Cameroun: Livraison de biens à domicile - Ces frais qui divisent

Entre commerçants et clients, on ne s'accorde pas toujours sur le montant de cette prestation souvent en déphasage avec la distance entre les deux parties.

Les achats en ligne, ça facilite la tâche aux consommateurs. A partir de son domicile, de son bureau, derrière son clavier, un clic et sa commande est passée. Mais très souvent, les commerçants et les clients ne s'entendent pas sur le moyen d'acheminer le produit en question... du moins sur le coût de la livraison. Si dès l'entame, il est très souvent mentionné « livraison aux frais du client », le coût de cette prestation n'arrange pas toujours le client. « Tu commandes à manger, on dit que le plat c'est 1000 F, tu valides la commande.

Pour la livraison, on te demande 1000 F de plus alors même que le commerçant a plusieurs livraisons à faire. C'est un peu fort à mon avis », témoigne Merveille Bella, cadre d'entreprise. Sur le réseau social Twitter, une abonnée s'étonnait récemment des frais de livraison de 1000 F dans la ville Douala pour un plat de Eru de 1500 F. Un tollé s'en ait suivi. Si certains estimaient que ce service n'a pas besoin d'être facturé, d'autres y étaient favorables, car parfois sous-traité. « Dans la structure pour laquelle je travaille, le service est payant. Si cela n'arrange pas le client, il vient en agence récupérer sa commande. C'est une lourde charge qu'on ne peut pas se permettre de négliger», explique un agent dans une structure de fabrication des produits agroalimentaires.

Pour Linda Ngaleu, habituée des achats en ligne, ces frais sont nécessaires, surtout que ce sont très souvent des Pme qui ont des marges de manœuvres limitées. « Lorsque tu vas te déplacer pour aller acheter un article, tu vas payer le taxi à combien ? Peut-être ça va même aller au-delà de que ce qu'on te demande comme frais de livraison. Généralement, ils ont dans la marge de 1000 F - 1500 F. A Yaoundé, si tu vis au quartier Etoudi et tu veux un article qui est à Damas, le transport est effectivement à ce coût », explique-t-elle. Comme astuce, elle propose que les vendeurs incluent les frais de livraison dans le prix de l'article, cela coupe toute polémique.

L'option des sociétés de livraison pourrait également être adoptée, sauf que ce secteur, en plus de n'être pas encore vraiment développé au Cameroun, a beaucoup de limites. « Certains agents n'arrivent jamais à l'heure. Cela te met bien évidemment en retard chez ton client. Les fois où ils arrivent à l'heure, ils ne prennent pas soin de la commande et elle n'arrive pas en état chez le client. Je préfère faire les livraisons moi-même en taxi et cela a un coût», témoigne une pâtissière.

Cette question de livraison mérite donc d'être mieux adressée car elle a fatalement un impact sur l'activité de commerce en ligne. Fixer un prix en fonction de la distance entre deux points est donc souhaitable. Certains pensent aussi qu'après un moment, une Pme peut aisément investir dans l'achat d'engins à deux roues pour assurer les livraisons. Cela protège des désagréments.

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