Congo-Brazzaville: Droits humains - Les veuves exhortées à vivre dignement leur statut

Un focus a été organisé sur la situation des veuves, le 23 juin, à Pointe-Noire par l'ONG Solidarité, disponibilité des œuvres sociales (Sodios), en partenariat avec Fons Inis et le groupe de réflexion des violences basées sur le genre.

C'est sur le thème « Femme debout pour ta lutte » qu'il y a eu des échanges entre les orateurs et les veuves. « Cette journée doit être mise à profit comme une journée de prise de conscience, de sensibilisation, de formation et d'information sur les femmes en général et les veuves en particulier sur leurs droits de veuvage », a dit d'emblée Bernadette Bephangayahou, président de Sodios. Et d'ajouter que les femmes veuves doivent se lever et non rester dans leur situation d'apathie attendant passivement une aléatoire assistance.

« Après la mort du conjoint, la femme qui exerce un métier, une activité lucrative quelconque, et aussi celle qui est dans l'entrepreneuriat doit continuer à travailler pour subvenir aux besoins de sa famille, car la misère ne se gère pas mais se combat », a-t-elle déclaré. Et de poursuivre : « C'est pourquoi nous voulons que les femmes puissent se battre pour leur cause et celle de leurs enfants. Notre but est de voir les femmes vivre en parfaite autonomie après la mort du conjoint au lieu de se morfondre dans l'assistanat ».

De nombreux témoignages des femmes vivant leur état de veuvage ont été faits au cours de cette journée. Des témoignages émouvants sur leur maltraitance et les abus dont elles sont victimes après la disparition de leur conjoint. « Les voies de recours existent à l'instar des administrations publiques chargées des questions de veuvage comme les affaires sociales et le parquet qui statuent sur le questions de succession par exemple. Seulement pour prétendre jouir des droits de succession, la femme doit officialiser son union par un mariage officiel devant le maire qui est l'officier d'état civil », a rencheri la présidente de Sodios.

Selon Jessica Mamoni Ngoma, procureur de la République, procureur près le tribunal pour enfants, le code de la famille de 1984 dit clairement que concernant les droits des conjoints, pour être considerée comme veuve, il faut passer devant l'officier d'état civil. Notre code de la famille ne reconnaît pas le mariage traditionnel, ce qui est prévu par contre c'est la pré-mariage que nous appelons dot. Et que l'article 126 du code de la famille précise que le pré-mariage a une date de péremption qui ne peut excéder cinq ans, auquel cas il devient un abus. Et de conclure que quand les révisions du code la famille vont se faire, qu'il soit envisagé que le pré-mariage est réellement reconnu comme un mariage traditionnel avec justement un impact juridique, c'est -à-dire la possibilité de protéger les conjoints. Signalons que l'ONG Sodios a célébré pour la neuvième fois la journée internationale de la veuve et de l'orphelin.

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