Sénégal: Lancement du Promoged hier, jeudi - Macky drague Keur Massar

Le président Macky Sall s'est dit très attaché au tout nouveau département de Keur Massar. Sa départementalisation et sa visite d'hier, jeudi 24 juin 2021, sont des preuves de son estime qui viennent s'ajouter aux projets engagés dans la zone pour l'amélioration du cadre de vie. Il présidait le lancement du projet de Promotion de la gestion intégrée et de l'économie des déchets solides au Sénégal à la décharge de Mbeubeuss (Promoged).

Le tout nouveau département de Keur Massar, qui connait une croissance démographique importante, intéresse le président de la République, Macky Sall. «Après la création du département de Keur Massar, au mois de mai dernier, j'ai procédé hier (en Conseil des ministres du 23 juin 2021, ndlr) à la nomination du nouveau préfet de Keur Massar et des sous-préfets des trois arrondissements qui composent le département à savoir, Jaxaay, Malika et Yeumbeul. J'ai tenu à être parmi vous pour marquer l'importance que j'attache à votre département dont la création illustre mon attachement à une administration de proximité plus en service des populations.»

C'est la déclaration du chef de l'Etat, Macky Sall, qui revenait ainsi sur l'objet de sa présence hier, jeudi 24 juin 2021, au lancement du projet de Promotion de la gestion intégrée et de l'économie des déchets solides au Sénégal (Promoged), à la décharge de Mbeubeuss. Mieux a-t-il ajouté, «en consacrant la première visite, dans le tout nouveau département de Keur Massar, à l'hygiène publique et à l'assainissement, j'ai à l'esprit le défi majeur notamment de salubrité et d'inondation auquel la localité est souvent confrontée». Et il souhaite, «assurer aux populations de la zone que ces défis ne sont pas une fatalité.»

La preuve est, poursuit-il, «nous avons commencé à les relever grâce aux travaux de la phase 2 du Projet de Gestion des Eaux Pluviales et d'Adaptation au Changement Climatique (Progep 2), avec la création d'ouvrages hydrauliques et de voiries et divers paysagers qui seront finalisés à la fin de ce mois de juin. Nous irons encore plus loin dans la modernisation du cadre de vie de Keur Massar, avec le Plan Directeur d'Assainissement et d'Urbanisme mais également avec l'installation des services de l'Etat faisant suite à la nomination des autorités administratives».

Par ailleurs, répondant à une doléance du maire de la commune de Malika, Talla Gadiaga, Macky Sall dit être dans les dispositions de trouver une nouvelle assiette foncière pour l'extension de la cité, afin de satisfaire à une demande de la population autochtone. «J'ai déjà instruit le ministre de l'Urbanisme. Dans le projet de Dagakholpa, beaucoup de villages rationnels auront des extensions pour que les populations autochtones aient des terres. Mais, là également, nous seront attentifs aux doléances des populations autochtones pour que si des terres existent, qu'elles puissent en bénéficier», promet-t-il. A signaler que c'est une grande foule qui a accueilli le président de la République, Macky Sall à l'entrée de la décharge de Mbeubeuss, où s'est tenue la cérémonie. Les différents responsables du département de Keur Massar ont mobilisé leurs militants pour occuper le site dès les premières heures de la matinée mais également toute la route menant à la décharge.

MASS THIAM, COORDONNATEUR DE L'UCG «La gestion des déchets n'a jamais respecté les normes environnementales»

«La gestion des déchets, telle qu'elle a été toujours faite, ne respecte pas les normes environnementales», reconnait le Coordonnateur de l'Unité de coordination de la gestion des déchets solides (Ucg), Mass Thiam. Selon lui, «30 % des déchets des ménages sont récupérés par des charrettes, ce qui est à l'origine des dépôts sauvages». Pis, ajoute-t-il, «25% des Sénégalais n'ont accès à aucun service de gestion des déchets». Mass Thiam souligne aussi que «seuls 5% des déchets ménagers sont recyclés industriellement et c'est seulement 47% des déchets qui sont collectés». C'est-à-dire «plus de la moitié des déchets est versée dans la nature».

