Sénégal: Projet de modification du code pénal et code de procedure pénale, ce vendredi - L'opposition parlementaire sonne l'alerte

Les députés membres de l'opposition parlementaire ont tenu hier, jeudi 24 juin, un point de presse au cours duquel ils ont vigoureusement dénoncé le projet de loi 11/2021 modifiant la Loi 65-61 du 21 juillet 1965 portant code de procédure pénal introduit par l'Exécutif et dont le vote est prévu ce jour, vendredi 25 juin. Face à la presse, Serigne Cheikh Mbacké, président du Groupe parlementaire Liberté et Démocratie et compagnie ont accusé le président Macky Sall de chercher à travers cette modification à assimiler l'exercice du droit de manifester à du terrorisme pour pouvoir se baliser le chemin d'une troisième candidature à la magistrature suprême.

Face à la presse hier, jeudi 24 juin, les députés membres de l'opposition parlementaire ont accusé le président Macky Sall de vouloir profiter de la plénière convoquée en ce jour, vendredi, en vue de l'examen de la Loi de finances rectificative pour l'année 2021, pour faire adopter deux textes modifiant le Code pénal et Code de procédure pénale.

L'adoption de ces deux textes permettra, selon eux, au régime en place de restreindre davantage l'Etat de droit et certaines libertés acquises de longues luttes, notamment le droit de manifester désormais assimilé à un acte de terrorisme. En effet, dans ce texte enregistré sous le numéro n°2021-778 du 15 juin 2021, l'article 279-1 indique que : « Constituent des actes de terrorismes punis de la réclusion criminelle à perpétuité, lorsqu'elles sont commises intentionnellement en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but d'intimider une population, de troubler gravement à l'ordre public ou le fonctionnement normal des institutions nationales ou internationales, de contraindre le gouvernement ou une organisation internationale a accomplir ou à s'abstenir d'accomplir un acte quelconque par la terreur ».

Autrement dit, les « crimes par participation à un mouvement insurrectionnel », la «dégradation des biens appartenant à l'Etat ou intéressant la chose publique », les « violences ou voies de fait commises contre les personnes et les destructions ou dégradation commises lors des rassemblements », les « vols et extorsions prévues », les « menaces », les « blessures et coups volontaires » et les « infractions liées aux technologies de l'information et de la communication » constituent tous des actes de terrorisme punis de la réclusion criminelle à perpétuité. Estimant que ce projet de loi relève de la confiscation des libertés des Sénégalais, le député Ousmane Sonko a indiqué le président Sall cherche à travers cette démarche à installer la peur dans l'esprit des Sénégalais pour se baliser le chemin d'un troisième mandat.

Abondant dans le même sens, son collègue, Cheikh Bamba Dièye, affirmera que le passage de ce texte va définitivement mettre fin à l'etat de droit au Sénégal. «Avec cette loi, le président entame sa marche vers sa troisième candidature forcée. Il veut nous contrôler, il cherche à nous imposer sa troisième candidature » a-t-il martelé. Confortant cette idée, Déthié Fall affirme que le président Sall veut plus de droit que ce que la Constitution lui a donné. « Il s'est rendu compte qu'il est impopulaire et il veut se donner la possibilité d'infiltrer les Sénégalais pour tuer toute démarche de contestation parce que le pouvoir de mobilisation de l'opposition commence à porter un sérieux coup à ses manigances ».

Pour leur part, Aïda Mbodj et Mame Diarra Fam assurant que l'opposition parlementaire fera son travail à l'hémicycle, ont invité le peuple à jouer pleinement sa participation avant que cela soit trop tard.

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