les mêmes figures qui gardent leur poste. Seule entrée à noter, celle de Gilbert Toumou Deya qui était déjà chargé de mission spéciale à la présidence. Un portefeuille est d'ailleurs spécialement dédié au suivi de l'accord de paix.

La liste dévoilée ce mercredi fait en tout cas grincer des dents parmi la société civile et l'opposition dont aucune grande figure ne fait son entrée dans le gouvernement. « Il y a certes une reprise en main par le parti qui a gagné les élections », explique une source proche du gouvernement, mais « les opposants de la COD-2020 ont traîné des pieds » dans les discussions, poursuit-elle. Néanmoins, la porte n'est pas fermée et « les choses peuvent encore évoluer », notamment à l'issue du dialogue républicain promis pour les prochains jours par le président Touadéra.

Plus de: RFI

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