Les Sénégalais produisent des déchets qui ne sont pas suffisamment collectés. «Chaque Sénégalais produit l'équivalence de 480g de déchets par jour. 53% des ordures sont constitués de sable ; d'où l'importance des pavages, ce qui permettra le retrait et la valorisation des matières organiques», a soutenu le Coordonnateur de l'Ucg. «Avec 1 technicien pour 3550 habitants (hbts), le Sénégal est très loin de la norme mondiale qui est d'un technicien pour 500/hbts », ajoute-t-il.

Les difficultés de la gestion de la collecte des déchets sont aussi, a signalé Mass Thiam, «le changement récurent à la tutelle de la structure qui en a la responsabilité, le recouvrement de la taxe sur les ordures qui n'est pas chose aisée, le manque de moyens des collectivités locales et la faiblesse du budget destiné à la collecte». «Les décharges à ciel ouvert constituent également des entraves à la gestion des ordures», clame Mass Thiam

DECHARGE DE MBEUBEUSS Clin d'œil aux 2000 récupérateurs

«Je salue votre courage, votre résilience. Je voudrai rassurer les récupérateurs sur le site en disant que leur intérêt sera pris en compte, à travers notamment leur reconversion dans la filière, dans le respect des normes d'hygiène, de santé, sécurité et sureté», a dit le chef de l'Etat Macky Sall ; faisant ainsi un clin d'œil aux 2000 récupérateurs, voire plus, qui s'activent sur la décharge de Mbeubeuss.

Auparavant, le président de l'association «Bokk Jom», qui regroupe les récupérateurs de Mbeubeuss, Arona Niasse, avait fait état de l'inquiétude de ses pairs si toutefois leur lieu de travail disparaissait avec le Promoged. Ils sont au nombre de 2000. Ils collectent chaque année 55.000 tonnes de matériaux. Cette reconversion des récupérateurs est importante car, souligne Arona Niasse, «la moitié de ces travailleurs n'a jamais été employée».

Le Promoged lancé hier, jeudi, devra contribuer à l'éradication des décharges sauvages. Son objectif de développement est de renforcer la gouvernance en matière de gestion des déchets solides au Sénégal et d'améliorer les services de gestion des déchets solides dans des villes sélectionnées.

A terme, 6 823 025 personnes, soient 758 114 ménages, seront directement impactées. Il vise aussi l"assainissement complet du site de Mbeubeuss, avec l'installation d'une unité de tri et de compostage des déchets. Au total, ce sont 150 infrastructures de traitement de déchets qui seront installées dans 138 communes. Le Promoged sera mis en œuvre dans les régions de Dakar, Thiés, SaintLouis, Matam et les régions de la Casamance. Le coût du financement est estimé à 206 milliards F Cfa. Les travaux devront s'étaler sur 5 ans

TALLA GADIAGA, MAIRE DE MALIKA, SUR LES NOYADES DE JEUNES «Nous mesurons notre responsabilité dans cet accident»

«Nous mesurons notre responsabilité dans cet accident malheureux. Nous comptons mettre à la disposition de l'Etat l'assiette de 10.000 m2 prévue dans le site de recasement des impactés de la Vdn2 et 3 et du Brt ; ce qui rapprocherait davantage les services de base de la population», a dit le maire de la commune de Malika, Talla Gadiaga, qui regrette ainsi la noyade d'une dizaine de jeunes dans sa commune ces derniers jours.

Portant la doléance de ses administrés, il a dit que «les originaires du village traditionnel de Malika réclament l'arbitrage de l'Etat afin que leurs champs ne soient pas engloutis par la course au foncier». Le maire de Malika s'est désolé aussi du fait qu'il n'y a pas de pavages dans sa commune et que les quelques infrastructures qui y existent ont été réalisées dans le cadre de la Responsabilité sociétale d'entreprise (Rse), par un propriétaire de stations d'essence.

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