Congo-Brazzaville: 70 ans de l'École de peinture de Poto-Poto - Trois mois des festivités

A l'occasion de la célébration des soixante-dix ans de l'Ecole de peinture de Poto-Poto (EPPP), la direction de l'Institut français du Congo et le ministère de la Culture et des Arts ont lancé le début des festivités à travers une conférence en ligne et une projection d'un documentaire sur ladite école.

Tout a débuté par la projection du film « Rendez-vous de juillet » de Jacques Becker, avant la rencontre en ligne sur « la figure de Pierre Lods et l'école de Poto-Poto ». La conférence en ligne a été animée par le Français Pascal Letellier, ami de Pierre Lods et le Congolais Parfait Mbon, directeur de l'EPPP, sous la modération de Patrick Passi, directeur artistique au festival panafricain de musique. Au cours de cette conférence en ligne, Pascal Letellier a dressé le portrait de Pierre Lods. Ce qu'il était avant de venir au Congo Brazzaville, son passage à Brazzaville, puis au Sénégal ... Un véritable échange inter actif avec les peintres de Poto-Poto. « Pierre Lods avait 25 ans en 1946 et sortait de quatre ans de guerre d'occupations, de maquis et de résistance. Il était nourri forcement des peintres d'avant-garde de l'époque, c'était des surréalistes, des peintres d'expressionnismes abstraits. Il pouvait être imprégné par eux... », a déclaré le conférencier français.

Quant au souvenir que l'EPPP garde de Pierre Lods, le Congolais Parfait Mbon a signifié que le seul souvenir c'est l'école. Parce que sur le terrain, les œuvres produites par Pierre Lods ne se font pas voir. Si on parle de Pierre Lods, c'est parce qu'il est le créateur de l'EPPP. Au départ, c'était un centre d'art africain. C'est après l'indépendance qu'elle est devenue école de peinture de Poto-Poto.

L'autre moment de cette célébration a été la projection du documentaire « Les peintres de l'Ecole de Poto-Poto » de Sapouley Nkodia. Ce documentaire retrace l'histoire de l'EPPP, ses peintres, et l'avenir de cette école. Dans ce documentaire, les peintres se sont plaints du fait que leurs aînés de l'époque n'ont plus d'archives, car leurs toiles ont été achetées par les Européens et se retrouvent dans les musées occidentaux. C'est un véritable manque à gagner pour le Congo, tout simplement parce qu'il n'y a pas un musée pour cette école. En outre, ils ont déploré le manque d'annuaire, ce qui sous-entend qu'on ne peut pas dire avec exactitude combien de peintres sont passés par cette école.

Au lieu de célébrer les anniversaires autour de la danse comme dans le passé, Parfait Mbon a indiqué que cette fois-ci ils ont voulu créer la différence. « C'est un calendrier qui s'étale sur plus de trois mois. L'activité d'aujourd'hui à l'IFC c'est la première. Le 30 juin nous serons au jardin pour pouvoir procéder au montage d'une double exposition, à savoir l'exposition des tableaux et l'exposition des figures des vieilles gloires. Vers la fin du mois de juillet, nous allons mettre en service la galerie virtuelle en partenariat avec l'Unesco. Peu avant la fin du mois d'août ça sera la présentation du livre intitulé : L'École de peinture de Poto-Poto une tradition créative à l'épreuve du monde. Et nous bouclerons par le lancement officiel de la fondation Gotène », a-t-il expliqué.

Présent à cette célébration, le député de Poto-Poto 3, Ferréol Gassakys, a lancé un cri de cœur, celui de soutenir les peintres de cette école. Certes l'initiative est du Français Pierre Lods, mais aujourd'hui le flambeau a été pris par des Congolais et ça fait la fierté du pays. L'EPPP c'est un patrimoine, car soixante-dix ans ce n'est rien. C'est un baobab, même si l'expérience de vie est accrue.

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