Congo-Brazzaville: Union des musiciens congolais - Les acteurs évaluent leurs actions

A l'occasion de la fête de la musique, l'Union des musiciens congolais (UMC) a animé une causerie débat sur le thème : « Etats généraux de la musique congolaise en période de pandémie de Covid-19 sous l'égide de l'UMC ».

Le président de l'UMC, Magloire Bonguili dit Pape Gode, a dressé un bilan à mi-parcours des actions menées en neuf points. Il s'agit entre autres du plaidoyer pour la prise en compte par la Task-force du secteur culturel dans le cadre de l'aide à apporter aux secteurs ayant été impactés par le confinement et la restriction des activités pour cause de Covid-19 ; de l'intervention auprès du bureau congolais du droit d'auteur (BCDA), du ministre de la Culture et des partenaires pour solliciter leur implication dans les obsèques des artistes Fondé-Crépino, Don Joli Kiala, Sambadio et du patriarche Edo Ganga.

Il a également souligné la requête adressée au ministre de la Communication pour l'apurement de la dette des médias publics (Radio-Congo et Télé-Congo) envers le BCDA au titre des droits d'auteurs ; la consolidation du compte bancaire de l'UMC, fondée sur les cotisations des membres et des subventions diverses ; le plaidoyer auprès du ministre de la Culture pour la mise effective du conseil d'administration du BCDA.

A cela s'ajoutent de nombreuses missions à l'Assemblée nationale et au Sénat en vue de l'adoption de la loi sur le statut de l'artiste ; le sacre du lauréat du Prix spécial du jury par l'UMC à la dix-huitième édition des Sanzas de Mfoa 2021 ; le plaidoyer auprès du BCDA pour la suspension du salaire de Maxime Foutou, ancien directeur du BCDA qui continue à être payé à 500.000 FCFA de salaire ; la participation active de l'UMC à la campagne présidentielle de 2021 pour la réélection du candidat Denis Sassou N'Guesso.

Les artistes musiciens plaident et proposent

Prenant la parole, l'artiste musicien Zara Umporio, a rappelé que le conseil d'administration du BCDA ne peut pas siéger jusqu'à jour, prouve toute "la mafia" qui a lieu au sein du BCDA et "la mauvaise gouvernance" qui y règne. Gianny Olando a souhaité que le BCDA soit libéralisé et sort de l'emprise de l'État. Il a également estimé que les artistes musiciens devraient être amenés à réaliser une chanson appelant à la lutte contre le coronavirus.

Edo Farel, pour sa part a appelé tous les artistes à l'unité pour une action forte en faveur des musiciens sous l'égide de l'UMC. Fredo quant à lui pense que sans le statut de l'artiste, la musique devient un métier dangereux. D'où, il pense qu'il faut continuer à militer et à œuvrer pour la promulgation de la loi sur le statut de l'artiste.

Pour sa part, Me Kengolet a apporté un terme nouveau, « la musiquette », c'est-à-dire la petite musique, truffée des « Mabanga » autrement dit des dédicaces. Cette musiquette qui ne reflète plus les lettres de noblesse qu'a connues la musique congolaise. Il pense qu'il faut la bannir.

Pour Chairman Jacques Koyo, certes l'UMC est une organisation jeune, mais il leur faut instaurer la discipline au sein de la structure. « Nous devons faire usage de nos statuts et règlement intérieur et surtout sanctionner lorsqu'il y a des fautes », dit-t-il.

Jules Chigar s'est interrogé sur le non aboutissement des requêtes et des demandes de l'UMC, alors que Gypsie la tigresse, a plaidé pour la reprise des activités. « Pourtant tous les secteurs ont été libérés notamment par la reprise des activités, même au sport. Nous avons sollicité l'organisation des spectacles même à cinquante personnes, mais jusqu'à présent nous n'avons pas toujours l'autorisation. Que faut-il faire alors », s'est-elle interrogée.

Invité à cette rencontre, le commissaire général du Festival panafricain de musique (Fespam), Hugues Ondaye, pense que la société congolaise doit se structurer. « Parce que généralement c'est avec une société civile organisée qu'on remporte certaines batailles. Pour preuve, la Convention de 2005 sur la diversité culturelle accorde une place de choix à la société civile. On ne peut rien développer en matière de culture sans associer toutes les parties prenantes dont la société civile, surtout pour les États qui ont déjà ratifié cette convention. C'est pour cela qu'il faut avoir une société civile organisée, formée, et informée. On doit à la fois être une force de proposition et de revendication. Là où l'État ne peut pas, la société civile peut montrer la voie à suivre », a-t-il signifié.

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