Sénégal: Déficit de financement, vétuste du réseau, capacité de traitement du réseau dépassée - Ces tares de l'assainissement

Le secteur de l'assainissement au Sénégal est confronté à beaucoup de difficultés ce qui constitue un frein à une bonne couverture. Hier, mercredi 23 juin, une rencontre d'information et de formation des journalistes a été organisée par l'Office national de l'assainissement du Sénégal (Onas).

Selon des chiffres de l'Office national de l'assainissement du Sénégal révélés hier, mercredi 23 juin par son directeur de commercial et de communication, Bassirou Sow, le taux d'accès à l'assainissement en zone urbaine est actuellement de 75%. Le traitement est à 65%, la dépollution est à hauteur de 50%. L'accès en milieu rural quant à lui, est de 58%. Ces chiffres cachent les réalités d'un secteur mal en point.

En effet, selon le directeur de l'exploitation et de contrôle, Pedre Sy, «il existe plusieurs entraves à la bonne marche des activités prévues pour garantir un assainissement de qualité». Onas n'a pas les moyens de sa politique. Pour une structure qui tire sa subsistance de la redevance, le financement de l'Etat à travers son budget consolidé d'investissement (Bci) et les partenaires techniques et financiers, les moyens font défaut. Le directeur des études et de la planification explique dans ce sens que la redevance tirée sur la facture d'eau ne permet pas d'assurer les charges d'exploitation. En guise d'exemple, il soutient que l'année dernière «c'est seulement 60 milliards qui ont été mobilisés ce qui ne couvre que 50% du besoin». A côté du déficit financier, il y a la vétusté du réseau surtout à Dakar confrontée à une urbanisation galopante avec comme conséquence, l'augmentation du besoin en assainissement. «Les ouvrages d'assainissement dans le département de Dakar âgés de 70 ans, sont vétustes», a souligné Pedre Ndiaye.

Conséquences : des casses récurrentes sur les conduites. En moyenne dit-il, «2 à 3 casses sont enregistrés quotidiennement. En 2018, il y en eu 285, 390 ont été enregistrées en 2019. En 2020, elles étaient à près de 500». Les problèmes sur le système d'assainissement à Dakar c'est aussi l'empiétement sur le réseau par les domiciles. Seule station d'épuration à Dakar, la Step de Cambérene est dépassée. Sa capacité de traitement actuelle est d'environ 20.000m3/jour alors que le besoin de traitement est estimé à 50.000m3/j. Il y a aussi de déchets solides dans le réseau. Pedre Sy soutient ainsi qu'il est «maintenant question d'augmenter la capacité de traitement de la Step de Cambérene à 90.000m3/j à l'horizon 2047».

70 MILLIONS DEPENSES CHAQUE ANNEE POUR L'ACHAT DE PLAQUES

Le remplacement des plaques volées coûte à l'Office national de l'assainissement du Sénégal (Onas) 70 millions de FCfa par an. C'est pour cela qu'un programme de remplacement des plaques en métal est en gestation. «On est en train de travailler sur un nouveau matériel appelé composite», a soutenu Pédre Sy ; qui ajoute, «ce matériel n'a pas d'intérêt financier pour les revendeurs des plaques volées».

Par ailleurs, dans le secteur de l'assainissement, il y a des villes au nombre de 41 qui ont des plans directeurs mais, seules 22 d'entre elles, ont un financement. Onas n'a pas non plus de budget de gestion des eaux pluviales pour palier à ce manque, un fonds sera instauré. «On est en train de mettre en place le fonds de l'assainissement pour le financement des activités d'entretien des ouvrages de drainage des eaux pluviales. On est en bonne voie et l'Etat est décidé de nous accompagner et d'ici peu on aura les ressources pour pouvoir l'alimenter», soutient Kader Konaté. L'Office national de l'assainissement du Sénégal selon ses perspectives alignées aux objectifs de la lettre de politique sectorielle pour le développement, a comme objectif la réalisation d'ici 2025, de l'étude 100 nouveaux plans directeurs d'assainissement. Il y a aussi la réalisation, à Dakar et dans 42 autres communes, de 1300 km de réseaux d'égout, l'augmentation de 180 000 m3/jour de la capacité d'épuration et la pose de 120 000 branchements domiciliaires à l'égout entre autres.

Dans le cadre de la lutte contre les inondations, l'Onas prévoit de réaliser à Dakar et dans 18 centres secondaires, des infrastructures composées de 214 km de dalots d'évacuation, de 31,26 km de canaux de drainage, de 05 stations de pompage des eaux de pluies, de 02 bassins de rétention mais aussi de la réhabilitation de 24 km de canaux vétustes. Le projet de dépollution de la corniche ouest va être mis en œuvre. 40 km de réseau seront remplacés dans les quartiers de Médina et Gueule Tapée. Une étude est aussi envisagée pour connaitre la capacité de production d'eaux usées de la capitale.

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