Cote d'Ivoire: Tribunal criminel - Prison à vie pour Guillaume Soro et 20 ans pour Affoussiata Bamba, Soul To Soul, Sess Mohamed....

L'audience devant le tribunal criminel a connu son dénouement, mercredi 23 juin 2021, avec les condamnations des accusés. 17 mois pour Alain Lobognon, Soro Rigobert, Soro Simon, Félicien Sékongo

Le verdict est tombé, hier. La sentence est lourde pour Guillaume Soro qui a été condamné par contumace à la prison à vie. Il a été inculpé de tentative d'atteinte à l'autorité de l'État, à l'intégrité du territoire national et complot. Le juge du tribunal criminel, Bini Charles, a rendu cette décision après délibération avec ses assesseurs. Affoussiata Bamba Lamine, Koné Kamaraté Souleymane dit Soul To Soul, Sess Soukou Mohamed, Zébré Souleymane, Touré Moussa, Issiaka Fofana, qui étaient tous absents à ce procès et poursuivis pour les mêmes chefs d'accusation que ceux de leur leader, Guillaume Soro, ont écopé de 20 ans d'emprisonnement ferme. Les soldats qui étaient commis à la sécurité de l'ancien président de l'Assemblée nationale, poursuivis également pour les mêmes chefs d'accusation, ont été condamnés à une peine identique. Il s'agit du commandant Kassé Jean-Baptiste, du chef d'escadron Koné Ardjouma, des sergents chefs Dosso Seydou, Fofana Kouakou, Kamagaté Adama, Bamba Souleymane, Traoré Lamine.

Quant à Alain Lobognon, Soro Rigobert, Soro Simon et Félicien Sékongo, le président du tribunal les a condamnés à 17 mois de prison ferme. Les faits d'atteinte à l'autorité, à l'intégrité du territoire et complot allégués à l'encontre des concernés au début du procès, ont été requalifiés en ce sens que le procureur de la République et les avocats de l'État constitués en partie civile dans cette affaire, n'ont pas réussi, selon le juge, à établir leur culpabilité relativement à ces charges. Ainsi, les prévenus sont désormais poursuivis pour trouble à l'ordre public, diffusion de fausses nouvelles. Soro Rigobert, lui, est accusé pour trouble à l'ordre public. En guise de dédommagement à l'État de Côte d'Ivoire, les condamnés devront payer la somme de 1 milliard de FCfa.

Il faut préciser que les peines requises contre les prévenus vont dans le sens du réquisitoire du procureur de la République. En effet, au cours de l'audience du mercredi 16 juin dernier, le magistrat du ministère public dans son réquisitoire, avait requis la perpétuité pour Guillaume Soro, 20 ans pour ses collaborateurs non présents à l'audience et 17 mois pour Alain Lobognon et les autres. Traoré Babou, qui était au nombre des accusés, a été acquitté pour délit non constitué.

Aussi, relativement aux décisions ayant sanctionné le procès de Guillaume Soro et dix-neuf de ses proches, démarré le 19 mai, il y a eu la dissolution du mouvement politique Générations et peuples solidaires (Gps). Le juge a également ordonné la saisine des biens de cette entité politique présidée par Guillaume Soro.

Pour une meilleure compréhension de ce procès qui vient de s'achever devant le tribunal criminel, nous vous rappelons les faits.

Les personnes poursuivies devant cette cour ont été arrêtées en décembre 2019, dans le cadre de l'organisation du retour avorté de leur leader, Guillaume Soro, en Côte d'Ivoire après plusieurs mois d'absence du pays. Certaines d'entre elles comme Alain Lobognon, Soul To Soul, Félicien Sékongo, Soro Simon ont été appréhendées à l'annexe des bureaux de Guillaume Soro sise à la Riviera-Golf, en pleine conférence de presse, après que l'avion qui transportait l'ancien président de l'Assemblée nationale a été dérouté vers le Ghana. Selon le procureur de la République, Adou Richard, les concernés voulaient profiter de l'arrivée supposée de leur patron pour déstabiliser la Côte d'Ivoire ce jour-là. Alors que dans le « plan savamment préparé, le jet privé de M. Soro n'allait jamais atterrir en Côte d'Ivoire ».

Pour lui, c'était une manière de faire diversion et frapper l'État en plein cœur. Cela s'est traduit, à l'en croire, quelques jours auparavant, par une campagne de dénigrement et de diffusion de fausses nouvelles auprès des populations afin de discréditer les autorités ivoiriennes. Lors de ce procès, le magistrat du ministère public a même présenté une bande audio de mauvaise qualité, interceptée par les services de renseignements ivoiriens où l'on entend difficilement une voix qui semblerait être celle de Guillaume Soro.

Celui-ci parlait, a-t-il précisé à l'audience, des aspects de l'opération de déstabilisation des institutions de l'État. Le procureur de la République, Adou Richard, lors de ce procès, a montré à la cour des armes découvertes dans la lagune à Assinie, à proximité de la résidence de Guillaume Soro dans cette ville balnéaire. Il a annoncé que cet armement était planqué à l'annexe des bureaux du président du Gps. Et que son service de sécurité, sur instruction de son chef, le commandant Kassé Jean-Baptiste, dans la panique face à l'échec de leur plan, a jeté ces armes dans cette étendue d'eau à Assinie en vue de s'en débarrasser.

Naturellement, les mis en cause ont nié les faits qui leur sont reprochés. Leurs avocats ont tenté de dégager leur responsabilité dans cette affaire criminelle tout au long de ce procès. En vain.

Me Raoul Gohi Bi, l'un des avocats de la défense, a dénoncé cette décision du tribunal. Il a argué qu'elle ne reflète pas la véracité des faits au regard des débats qui ont eu lieu durant ce procès. Il a donc promis de faire appel de cette décision devant la Cour d'appel afin que ses clients soient acquittés. Me Abdoulaye Ben Méité, l'avocat de l'État, a salué le verdict qui a sanctionné cette audience. Pour lui, relativement aux chefs d'accusation qui pesaient sur les accusés, la sentence est proportionnelle.

C'est la deuxième audience devant le tribunal criminel qui s'est achevée, hier, après celle de Amadé Ouérémi qui a été condamné à la prison à vie pour sa participation au massacre de plusieurs centaines de personnes à Duékoué en 2011.

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