Congo-Brazzaville: FIFA - Omari sanctionné

La Fédération internationale de football association (Fifa) a suspendu, le 24 juin, Constant Omari Selemani, ancien vice-président de la Confédération africaine de football (CAF) et ancien membre du conseil de la Fifa de 2015 à 2021, pour un an.

L'ex-président de la Fédération congolaise de football association (Fécofa) ne pourra pas exercer toute activité relative au football pendant cette durée, et devra payer une amende de 64444 euros. La Fifa reproche à l'ancien patron du football congolais d'avoir perçu indûment de la société Lagardère Sports une somme de 64444 euros d'avantages lors des négociations liées à la commercialisation des droits tv attribués à la société LC2 et le recouvrement des impayés pour les compétitions de la CAF. Le dossier a été révélé à la suite d'une dette de 20 millions de dollars de LC2 envers Lagardère Sports.

Selon le communiqué de la Fifa à ce sujet et relayé par Radio France Internationale (RFI), « ces négociations, conduites par M. Omari pour le compte de la CAF, avaient abouti à la mise en place des dispositions contractuelles extrêmement préjudiciables pour la Confédération, qui avait enregistré des pertes financières considérables. L'acceptation des avantages en question avait entraîné un conflit d'intérêts qui avait empêché M. Omari d'accomplir sa mission vis-à-vis de la CAF avec intégrité, indépendance et détermination »,

Rappelons que Constant Omari faisait l'objet d'une enquête de la commission d'éthique de la Fifa depuis plusieurs mois. Et pour ce faire, il a été empêché le 12 mars 2021 à Rabat au Maroc de se présenter pour un nouveau mandat au gouvernement de la Fifa où il prestait depuis 2015. Il a donc été écarté du vote de la commission de contrôle de la Fifa, mais il a dirigé, en tant que président intérimaire de la CAF après la suspension du président Ahmad Ahmad, l'élection du milliardaire sud-africain Patrice Motsepe à la tête de l'instance faîtière du football africain. Ecarté de la Fifa et ensuite de la CAF, Constant Omari a récemment surpris le monde du football congolais en déposant sa démission à la Fécofa, visiblement une démission préventive par rapport à la suspension à venir de la Fifa, alors qu'au départ, il pensait ne plus se représenter aux élections à l'instance du football congolais prévues pour décembre prochain.

« L'homme moderne » -comme l'appellent ceux qui l'adulent- serait par ailleurs ciblé par l'Inspection générale des finances (IGF) pour des fonds sortis du Trésor public pour les droits de retransmission télé payé à la CAF pour la Radiotélévision nationale congolaise. On parle d'une somme de près de 4 millions 500 mille dollars décaissés à ce sujet, mais seulement moins de deux millions de dollars auraient été transférés dans les comptes de la CAF.

C'est encore un autre dossier financier sulfureux auquel serait mêlé Constant Omari, lui qui avait été une fois interpellé par la Justice congolaise après une dénonciation de Luzolo Bambi, ancien conseiller spécial en matière de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption, le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, de l'ancien président Joseph Kabila. La gestion scabreuse des fonds de l'Etat alloués au football était le motif de cette interpellation de quelques heures. Mais Constant Omari et deux autres cadres de la Fécofa, Roger Bondembe et Théobald Binamungu, avaient été rapidement relaxés après des coups de fil. Aujourd'hui, c'est la Fifa qui frappe enfin son ancien membre d'une interdiction d'exercer dans le football pour une durée d'une année.

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